Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils craignirent Allah quand Il lâcha des oiseaux soudain ; (A)
Et l’ombre d’un nuage glissa sur nous, voile certain. (A)
Durant la nuit entière ils implorèrent avec sincérité ; (B)
Comme s’ils avaient aux Abyssins une antique dette à payer. (B)

Il est rapporté que les traits ne les atteignirent pas tous ; ils ne frappèrent que ceux qu’Allah voulut atteindre. Nous avons déjà mentionné que leur chef fit demi-tour, accompagné d’une petite troupe. Lorsque ces gens relatèrent ce qu’ils avaient vu, ils périrent. Allah est plus savant.

Ibn Isḥâq a dit : Quand Allah repoussa les Abyssiniens loin de La Mecque, les Arabes honorèrent Quraych et dirent : « Ce sont les Gens d’Allah ; Il a combattu à leur place et les a dispensés de l’effort contre leur ennemi. » Ce fut là une grâce d’Allah en leur faveur.

[Exégèse de la sourate Quraych]
Tafsir de la sourate « Quraych »
Elle est mecquoise, selon l’avis majoritaire, et médinoise selon ad-Ḍaḥḥâk et al-Kalbî. Elle compte quatre versets.

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Sourate Quraych (106), verset 1]
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

  1. « Pour la concorde de Quraych »

On a dit : cette sourate est liée, par le sens, à celle qui la précède. Le discours serait : « J’ai anéanti les Compagnons de l’Éléphant pour la concorde de Quraych », c’est-à-dire afin que Quraych s’unisse, s’accorde ou jouisse de la sécurité nécessaire pour organiser ses deux caravanes. Ubayy ibn Kaʿb faisait partie de ceux qui considéraient les deux sourates comme une seule ; aucun séparateur ne les distinguait dans son muṣḥaf.

Sufyân ibn ʿUyaynah dit : « Nous avions un imâm qui ne les séparait pas et les récitait ensemble. »

ʿAmr ibn Maymûn al-Awdî rapporte : « Nous avons accompli la prière du Maghrib derrière ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée –, et il récita dans la première rakʿa : “Par le figuier et l’olivier” [At-Tîn : 1], puis, dans la seconde, “N’as-tu pas vu comment…” [Al-Fîl : 1] et “Pour la concorde de Quraych” [Quraych : 1]. »

Al-Farrâʾ dit : « Cette sourate est rattachée à la précédente, parce qu’Allah rappela aux Mecquois Son immense bienfait à leur égard en ce qu’Il fit des Abyssiniens ; puis Il dit : “Pour la concorde de Quraych”, c’est-à-dire : Nous avons agi ainsi à l’égard des Compagnons de l’Éléphant comme un bienfait de Notre part pour Quraych. En effet, Quraych sortait pour ses expéditions commerciales sans être attaquée ni même approchée durant la Jâhiliyyah ; on disait : “Ce sont les Gens de la Maison d’Allah, Puissant et Majestueux”, jusqu’à l’arrivée du maître de l’Éléphant…"

خَشِيَتِ اللَّهَ إِذْ قَدْ بَثَّ طَيْرًا ... وَظِلَّ سَحَابَةٍ مَرَّتْ عَلَيْنَا وَبَاتَتْ كُلُّهَا تَدْعُو بِحَقٍّ ... كَأَنَّ لَهَا عَلَى الْحُبْشَانِ دَيْنَا وَيُرْوَى أَنَّهَا لَمْ تُصِبْهُمْ كُلَّهمْ، لَكِنَّهَا أَصَابَتْ مَنْ شَاءَ اللَّهُ مِنْهُمْ. وَقَدْ تَقَدَّمَ أَنَّ أَمِيرَهُمْ رَجَعَ وشر ذمة لَطِيفَةٌ مَعَهُ، فَلَمَّا أَخْبَرُوا بِمَا رَأَوْا هَلَكُوا. فَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَالَ ابْنُ إِسْحَاقَ: لَمَّا رَدَّ اللَّهُ الْحَبَشَةَ عَنْ مَكَّةَ، عَظَّمَتِ الْعَرَبُ قُرَيْشًا وَقَالُوا: أَهْلُ اللَّهِ، قَاتَلَ عَنْهُمْ، وَكَفَاهُمْ مَئُونَةَ عَدُوِّهُمْ، فَكَانَ ذَلِكَ نِعْمَةٌ مِنَ اللَّهِ عَلَيْهِمْ. [تفسير سورة قريش] تَفْسِيرُ سُورَةِ " قُرَيْشٍ" مَكِّيَّةٌ، فِي قَوْلِ الْجُمْهُورِ. وَمَدَنِيَّةٌ فِي قَوْلِ الضَّحَّاكِ وَالْكَلْبِيِّ وَهِيَ أَرْبَعُ آيات بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ [[سورة قريش (١٠٦) : آية ١]] بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ لِإِيلافِ قُرَيْشٍ (١) قِيلَ: إِنَّ هَذِهِ السُّورَةَ مُتَّصِلَةٌ بِالَّتِي قَبْلَهَا فِي الْمَعْنَى. يَقُولُ: أَهْلَكْتُ أَصْحَابَ الْفِيلِ لِإِيلَافِ قُرَيْشٍ، أَيْ لِتَأْتَلِفَ، أَوْ لِتَتَّفِقَ قُرَيْشٌ، أَوْ لِكَيْ تَأْمَنَ قُرَيْشٌ فَتُؤَلِّفُ رِحْلَتَيْهَا. وَمِمَّنْ عَدَّ السُّورَتَيْنِ وَاحِدَةً أُبَيُّ بْنُ كَعْبٍ، وَلَا فَصْلَ بَيْنَهُمَا فِي مُصْحَفِهِ. وَقَالَ سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ: كَانَ لَنَا إِمَامٌ لَا يَفْصِلُ بَيْنَهُمَا، وَيَقْرَؤُهُمَا مَعًا. وَقَالَ عَمْرُو بْنُ مَيْمُونٍ الْأَوْدِيُّ: صَلَّيْنَا الْمَغْرِبَ خَلْفَ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، فقرأ في الاولى: وَالتِّينِ وَالزَّيْتُونِ [التين: ١] وفي الثانية (ألم تر كيف) [الفيل: ١] و (لإيلاف قريش) [قُرَيْشٍ: ١] . وَقَالَ الْفَرَّاءُ: هَذِهِ السُّورَةُ مُتَّصِلَةٌ بِالسُّورَةِ الْأُولَى «١» ، لِأَنَّهُ ذَكَّرَ أَهْلَ مَكَّةَ عَظِيمَ نِعْمَتِهِ عَلَيْهِمْ فِيمَا فَعَلَ بِالْحَبَشَةِ، ثُمَّ قَالَ: (لِإِيلَافِ قُرَيْشٍ) أَيْ فَعَلْنَا ذَلِكَ بِأَصْحَابِ الْفِيلِ نِعْمَةً مِنَّا عَلَى قُرَيْشٍ. وَذَلِكَ أَنَّ قُرَيْشًا كَانَتْ تَخْرُجُ فِي تِجَارَتِهَا، فَلَا يُغَارُ عَلَيْهَا وَلَا تُقْرَبُ فِي الْجَاهِلِيَّةِ. يَقُولُونَ هُمْ أَهْلُ بَيْتِ الله عز وجل، حتى جاء صاحب الفيل
(١). الذي في كتاب الفراء:" قال بعضهم كانت موصولة ب (- ألم تر كيف فعل ربك) إلخ.

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