Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il voulait signifier : « ils furent avares et chiches » ; il a donc fait apparaître la gémination, mais la poésie admet la licence de nécessité.

Al-Mahdawî a dit : Celui qui allège la lecture de (wa ʿaddadahu) l’emploie comme terme coordonné à al-mâl ; autrement dit : « et il en a réuni le nombre ». Il ne s’agit donc pas d’un verbe dans lequel on ferait ressortir la gémination, car celle-ci n’est usitée que dans la poésie.

[Âyats 3 à 7 de sûrat al-Humazah (104)]
« Il s’imagine que sa richesse l’immortalisera (3)
Non ! il sera certes précipité dans la Ḥuṭamah (4)
Et qui te fera comprendre ce qu’est la Ḥuṭamah ? (5)
C’est le Feu d’Allah, attisé (6)
qui s’élève jusqu’aux cœurs (7) ».

Parole du Très-Haut :

(يَحْسَبُ) : c’est-à-dire : il pense, il s’imagine.
(أَنَّ مَالَهُ أَخْلَدَهُ) : à savoir que sa fortune le maintiendra vivant à jamais, ainsi l’a expliqué as-Suddî.

ʿIkrimah a dit : c’est-à-dire qu’elle prolongera sa vie.

D’autres ont dit : « Elle l’a fait vivre jusqu’à présent », le verbe au passé ayant ici valeur de futur. On dit par exemple : « Untel, par Allah, a péri et est entré dans le Feu », c’est-à-dire : il y entrera.

(كَلَّا) vient réfuter l’illusion de l’impie : il ne demeurera pas éternellement et sa richesse ne subsistera pas. Le terme kallâ a déjà été traité de façon exhaustive auparavant¹.

ʿUmar b. ʿAbd Allâh, client de Ghufrah, a dit : « Quand tu entends Allah — Puissant et Majestueux — dire kallâ, [comprends qu’]Il déclare : “Tu as menti.” »

(لَيُنْبَذَنَّ) : il sera bel et bien jeté, précipité.

Al-Ḥasan, Muḥammad b. Kaʿb, Naṣr b. ʿĀṣim, Mujâhid, Ḥumayd et Ibn Muḥayṣin ont récité au duel : لَيُنْبَذَانِ, c’est-à-dire : lui et sa richesse [seront jetés].

D’al-Ḥasan encore : « لَيُنْبَذَنَّهُ », voulant dire : « sa fortune sera assurément rejetée ».

Toujours de lui, avec la nûn : « لَنَنْبِذَنَّهُ » — Allah s’exprime alors à la première personne pour signifier qu’Il précipitera le possesseur de la richesse.

Et encore de lui : « لَيُنْبَذُنَّ », avec ḍamma sur le dhâl : sont visés le calomniateur, le diffamateur, la richesse et celui qui l’a amassée.

(فِي الْحُطَمَةِ) : c’est le Feu d’Allah. Elle a reçu ce nom parce qu’elle broie, fracasse et réduit en miettes tout ce qu’on y jette.

Le poète de rajaz a dit :
« Nous avons, du bâton, brisé Muṣʿab,
le jour où, pour l’irriter, nous lui avons cassé le nez. »

La Ḥuṭamah est le sixième degré parmi les degrés de la Géhenne, rapporte al-Mâwardî d’après al-Kalbî.

Al-Qushayrî rapporte également de lui qu’elle serait le deuxième degré des abîmes du Feu.

Ad-Ḍaḥḥâk dit : elle est le quatrième degré.

Ibn Zayd : c’est l’un des noms de la Géhenne.

Et la parole (وَمَا أَدْرَاكَ مَا الْحُطَمَةُ) vise à magnifier son importance et à souligner la gravité de son affaire.

¹ Cf. supra.

