Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

An-Naḥḥâs a retenu cette interprétation et dit : « Parmi les preuves de ce sens figure la parole d’Allâh — Très-Haut — : ﴾Parmi eux se trouvent ceux qui te critiquent au sujet des aumônes﴿ (at-Tawbah : 58). »

Muqâtil, à l’encontre de cette explication, affirme que :
– al-Humazah désigne celui qui médit derrière le dos des gens ;
– al-Lumazah, celui qui les dénigre en face.

Qatâdah et Mujâhid ont, pour leur part, déclaré :
– al-Humazah : celui qui attaque les gens en général ;
– al-Lumazah : celui qui s’en prend à leurs lignées.

Ibn Zayd a dit : le « hâmiz » est celui qui bouscule les gens de sa main et les frappe, tandis que le « lumazah » est celui qui les éreinte de sa langue et les blâme. Sufyân ath-Thawrî précise : « Il humaz de sa langue et lamz de ses yeux. »

Ibn Kaysân expose : al-Humazah est celui qui offense ses compagnons par la grossièreté du verbe ; al-Lumazah, celui qui fronce l’œil à l’adresse de son voisin, lui fait signe de l’œil, de la tête ou des sourcils.

Murrah estime qu’ils sont équivalents ; c’est le rapporteur de propos malveillants qui éreinte autrui en son absence.

Ziyâd l’A‘jam a composé :
« Tu débordes de fausse amitié quand tu viens à ma rencontre, menteur, (A)
Et dès que je m’absente, te voilà railleur et détracteur. (A) »

Un autre a dit :
« Lorsque je te croise courroucé, tu m’offres un large sourire, (A)
Mais si je m’éloigne, tu redeviens railleur et satirique. (A) »

ash-Shaḥṭ : l’esclave.

Quant au terme al-Humazah, c’est un nom construit pour l’hyperbole dans ce sens, tout comme sukhrah ou ḍuḥkah pour celui qui se moque ou rit des gens.

Abû Ja‘far Muḥammad b. ‘Alî et al-A‘raj ont récitée : « humzah lumzah » (avec la voyelle mème muette). Si cela est authentique, il faut l’entendre au sens passif : la personne qui s’expose aux gens jusqu’à ce qu’ils la raillent, rient d’elle et soient poussés à la médisance.

‘Abdullâh b. Mas‘ûd, Abû Wâ’il, an-Nakha‘î et al-A‘mash ont lu : « Malheur au humazah lumazah. »

L’étymologie de « hamz » renvoie à l’idée de cassure et de morsure violente ; on parle ainsi du « hamz » d’une lettre. On dira : « J’ai hamaz sa tête » ; « J’ai hamaz la noix dans ma paume, je l’ai brisée. »

On demanda à un bédouin : « Hamacez-vous la souris ? » Il répondit : « C’est le chat qui la hamaz. » Dans aṣ-Ṣiḥâḥ, on lit : « On interrogea un bédouin : “Hamaces-tu la souris ?” Il répondit : “Le sinnoûr (chat) la hamaz.” » Ath-Tha‘labî rapporte la première version, d’où il ressort que le chat est appelé al-Humazah.

Al-‘Ajjâj a dit :
« Celui dont nous hamazons la tête, la voyons se briser. »

On a également avancé que la racine de « hamz » et « lamz » renvoie à l’idée de repousser et frapper. Lamazahu — yalmizuhu — lamzan : lorsqu’il le frappe et le repousse ; de même : hamazahu, c’est-à-dire qu’il l’a repoussé et frappé.

Le rajaz ajoute :
« Celui dont nous humilions l’orgueil s’écroule et se renverse… (A)
Sur son arrière-train, tel un tourbillon qui s’affaisse. (A) »

