Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Puis Il en a donné l’explication en disant :

« Le Feu d’Allah, attisé » : c’est-à-dire celui qu’on a entretenu mille ans, puis mille ans, puis mille ans ; jamais il ne s’éteint. Allah l’a préparé pour les désobéissants.

« Qui s’élève jusqu’aux cœurs » : Muḥammad b. Kaʿb a dit : « Le Feu dévore tout ce qu’il y a dans leurs corps ; quand il atteint le cœur, ils sont recréés à neuf, puis il recommence à les dévorer. » De même, Khâlid b. Abî ʿImrân rapporte du Prophète — paix et salut sur lui — que « le Feu consume ses hôtes ; lorsqu’il s’élève jusqu’à leurs cœurs il s’arrête, puis, quand ils sont rendus, il recommence ». Tel est le sens de la parole du Très-Haut : « Le Feu d’Allah, attisé, qui s’élève jusqu’aux cœurs. »

Il a spécifiquement mentionné les cœurs parce que, lorsque la douleur atteint le cœur, l’homme meurt ; ils sont donc dans la condition de celui qui meurt, sans toutefois mourir, comme l’a dit Allah — Très-haut : « Il n’y meurt pas et n’y vit pas » (Tâhâ, 74). Ils sont ainsi vivants au sens où ils sont morts.

On a dit encore : le sens de « qui s’élève jusqu’aux cœurs » est qu’il connaît la mesure du châtiment que chacun d’eux mérite, grâce au signe qu’Allah — Exalté soit-Il — y a laissé.

On dit : « Untel s’est informé de telle chose », c’est-à-dire : il l’a apprise. Allah — Très-haut — a dit : « Il appelle celui qui tourne le dos et se détourne » (al-Maʿârij, 17). Et Il a dit : « Lorsqu’il les voit de loin, ils entendent sa fureur et ses soupirs » (al-Furqân, 12). Il L’a donc décrite ainsi ; rien n’empêche qu’elle soit également décrite comme ayant connaissance.

[Sûrat al-Humazah (104), versets 8-9]
« Certes, elle est, sur eux, hermétiquement close (8)
au moyen de piliers dressés. » (9)

c’est-à-dire totalement scellée, ont dit al-Ḥasan et ad-Ḍaḥḥâk. Cette question a déjà été abordée dans la sûrah « al-Balad ».

D’aucuns ont dit : « muʾṣadah » signifie « fermée » dans le dialecte des Quraysh ; ils disent : « āṣadtu al-bâb » lorsque je l’ai fermé, propos rapporté par Mujâhid. De là ce vers d’ʿUbayd Allâh b. Qays ar-Ruqayyât :

Dans ce palais, si l’on introduisait une gazelle,
La porte aussitôt se fermerait, tel rempart d’une citadelle.
Battants verrouillés, verrous d’airain à jamais scellés,
Rideaux abaissés, couloirs gardés, mystère à jamais scellés.

« Au moyen de piliers dressés » : le fāʾ équivaut ici à bāʾ ; il faut comprendre : close par des piliers dressés, selon Ibn Masʿûd, dont la lecture est « biʿamadin mumaddadah ».

Et, dans le ḥadîth rapporté par Abû Hurayrah d’après le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — : « Puis Allah leur dépêchera… »