أَرَادَ: ضَنُّوا وَبَخِلُوا، فَأَظْهَرَ التَّضْعِيفَ، لَكِنَّ الشِّعْرَ مَوْضِعُ ضَرُورَةٍ. قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: مَنْ خَفَّفَ (وَعَدَّدَهُ) فَهُوَ مَعْطُوفٌ عَلَى الْمَالِ، أَيْ وَجَمَعَ عَدَدَهُ فَلَا يَكُونُ فِعْلًا عَلَى إِظْهَارِ التَّضْعِيفِ، لِأَنَّ ذلك لا يستعمل إلا في الشعر. [سورة الهمزة (١٠٤) : الآيات ٣ الى ٧] يَحْسَبُ أَنَّ مالَهُ أَخْلَدَهُ (٣) كَلاَّ لَيُنْبَذَنَّ فِي الْحُطَمَةِ (٤) وَما أَدْراكَ مَا الْحُطَمَةُ (٥) نارُ اللَّهِ الْمُوقَدَةُ (٦) الَّتِي تَطَّلِعُ عَلَى الْأَفْئِدَةِ (٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَحْسَبُ) أَيْ يَظُنُّ (أَنَّ مالَهُ أَخْلَدَهُ) أَيْ يُبْقِيهِ حَيًّا لَا يَمُوتُ، قَالَهُ السُّدِّيُّ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: أَيْ يَزِيدُ فِي عُمْرِهِ. وَقِيلَ: أَحْيَاهُ فِيمَا مَضَى، وَهُوَ مَاضٍ بِمَعْنَى الْمُسْتَقْبَلِ. يُقَالُ: هَلَكَ وَاللَّهِ فُلَانٌ وَدَخَلَ النَّارَ، أَيْ يَدْخُلُ. (كَلَّا) رَدٌّ لِمَا تَوَهَّمَهُ الْكَافِرُ، أَيْ لَا يَخْلُدُ وَلَا يَبْقَى لَهُ مَالٌ. وَقَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِي كَلَّا مُسْتَوْفًى «١» . وَقَالَ عُمَرُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ مَوْلَى غُفْرَةَ: إِذَا سَمِعْتَ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يَقُولُ كَلَّا فَإِنَّهُ يَقُولُ كَذَبْتَ. (لَيُنْبَذَنَّ) أَيْ لَيُطْرَحَنَّ وَلَيُلْقَيَنَّ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَمُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ وَنَصْرُ بْنُ عَاصِمٍ وَمُجَاهِدٍ وَحُمَيْدٌ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ: لَيُنْبَذَانِ بِالتَّثْنِيَةِ، أَيْ هُوَ وَمَالُهُ. وعن الحسن أيضا " لينبدنه" عَلَى مَعْنَى لَيُنْبَذَنَّ مَالُهُ. وَعَنْهُ أَيْضًا بِالنُّونِ " لَنَنْبِذَنَّهُ" عَلَى إِخْبَارِ اللَّهِ تَعَالَى عَنْ نَفْسِهِ، وَأَنَّهُ يَنْبِذُ صَاحِبَ الْمَالِ. وَعَنْهُ أَيْضًا (لَيُنْبَذُنَّ) بِضَمِّ الذَّالِ، عَلَى أَنَّ الْمُرَادَ الْهُمَزَةُ وَاللُّمَزَةُ وَالْمَالُ وَجَامِعُهُ. (فِي الْحُطَمَةِ) وَهِيَ نَارُ اللَّهِ، سُمِّيَتْ بِذَلِكَ لِأَنَّهَا تَكْسِرُ كُلَّ مَا يُلْقَى فِيهَا وَتُحَطِّمُهُ وَتُهَشِّمُهُ. قَالَ الرَّاجِزُ: إِنَّا حَطَمْنَا بِالْقَضِيبِ مُصْعَبَا ... يَوْمَ كَسَرْنَا أَنْفَهُ لِيَغْضَبَا وَهِيَ الطَّبَقَةُ السَّادِسَةُ مِنْ طَبَقَاتِ جَهَنَّمَ. حَكَاهُ الْمَاوَرْدِيُّ عَنِ الْكَلْبِيِّ. وَحَكَى الْقُشَيْرِيُّ عَنْهُ: الْحُطَمَةِ الدَّرَكَةُ الثَّانِيَةُ مِنْ دَرَكِ النَّارِ. وَقَالَ الضَّحَّاكُ: وَهِيَ الدَّرَكُ الرَّابِعُ. ابْنُ زَيْدٍ: اسْمٌ مِنْ أَسْمَاءِ جَهَنَّمَ. (وَما أَدْراكَ مَا الْحُطَمَةُ) عَلَى التَّعْظِيمِ لشأنها، والتفخيم لأمرها.
(١). راجع ج ١١ ص ١٤٧.

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