« … et que tu n’y connaîtras ni soif ni brûlure du soleil » (Tâ-Hâ : 118-119).
Ainsi, ces quatre choses – ce qui rassasie la faim, ce qui repousse la soif, l’abri qui protège de la chaleur, et le vêtement qui couvre la nudité – furent accordées à Âdam, sur lui la paix, de façon absolue : il n’en aura aucun compte à rendre, car il lui est indispensable d’en disposer.
Je dis : c’est dans ce sens qu’al-Qushayrî Abû Naṣr a rapporté que, parmi ce dont le serviteur ne sera pas interrogé, il y a : un vêtement qui voile sa nudité, une nourriture qui soutient son dos, et un lieu qui le mette à l’abri de la chaleur comme du froid.
Je dis encore : cela est tiré de sa parole ﷺ :
« Le fils d’Âdam n’a de droit que sur ces choses-ci : une maison où il habite, un vêtement qui couvre sa nudité, un morceau grossier de pain et de l’eau. »
Rapporté par at-Tirmidhî.
An-Naḍr ibn Shumayl a dit : « Jilf al-khubz » désigne le pain sans condiment.
Muḥammad ibn Kaʿb a déclaré : le bienfait, c’est ce par quoi Allâh nous a comblés en la personne de Muḥammad ﷺ.
Or le Texte révèle :
« Allâh a réellement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a suscité parmi eux un Messager issu d’eux-mêmes » (Âl ʿImrân : 164).
Al-Ḥasan, de même qu’al-Mufaḍḍal, a dit : c’est l’allègement des prescriptions et la facilitation du Coran. Le Très-Haut dit :
« Il n’a placé sur vous aucune gêne dans la religion » (al-Ḥajj : 78),
Et Il dit encore :
« Nous avons certes facilité le Coran pour la mémorisation ; y a-t-il donc quelqu’un pour réfléchir ? » (al-Qamar : 17).
Je dis : tous ceux-là sont des bienfaits ; le serviteur sera interrogé à leur sujet : les a-t-il remerciés ou en a-t-il été ingrat ? Les opinions précédentes sont plus manifestes. Allâh sait mieux.
[Commentaire de Sûrat al-ʿAṣr]
Exégèse de la sûrah « Par le Temps »
– elle est mecquoise ; Qatâdah l’a dite médinoise, et il en est rapporté de même d’Ibn ʿAbbâs –
elle comprend trois versets.
Au nom d’Allâh, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.
« Par le Temps » (v. 1)
Il y a là deux questions :
Premièrement, la parole du Très-Haut : « Par le Temps », c’est-à-dire l’époque, selon Ibn ʿAbbâs et d’autres. Al-ʿAṣr est donc l’équivalent de ad-Dahr (le temps qui passe).
Le poète a dit :
Le sentier de la passion est escarpé, la mer de la passion profonde ;
Quiconque s’y aventure s’abîme dans une houle féconde.
Un seul jour de passion s’étire tel un mois embrasé ;
Et le mois de la passion se prolonge comme un âge inlassé.