Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Farrâʾ déclara : « Ce mot ne possède aucun singulier issu de sa propre racine. » Ar-Ruʾâsî – personnage digne de confiance – prétendit toutefois avoir entendu, comme forme au singulier, ‎« ʾibbâlah » (avec consonne redoublée). Al-Farrâʾ rapporta, pour sa part, ‎« ʾibâlah » (consonne allégée). Il ajouta : « J’ai entendu certains Arabes dire : “ḍiġṯun ʿalâ ʾibâlah” », voulant signifier : « fécondité sur fécondité ». Il conclut : « Si quelqu’un employait ʾîbâl, cela serait correct, à l’instar de dînâr / danânîr. »

Isḥâq ibn ʿAbd Allâh ibn al-Ḥârith ibn Nawfal affirma : « Le terme al-Abâbîl provient de l’expression al-ibil al-muʾbilah, c’est-à-dire des troupeaux groupés. »

[Coran, Sûrat al-Fîl (105), verset 4] « Elles leur lançaient des pierres d’argile durcie » (4).

Dans le Ṣiḥâḥ, on lit : « des pierres d’argile durcie » ; ils expliquent : des pierres d’argile cuites au feu de la Géhenne, portant le nom des victimes, conformément à la parole du Très-Haut : « Afin que Nous leur envoyions des pierres d’argile, marquées… » (adh-Dhâriyât, 33-34).

ʿAbd ar-Raḥmân ibn Abzâ dit : « min sijjîl : c’est-à-dire venant du ciel ; ce sont les mêmes pierres qui s’abattirent sur le peuple de Loth. » D’aucuns ont affirmé qu’elles provenaient de la Fournaise ; le mot serait alors « sijjîn », la consonne finale lâm ayant été remplacée par un nûn, comme on a dit uṣaylân au lieu de uṣaylâl.

Ibn Muqbil a récité :
« Un coup que se léguèrent les preux, sijjînan »,
alors que la forme correcte est sijjîlan.

Az-Zajjâj commenta : « min sijjîl : c’est-à-dire de ce qui fut inscrit contre eux comme châtiment », le terme étant dérivé de sijl (écrit, registre). L’explication détaillée de sijjîl a déjà été donnée, de façon exhaustive, dans la sûrah Hûd.

ʿIkrima rapporta : « Les oiseaux les criblaient des pierres qu’ils transportaient ; dès qu’une de ces pierres frappait quelqu’un, la variole apparaissait sur lui, maladie inconnue jusqu’alors. Chaque pierre avait la taille d’un pois chiche, un peu plus grosse qu’une lentille. »

Ibn ʿAbbâs dit : « Lorsque la pierre atteignait l’un d’eux, sa peau se couvrait de cloques ; ce fut la première apparition de la variole. »

La récitation majoritaire lit tarmîhim, avec tâ, en raison du féminin collectif qui désigne la nuée d’oiseaux. Al-Aʿraj et Ṭalḥah ont lu yarmîhim, au masculin, c’est-à-dire : « Allâh les lance », comme l’indique la parole du Très-Haut : « Mais c’est Allâh qui lança… » (al-Anfâl, 17). Il reste néanmoins possible de rapporter le verbe aux oiseaux, ceux-ci n’étant pas dotés de marques propres au féminin et leur féminisation n’étant pas réelle.

