Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’agit donc d’une époque par laquelle Allah, – Glorifié et Très-Haut – a juré, en raison de la leçon qu’elle renferme : alternance et mutation des situations, et, à travers cela, indication de l’Artisan.

On a également dit : « al-ʿAṣr » désigne la nuit et le jour.
Humayd ibn Thawr a chanté :
A – Les deux temps jour et nuit point ne sauraient tarder,
A – Sitôt qu’ils se hâteront d’atteindre ce qu’ils ont visé.

Les « deux ʿaṣrs » peuvent encore signifier : le matin et le soir.
Ainsi l’a-t-on dit :
A – Je diffère son dû d’un ʿaṣr à l’autre et le laisse se lasser,
A – Jusqu’à ce qu’il se contente de la moitié de la dette, le nez contraint au sol.
C’est-à-dire : s’il vient me trouver au début du jour, je le renvoie à sa fin.

D’autres ont soutenu qu’il s’agit du « ʿašiyy », l’intervalle compris entre le déclin et le coucher du soleil ; c’est l’avis d’al-Ḥasan et de Qatādah. Le poète a dit :
A – Allons, ô ʿAmr, le temps du ʿaṣr s’est déjà rétréci ;
A – Dans le premier départ se trouvent le butin et le salaire mérités.

Qatādah a également dit : c’est la dernière heure du jour.

On a encore déclaré qu’il s’agit d’un serment prêté par la prière du ʿAṣr, la prière médiane, car elle est la meilleure des prières ; tel est l’avis de Muqātil. On dit : « On a fait l’appel pour le ʿAṣr », entendez : pour la ṣalāt al-ʿAṣr ; et : « J’ai accompli le ʿAṣr », c’est-à-dire la ṣalāt al-ʿAṣr. Dans le ḥadith authentique : « La prière médiane, c’est la prière du ʿAṣr. » Son exposition a déjà été donnée dans la sourate al-Baqarah (1).

Il a encore été dit : c’est un serment par l’époque du Prophète ﷺ, en raison de l’honneur qu’elle eut de voir la prophétie y être renouvelée.
D’autres ont avancé que le sens est : « Par le Seigneur de l’époque. »

Deuxièmement :
Mâlik a dit : « Celui qui jure de ne pas adresser la parole à un homme durant un ʿaṣr ne lui parlera pas pendant une année. »
Ibn al-ʿArabî commente : « Mâlik a porté le serment de celui qui dit : “Je ne lui parlerai pas un ʿaṣr” sur l’année, parce que c’est l’acception la plus répandue ; il reste ainsi fidèle à son principe qui est de donner aux serments leur portée la plus sévère. »
Ach-Shâfiʿî, pour sa part, a dit : « Il se libère par une heure, à moins qu’il n’ait formulé une intention précise ; c’est l’avis que je retiens, sauf si le serment est prononcé par un Arabe : on l’interroge alors : “Qu’as-tu voulu ?” – et si l’explication qu’il donne est linguistiquement possible, on la lui accepte, à condition qu’elle ne soit pas le laps le plus court. Cela rejoint, dans l’école de Mâlik, le principe de retenir la signification qu’il précise. Et Allah est plus savant. »

[Sourate « al-ʿAṣr » (103), verset 2]
« Certes, l’homme est, à coup sûr, en perdition. »

Tel est le complément du serment ; l’homme visé est le mécréant, selon Ibn ʿAbbâs dans la version rapportée par Abû Ṣâliḥ.