ثم فسرها ما هي فقال: (نارُ اللَّهِ الْمُوقَدَةُ) أَيِ الَّتِي أُوقِدَ عَلَيْهَا أَلْفَ عَامٍ، وَأَلْفَ عَامٍ، وَأَلْفَ عَامٍ، فَهِيَ غَيْرُ خَامِدَةٍ، أَعَدَّهَا اللَّهُ لِلْعُصَاةِ. (الَّتِي تَطَّلِعُ عَلَى الْأَفْئِدَةِ) قَالَ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ: تَأْكُلُ النَّارُ جَمِيعَ مَا فِي أَجْسَادِهِمْ، حَتَّى إِذَا بَلَغَتْ إِلَى الْفُؤَادِ، خُلِقُوا خَلْقًا جَدِيدًا، فَرَجَعَتْ تَأْكُلُهُمْ. وَكَذَا رَوَى خَالِدُ بْنُ أَبِي عِمْرَانَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (أَنَّ النَّارَ تَأْكُلُ أَهْلَهَا، حَتَّى إِذَا اطَّلَعَتْ عَلَى أَفْئِدَتِهِمُ انْتَهَتْ، ثُمَّ إِذَا صَدَرُوا تَعُودُ، فَذَلِكَ قَوْلُهُ تَعَالَى: نارُ اللَّهِ الْمُوقَدَةُ. الَّتِي تَطَّلِعُ عَلَى الْأَفْئِدَةِ: . وَخَصَّ الْأَفْئِدَةَ لِأَنَّ الْأَلَمَ إِذَا صَارَ إِلَى الْفُؤَادِ مَاتَ صَاحِبُهُ. أَيْ إِنَّهُ فِي حَالِ مَنْ يَمُوتُ وَهُمْ لَا يَمُوتُونَ، كَمَا قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: لَا يَمُوتُ فِيها وَلا يَحْيى» [طه: ٧٤] فَهُمْ إِذًا أَحْيَاءٌ فِي مَعْنَى الْأَمْوَاتِ. وَقِيلَ: مَعْنَى تَطَّلِعُ عَلَى الْأَفْئِدَةِ أَيْ تَعْلَمُ مِقْدَارَ مَا يَسْتَحِقُّهُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ مِنَ الْعَذَابِ، وَذَلِكَ بِمَا اسْتَبَقَاهُ اللَّهُ تَعَالَى مِنَ الْأَمَارَةِ الدَّالَّةِ عَلَيْهِ. وَيُقَالُ: اطَّلَعَ فُلَانٌ عَلَى كَذَا: أي علمه. وقد قال الله تعالى: تَدْعُوا مَنْ أَدْبَرَ وَتَوَلَّى «٢» [المعارج: ١٧] . وَقَالَ تَعَالَى: إِذا رَأَتْهُمْ مِنْ مَكانٍ بَعِيدٍ سَمِعُوا لَها تَغَيُّظاً وَزَفِيراً «٣» [الفرقان: ١٢] . فَوَصَفَهَا بِهَذَا، فَلَا يَبْعُدُ أَنْ تُوصَفَ بِالْعِلْمِ. [سورة الهمزة (١٠٤): الآيات ٨ الى ٩] إِنَّها عَلَيْهِمْ مُؤْصَدَةٌ (٨) فِي عَمَدٍ مُمَدَّدَةٍ (٩) أَيْ مطبقة، قال الْحَسَنُ وَالضَّحَّاكُ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي سُورَةِ " الْبَلَدِ" الْقَوْلُ «٤» فِيهِ. وَقِيلَ: مُغْلَقَةٌ، بِلُغَةِ قُرَيْشٍ. يَقُولُونَ: آصَدْتُ الْبَابَ إِذَا أَغْلَقْتُهُ، قَالَهُ مُجَاهِدٌ. وَمِنْهُ قول عبيد الله ابن قَيْسِ الرُّقَيَّاتِ: إِنَّ فِي الْقَصْرِ لَوْ دَخَلْنَا غَزَالًا ... مُصْفَقًا مُوصَدًا «٥» عَلَيْهِ الْحِجَابُ (فِي عَمَدٍ مُمَدَّدَةٍ) الفاء بمعنى الباء أي مؤصدة بِعَمَدٍ مُمَدَّدَةٍ قَالَهُ ابْنُ مَسْعُودٍ وَهِيَ فِي قراءته " بعمد ممددة" وَفِي حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ (ثُمَّ إِنَّ اللَّهَ يَبْعَثُ إِلَيْهِمْ
(١). آية ٧٤ سورة طه. (٢). آية ١٧ سورة المعارج. (٣). آية ١٢ سورة الفرقان. (٤). راجع ص ٧٢ من هذا الجزء. (٥). صفق الباب واصفقه: أغلقه.

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