Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :
« le voyage d’hiver et d’été ».

Le terme « voyage » (riḥlata) est mis à l’accusatif comme masdar, c’est-à-dire : leur déplacement, un déplacement ; ou bien parce qu’il dépend du verbe « leur familiarisation » (ʾīlāfihim) ; ou encore parce qu’il tient lieu de complément circonstanciel. Si on le mettait cependant au nominatif, au sens : « les deux déplacements constituent le voyage d’hiver et le voyage d’été », cela serait recevable, mais la première interprétation est préférable. Le mot riḥla signifie « déplacement ». L’un des deux voyages se faisait vers le Yémen, en hiver, parce que ce pays est chaud ; l’autre, en été, vers la Syrie, parce que cette région est fraîche.

Ibn ʿAbbās rapporte également : « Ils passaient l’hiver à La Mecque, en raison de sa chaleur, et l’été à al-Ṭāʾif, à cause de la douceur de son air. » Il s’agit là d’un des plus grands bienfaits : qu’un peuple dispose d’un lieu chaud le protégeant du froid hivernal, et d’un lieu frais le préservant de la chaleur estivale. Allah – exalté soit-Il – leur rappelle donc ce bienfait.

Et le poète a dit :
Séjourner l’hiver à La Mecque est un bienfait, (A)
et passer l’été à Ṭāʾif en est un encore plus parfait. (A)

Il y a ici quatre questions.
Premièrement : le juge Abū Bakr ibn al-ʿArabī, ainsi que d’autres savants, ont soutenu que la locution du Très-Haut « li-ʾīlāfi » (« par le pacte ») se rattache à ce qui précède et qu’il n’est pas permis de la relier à ce qui suit, à savoir Sa Parole : « Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison. »

Il dit : « Puisqu’il est établi qu’elle se rattache à la sourate précédente – alors qu’entre les deux intervient un nouveau propos, un exposé introductif et la ligne “Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux” –, il apparaît clairement qu’il est permis, pour les récitants, de s’arrêter dans la lecture [1] avant la fin de la phrase. Les points d’arrêt que les récitants adoptent [2] n’ont pas été transmis du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – à titre d’obligation ; ils n’ont voulu, par là, qu’enseigner aux étudiants le sens des passages ; une fois ce sens acquis, ils s’arrêtent où bon leur semble. Quant à l’arrêt imposé par l’interruption du souffle, il ne fait l’objet d’aucune divergence : dans ce cas, ne répète pas ce qui précède ; reprends à l’endroit même où ton souffle t’a interrompu. Tel est, sur ce point, mon avis ; il n’existe aucune preuve étayant ce qu’ils ont avancé, néanmoins je choisis l’arrêt sur l’achèvement du sens, par crainte de m’écarter de leur pratique. »

Je dis : Parmi les preuves confirmant cela figure la récitation du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – : « Louange à Allah, Seigneur des mondes », puis il marque une pause ; « le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux », puis il marque une pause. Cela a été mentionné dans l’introduction de cet ouvrage [3]. Et les musulmans sont unanimes sur le fait que