أَيْ عَصْرٌ أَقْسَمَ اللَّهُ بِهِ عَزَّ وَجَلَّ، لِمَا فِيهِ مِنَ التَّنْبِيهِ بِتَصَرُّفِ الْأَحْوَالِ وَتَبَدُّلِهَا، وَمَا فِيهَا مِنَ الدَّلَالَةِ عَلَى الصَّانِعِ. وَقِيلَ: الْعَصْرُ: اللَّيْلُ وَالنَّهَارُ. قَالَ حُمَيْدُ بْنُ ثَوْرٍ: وَلَنْ يَلْبَثَ الْعَصْرَانِ: يَوْمٌ وَلَيْلَةٌ ... إِذَا طَلَبَا أَنْ يُدْرِكَا مَا تَيَمَّمَا وَالْعَصْرَانِ أَيْضًا: الْغَدَاةُ وَالْعَشِيُّ. قَالَ: وَأَمْطُلُهُ الْعَصْرَيْنِ حَتَّى يَمَلَّنِي ... وَيَرْضَى بِنِصْفِ الدَّيْنِ وَالْأَنْفُ رَاغِمُ يَقُولُ: إِذَا جَاءَنِي أَوَّلَ النَّهَارِ وَعَدْتُهُ آخِرَهُ. وَقِيلَ: إِنَّهُ الْعَشِيُّ، وَهُوَ مَا بَيْنَ زَوَالِ الشَّمْسِ وَغُرُوبِهَا، قَالَهُ الْحَسَنُ وَقَتَادَةُ. وَمِنْهُ قَوْلُ الشَّاعِرِ: تَرُوَّحُ بِنَا يَا عُمْرُوُ قَدْ قَصُرَ الْعَصْرُ ... وَفِي الرَّوْحَةِ الْأُولَى الْغَنِيمَةُ وَالْأَجْرُ وَعَنْ قَتَادَةَ أَيْضًا: هُوَ آخِرُ سَاعَةٍ مِنْ سَاعَاتِ النَّهَارِ. وَقِيلَ: هُوَ قَسَمٌ بِصَلَاةِ الْعَصْرِ، وَهِيَ الْوُسْطَى، لِأَنَّهَا أَفْضَلُ الصَّلَوَاتِ، قَالَهُ مُقَاتِلٌ. يُقَالُ: أُذِّنَ لِلْعَصْرِ، أَيْ لِصَلَاةِ الْعَصْرِ. وَصَلَّيْتُ الْعَصْرَ، أَيْ صَلَاةَ الْعَصْرِ. وَفِي الْخَبَرِ الصَّحِيحِ [الصَّلَاةُ الْوُسْطَى صَلَاةُ الْعَصْرِ] . وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " الْبَقَرَةِ" «١» بَيَانُهُ. وَقِيلَ: هُوَ قَسَمٌ بِعَصْرِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، لِفَضْلِهِ بِتَجْدِيدِ النُّبُوَّةِ فِيهِ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ وَرَبِّ الْعَصْرِ. الثَّانِيَةُ- قَالَ مَالِكٌ: مَنْ حَلَفَ أَلَّا يُكَلِّمَ رَجُلًا عَصْرًا: لَمْ يُكَلِّمْهُ سَنَةً. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: " إِنَّمَا حَمَلَ مَالِكٌ يَمِينَ الْحَالِفِ أَلَّا يُكَلِّمَ امْرَأً عَصْرًا عَلَى السَّنَةِ، لِأَنَّهُ أَكْثَرُ مَا قِيلَ فِيهِ، وَذَلِكَ عَلَى أَصْلِهِ فِي تَغْلِيظِ الْمَعْنَى فِي الْأَيْمَانِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: يَبَرُّ بِسَاعَةٍ، إِلَّا أَنْ تَكُونَ لَهُ نِيَّةٌ، وَبِهِ أَقُولُ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ الْحَالِفُ عَرَبِيًّا، فَيُقَالُ لَهُ: مَا أَرَدْتَ؟ فَإِذَا فَسَّرَهُ بِمَا يَحْتَمِلُهُ قُبِلَ مِنْهُ، إِلَّا أَنْ يَكُونَ الْأَقَلَّ، وَيَجِيءُ عَلَى مَذْهَبِ مَالِكٍ أَنْ يُحْمَلَ على ما يفسر. والله أعلم. [[سورة العصر (١٠٣) : آية ٢]] إِنَّ الْإِنْسانَ لَفِي خُسْرٍ (٢) هَذَا جَوَابُ الْقَسَمِ. وَالْمُرَادُ بِهِ الْكَافِرُ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ فِي رِوَايَةِ أَبِي صَالِحٍ. وَرَوَى الضَّحَّاكُ عَنْهُ قَالَ: يُرِيدُ جَمَاعَةً مِنَ الْمُشْرِكِينَ: الْوَلِيدَ بْنَ الْمُغِيرَةِ، والعاص بن وائل، والأسود
(١). راجع ج ٣ ص ٢١٠

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