Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Saʿîd ibn Jubayr ajouta :
« Ce sont des oiseaux verts, dotés de becs jaunes. »

On a également dit :
« Ils étaient blancs. »

Muḥammad ibn Kaʿb déclara :
« Ce sont des oiseaux marins noirs ; les pierres se trouvaient dans leurs becs et dans leurs griffes. »

D’aucuns ont affirmé qu’il s’agissait de l’ʿAnqâʾ al-Mughrib(1), l’oiseau fabuleux auquel renvoient les proverbes.

ʿIkrima expliqua : « Abâbîl » signifie « rassemblés en troupes ».

On a dit encore : « Successifs, les uns sur les traces des autres » ; tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs et de Mujâhid.

D’autres ont soutenu qu’ils étaient « divers, dispersés, venant de toutes parts, d’ici et de là » ; c’est ce qu’ont rapporté Ibn Masʿûd, Ibn Zayd et al-Akhfash.

An-Naḥḥâs commenta : « Ces propos se complètent ; au fond, ils désignent de vastes cohortes. »

On dit : « Un tel yuʾabbilu ʿalâ un tel », c’est-à-dire : il l’emporte sur lui par le nombre ; l’expression dérive du mot « ibil » (les chameaux).

Les savants ont divergé quant au singulier de « Abâbîl ». Al-Jawharî rapporte qu’al-Akhfash disait : « On dit : jâʾat ibiluka abâbîl — tes chameaux sont venus par groupes séparés —, et l’on dit aussi : ṭayran abâbîl, “oiseaux abâbîl”. » Il précisa : « Le terme exprime l’abondance ; c’est un collectif sans singulier établi. »

Certains ont proposé pour singulier « ibbawl », à l’instar de « ʿijjawl » ; d’autres — parmi eux al-Mubarrad — ont avancé « ibbîl », sur le modèle de « sikkîn ». D’aucuns encore ont opté pour « ibbâl ». En dehors des grands dictionnaires, les Arabes n’en connaissent pas de forme au singulier.

Ruʾbah ibn al-ʿAjjâj dit, employant le terme au pluriel :
A — « Les oiseaux, abâbîl redoutables, jouèrent d’eux, misérables ;
A — Si bien qu’ils devinrent sachets de chaume, déchets dévorables. »

Al-Aʿshâ déclamait :
B — « Route géante aux racines fécondes et désaltérantes ;
B — Sur elle criaillent des abâbîl d’oiseaux, nuées menaçantes. »

Un autre poète chanta :
C — « Ma monture faillit crouler sous les clameurs tonnantes ;
C — Quand la terre se gorgea d’abâbîl, cohortes galopantes. »

Et un autre encore évoqua :
D — « On les voit courir vers l’appel, rapides, fulgurantes ;
D — Tels abâbîl d’oiseaux sous un ciel lourd, flammes brûlantes. »

(1) L’ʿAnqâʾ al-Mughrib : oiseau mythique, proverbial chez les Arabes.

سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ أَيْضًا: هِيَ طَيْرٌ خُضْرٌ لَهَا مَنَاقِيرٌ صُفْرٌ. وَقِيلَ: كَانَتْ بِيضًا. وَقَالَ محمد ابن كَعْبٍ: هِيَ طَيْرٌ سُودٌ بَحْرِيَّةٌ، فِي مَنَاقِيرِهَا وَأَظْفَارِهَا الْحِجَارَةُ. وَقِيلَ: إِنَّهَا الْعَنْقَاءُ الْمُغْرِبُ «١» الَّتِي تُضْرَبُ بِهَا الْأَمْثَالُ، قَالَ عِكْرِمَةُ: أَبابِيلَ أَيْ مُجْتَمِعَةٌ. وَقِيلَ: مُتَتَابِعَةٌ، بَعْضُهَا فِي إِثْرِ بَعْضٍ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ. وَقِيلَ مُخْتَلِفَةٌ مُتَفَرِّقَةٌ، تجئ من كل ناحية من ها هنا وها هنا، قَالَهُ ابْنُ مَسْعُودٍ وَابْنُ زَيْدٍ وَالْأَخْفَشُ. قَالَ النَّحَّاسُ: وَهَذِهِ الْأَقْوَالُ مُتَّفِقَةٌ، وَحَقِيقَةُ الْمَعْنَى: أَنَّهَا جَمَاعَاتٌ عِظَامٌ. يُقَالُ: فُلَانٌ يُؤَبِّلُ عَلَى فُلَانٍ، أَيْ يَعْظُمُ عَلَيْهِ وَيَكْثُرُ، وَهُوَ مُشْتَقٌّ مِنَ الْإِبِلِ. وَاخْتُلِفَ فِي وَاحِدِ (أَبابِيلَ) ، فَقَالَ الْجَوْهَرِيُّ: قَالَ الْأَخْفَشُ يُقَالُ: جَاءَتْ إِبِلُكَ أَبَابِيلَ، أَيْ فرقا، وطيرا أبابيل. قال: وهذا يجئ فِي مَعْنَى التَّكْثِيرِ، وَهُوَ مِنَ الْجَمْعِ الَّذِي لَا وَاحِدَ لَهُ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: وَاحِدُهُ إِبَّوْلٌ. مِثْلُ عِجَّوْلٍ. وَقَالَ بَعْضُهُمْ- وَهُوَ الْمُبَرِّدُ-: إِبِّيلٌ مثل سكين. فال: وَلَمْ أَجِدِ الْعَرَبَ تَعْرِفُ لَهُ وَاحِدًا فِي غَيْرِ الصِّحَاحِ. وَقِيلَ فِي وَاحِدِهِ إِبَّالٌ. وَقَالَ رُؤْبَةُ بْنُ الْعَجَّاجِ فِي الْجَمْعِ: وَلَعِبَتْ طَيْرٌ بِهِمْ أَبَابِيلْ ... فَصُيِّرُوا مِثْلَ كَعَصْفٍ مَأْكُولْ وَقَالَ الْأَعْشَى: طَرِيقٌ وَجَبَّارٌ «٢» رِوَاءٌ أُصُولُهُ ... عَلَيْهِ أَبَابِيلٌ مِنَ الطَّيْرِ تَنْعَبُ وَقَالَ آخَرُ: كَادَتْ تُهَدُّ مِنَ الْأَصْوَاتِ رَاحِلَتِي ... إِذْ سَالَتِ الْأَرْضُ بِالْجُرْدِ «٣» الْأَبَابِيلِ وَقَالَ آخَرُ: تَرَاهُمْ إِلَى الدَّاعِي سِرَاعًا كأنهم ... أبابيل طير تحت دجن مسخن «٤»
(١). هي التي أغربت في البلاد فنأت ولم تحس ولم تر. (٢). الجبار من النخل: ما طال وفات اليد. (٣). الجرد (بالضم كالجريدة): خيل لا رجالة فيها. والجرد- أيضا-: قصر شعر الجلد في الفرس، وهو من الأوصاف المحمودة في الخيل. [ ..... ] (٤). كذا في نسخ الأصل، (بالخاء المعجمة والنون). وفي تفسير الثعلبي: ... تحت دجن مسحر. (بالحاء المهملة والراء). وقد نسبه إلى امرئ القيس، ولم نجده في ديوانه. ولعل صوابه: ... تحت دجن مسخر. (بالخاء المعجمة والراء).

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