قَوْلُهُ تَعَالَى: رِحْلَةَ الشِّتاءِ وَالصَّيْفِ رِحْلَةَ نُصِبَ بِالْمَصْدَرِ، أَيِ ارْتِحَالِهِمْ رِحْلَةَ، أَوْ بِوُقُوعِ إِيلافِهِمْ عَلَيْهِ، أَوْ عَلَى الظَّرْفِ. وَلَوْ جَعَلْتَهَا فِي مَحَلِّ الرَّفْعِ، عَلَى مَعْنَى هُمَا رِحْلَةُ الشِّتَاءِ وَالصَّيْفِ، لَجَازَ. وَالْأَوَّلُ أَوْلَى. وَالرِّحْلَةُ الِارْتِحَالُ. وَكَانَتْ إِحْدَى الرِّحْلَتَيْنِ إِلَى الْيَمَنِ فِي الشِّتَاءِ، لِأَنَّهَا بِلَادٌ حَامِيَةٌ، وَالرِّحْلَةُ الْأُخْرَى فِي الصَّيْفِ إِلَى الشَّامِ، لِأَنَّهَا بِلَادٌ بَارِدَةٌ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا قَالَ: كَانُوا يَشْتُونَ بِمَكَّةَ لِدِفْئِهَا، وَيَصِيفُونَ بِالطَّائِفِ لِهَوَائِهَا. وَهَذِهِ مِنْ أَجَلِّ النِّعَمِ أَنْ يَكُونَ لِلْقَوْمِ نَاحِيَةُ حَرٍّ تَدْفَعُ عَنْهُمْ بَرْدَ الشِّتَاءِ، وَنَاحِيَةُ بَرْدٍ تَدْفَعُ عَنْهُمْ حَرَّ الصَّيْفِ، فَذَكَّرَهُمُ اللَّهُ تَعَالَى هَذِهِ النِّعْمَةَ. وَقَالَ الشَّاعِرُ: تَشْتِي بِمَكَّةَ نَعْمَةٌ ... وَمَصِيفُهَا بِالطَّائِفِ وَهُنَا أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- اخْتَارَ الْقَاضِي أَبُو بَكْرِ بْنُ الْعَرَبِيِّ وَغَيْرُهُ مِنَ الْعُلَمَاءِ: أَنَّ قَوْلَهُ تَعَالَى: لِإِيلافِ مُتَعَلِّقٌ بِمَا قَبْلَهُ. وَلَا يَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مُتَعَلِّقًا بِمَا بَعْدَهُ، وَهُوَ قَوْلُهُ تَعَالَى: لْيَعْبُدُوا رَبَّ هذَا الْبَيْتِ قَالَ: وَإِذَا ثَبَتَ أَنَّهُ مُتَعَلِّقٌ بِالسُّورَةِ الْأُخْرَى- وَقَدْ قُطِعَ عَنْهُ بِكَلَامٍ مُبْتَدَأٍ، وَاسْتِئْنَافِ بَيَانٍ وَسَطْرِ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ، فَقَدْ تَبَيَّنَ جَوَازُ الْوَقْفِ فِي الْقِرَاءَةِ «١» لِلْقُرَّاءِ قَبْلَ تَمَامِ الْكَلَامِ، وَلَيْسَتِ الْمَوَاقِفُ الَّتِي يَنْتَزِعُ «٢» بِهَا الْقُرَّاءُ شَرْعًا عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَرْوِيًّا، وَإِنَّمَا أَرَادُوا بِهِ تَعْلِيمَ الطَّلَبَةِ الْمَعَانِيَ، فَإِذَا عَلِمُوهَا وَقَفُوا حَيْثُ شَاءُوا. فَأَمَّا الْوَقْفُ عِنْدَ انْقِطَاعِ النَّفْسِ فَلَا خِلَافَ فِيهِ، وَلَا تُعِدْ مَا قَبْلَهُ إِذَا اعْتَرَاكَ ذَلِكَ، وَلَكِنِ ابْدَأْ مِنْ حَيْثُ وَقَفَ بِكَ نَفَسُكَ. هَذَا رَأْيِي فِيهِ، وَلَا دَلِيلَ عَلَى مَا قَالُوهُ، بِحَالٍ، وَلَكِنِّي أَعْتَمِدُ الْوَقْفَ عَلَى التَّمَامِ، كَرَاهِيَةَ الْخُرُوجِ عَنْهُمْ. قُلْتُ: وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى صِحَّةِ هَذَا، قِرَاءَةُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْحَمْدُ لِلَّهِ رَبِّ الْعالَمِينَ ثُمَّ يَقِفُ. الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ ثُمَّ يَقِفُ. وَقَدْ مَضَى فِي مُقَدِّمَةِ الْكِتَابِ «٣» . وَأَجْمَعَ الْمُسْلِمُونَ أَنَّ
(١). في ابن العربي: (في القرآن). (٢). في ابن العربي: (تنزع). (٣). راجع ج ١ ص ١٠ فيما بعد.

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