قَالَ الْفَرَّاءُ: لَا وَاحِدَ لَهُ مِنْ لَفْظِهِ. وَزَعَمَ الرُّؤَاسِيُّ- وَكَانَ ثِقَةً- أَنَّهُ سَمِعَ فِي وَاحِدِهَا " إِبَّالَةً" مُشَدَّدَةً. وَحَكَى الْفَرَّاءُ " إِبَالَةً" مُخَفَّفًا. قَالَ: سَمِعْتُ بَعْضَ الْعَرَبِ يَقُولُ: ضِغْثٌ «١» عَلَى إِبَالَةٍ. يُرِيدُ: خِصْبًا عَلَى خِصْبٍ. قَالَ: وَلَوْ قَالَ قَائِلٌ إِيبَالٌ كَانَ صَوَابًا، مِثْلَ دِينَارٍ وَدَنَانِيرَ. وَقَالَ إِسْحَاقُ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْحَارِثِ بْنِ نَوْفَلٍ: الْأَبَابِيلُ: مَأْخُوذٌ مِنَ الْإِبِلِ المؤبلة، وهي الاقاطيع. [[سورة الفيل (١٠٥) : آية ٤]] تَرْمِيهِمْ بِحِجارَةٍ مِنْ سِجِّيلٍ (٤) في الصحاح: بِحِجارَةٍ مِنْ سِجِّيلٍ قَالُوا: حِجَارَةٌ مِنْ طِينٍ، طُبِخَتْ بِنَارِ جَهَنَّمَ، مَكْتُوبٌ فِيهَا أَسْمَاءُ الْقَوْمِ، لِقَوْلِهِ تَعَالَى: لِنُرْسِلَ عَلَيْهِمْ حِجارَةً مِنْ طِينٍ. مُسَوَّمَةً «٢» [الذاريات: ٣٤ - ٣٣] . وقال عبد الرحمن ابن أَبْزَى: مِنْ سِجِّيلٍ: مِنَ السَّمَاءِ، وَهِيَ الْحِجَارَةُ الَّتِي نَزَلَتْ عَلَى قَوْمِ لُوطٍ. وَقِيلَ مِنَ الْجَحِيمِ. وَهِيَ " سِجِّينٌ" ثُمَّ أُبْدِلَتِ اللَّامُ نُونًا، كَمَا قَالُوا فِي أُصَيْلَانَ أُصَيْلَالٍ. قَالَ ابْنُ مقبل: ضَرْبًا تَوَاصَتْ بِهِ الْأَبْطَالُ سِجِّينَا «٣» وَإِنَّمَا هُوَ سِجِّيلًا. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: مِنْ سِجِّيلٍ أَيْ مِمَّا كُتِبَ عَلَيْهِمْ أَنْ يُعَذَّبُوا بِهِ، مُشْتَقٌّ مِنَ السِّجِلِّ. وَقَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِي سِجِّيلٍ فِي " هُودٍ" «٤» مُسْتَوْفًى. قَالَ عِكْرِمَةُ: كَانَتْ تَرْمِيهِمْ بِحِجَارَةٍ مَعَهَا، فَإِذَا أَصَابَ أَحَدَهُمْ حَجَرٌ مِنْهَا خَرَجَ بِهِ الْجُدَرِيُّ لَمْ يُرَ قَبْلَ ذَلِكَ الْيَوْمِ. وَكَانَ الْحَجَرُ كَالْحِمَّصَةِ وَفَوْقَ الْعَدَسَةِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: كَانَ الْحَجَرُ إِذَا وَقَعَ عَلَى أَحَدِهِمْ نَفِطَ جِلْدُهُ، فَكَانَ ذَلِكَ أَوَّلُ الْجُدَرِيِّ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ تَرْمِيهِمْ بِالتَّاءِ، لِتَأْنِيثِ جَمَاعَةِ الطَّيْرِ. وَقَرَأَ الْأَعْرَجُ وَطَلْحَةُ " يَرْمِيهِمْ" بِالْيَاءِ، أَيْ يَرْمِيهِمُ اللَّهُ، دليله قوله تعالى: وَلكِنَّ اللَّهَ رَمى «٥» [الأنفال: ١٧] وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ رَاجِعًا إِلَى الطَّيْرِ، لِخُلُوِّهَا مِنْ عَلَامَاتِ التَّأْنِيثِ، وَلِأَنَّ تَأْنِيثَهَا غَيْرُ حَقِيقِيِّ.
(١). الضغث: قبضة من حشيش مختلطة الرطب باليابس. والابالة: الحزمة من الحطب. في فرائد اللآل: يضرب لمن حملك مكروها ثم زادك عليه. (٢). آية ٣٣ سورة الذاريات. (٣). صدر البيت كما في اللسان: ورجلة يضربون البيض عن عرض (٤). راجع ج ٩ ص ٨١. (٥). آية ١٧ سورة الأنفال.

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