وَاخْتَارَ هَذَا الْقَوْلَ النَّحَّاسُ، قَالَ: وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى وَمِنْهُمْ مَنْ يَلْمِزُكَ فِي الصَّدَقاتِ «١» [التوبة: ٥٨] . وَقَالَ مُقَاتِلٌ ضِدَّ هَذَا الْكَلَامِ: إِنَّ الْهُمَزَةَ: الذي يغتاب بالغيبة، واللمزة: الذي يغتاب في الْوَجْهِ. وَقَالَ قَتَادَةُ وَمُجَاهِدٌ: الْهُمَزَةُ: الطَّعَّانُ فِي الناس، والهمزة: الطَّعَّانُ فِي أَنْسَابِهِمْ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ الْهَامِزُ: الَّذِي يَهْمِزُ النَّاسَ بِيَدِهِ وَيَضْرِبُهُمْ، وَاللُّمَزَةُ: الَّذِي يَلْمِزُهُمْ بِلِسَانِهِ وَيَعِيبُهُمْ. وَقَالَ سُفْيَانُ الثَّوْرِيُّ يَهْمِزُ بِلِسَانِهِ، وَيَلْمِزُ بِعَيْنَيْهِ. وَقَالَ ابْنُ كَيْسَانَ: الْهُمَزَةُ الَّذِي يُؤْذِي جُلَسَاءَهُ بِسُوءِ اللَّفْظِ، وَاللُّمَزَةُ: الَّذِي يَكْسِرُ عَيْنَهُ عَلَى جَلِيسِهِ، وَيُشِيرُ بِعَيْنِهِ وَرَأْسِهِ وَبِحَاجِبَيْهِ. وَقَالَ مُرَّةً: هُمَا سَوَاءٌ، وَهُوَ الْقَتَّاتُ الطَّعَّانُ لِلْمَرْءِ إِذَا غَابَ. وَقَالَ زِيَادٌ الْأَعْجَمُ: تُدْلِي بِوُدِّي إِذَا لَاقَيْتَنِي كَذِبًا ... وَإِنْ أُغَيَّبْ فَأَنْتَ الْهَامِزُ اللُّمَزَهْ وَقَالَ آخَرُ: إِذَا لَقِيْتُكَ عَنْ سُخْطٍ تُكَاشِرُنِي ... وَإِنْ تَغَيَّبْتُ كُنْتَ الْهَامِزَ اللمزة الشحط: العبد. وَالْهُمَزَةُ: اسْمٌ وُضِعَ لِلْمُبَالَغَةِ فِي هَذَا الْمَعْنَى، كَمَا يُقَالُ: سُخَرَةٌ وَضُحَكَةٌ: لِلَّذِي يَسْخَرُ وَيَضْحَكُ بِالنَّاسِ. وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ مُحَمَّدُ بْنُ عَلِيٍّ وَالْأَعْرَجُ (هُمْزَةً لُمْزَةً) بِسُكُونِ الْمِيمِ فِيهِمَا. فَإِنْ صَحَّ ذَلِكَ عَنْهُمَا، فَهِيَ فِي مَعْنَى الْمَفْعُولِ، وَهُوَ الَّذِي يَتَعَرَّضْ لِلنَّاسِ حَتَّى يَهْمِزُوهُ وَيَضْحَكُوا مِنْهُ، وَيَحْمِلَهُمْ عَلَى الِاغْتِيَابِ. وَقَرَأَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ وَأَبُو وَائِلٍ وَالنَّخَعِيُّ وَالْأَعْمَشُ: " وَيْلٌ لِلْهُمَزَةِ اللُّمَزَةِ" . وَأَصْلُ الْهَمْزِ: الْكَسْرُ، وَالْعَضُّ عَلَى الشَّيْءِ بِعُنْفٍ، وَمِنْهُ هَمْزُ الْحَرْفِ. وَيُقَالُ: هَمَزْتُ رَأْسَهُ. وَهَمَزْتُ الْجَوْزَ بِكَفِّي كَسَرْتُهُ. وَقِيلَ لِأَعْرَابِيٍّ: أَتَهْمِزُونَ (الْفَارَةَ) ؟ فَقَالَ: إِنَّمَا تَهْمِزُهَا الْهِرَّةُ. الَّذِي فِي الصِّحَاحِ: وَقِيلَ لِأَعْرَابِيٍّ أَتَهْمِزُ الْفَارَةَ؟ فَقَالَ السِّنَّوْرُ يَهْمِزُهَا. وَالْأَوَّلُ قَالَهُ الثَّعْلَبِيُّ، وَهُوَ يَدُلُّ عَلَى أَنَّ الْهِرَّ يُسَمَّى الْهُمَزَةَ. قَالَ الْعَجَّاجُ: وَمَنْ هَمَزْنَا رَأْسَهُ تَهَشَّمَا وَقِيلَ: أَصْلُ الْهَمْزِ وَاللَّمْزِ: الدَّفْعُ وَالضَّرْبُ. لَمَزَهُ يَلْمِزُهُ لَمْزًا: إِذَا ضَرَبَهُ وَدَفَعَهُ. وَكَذَلِكَ هَمَزَهُ: أَيْ دَفَعَهُ وَضَرَبَهُ. قَالَ الرَّاجِزُ: وَمَنْ هَمَزْنَا عِزَّهُ تَبَرْكَعَا ... عَلَى استه زوبعة أو زوبعا
(١). آية ٥٨ سورة التوبة.

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