lorsque la mort descendra sur vous et que des envoyés viendront pour arracher vos âmes.
Puis : « Non ! Vous saurez bientôt » : lorsque vous aurez gagné vos tombes, que Munkar et Nakîr se présenteront à vous, que l’effroi de l’interrogatoire vous cernera et que toute réponse vous fera défaut.
J’ai dit : la sourate renferme donc l’allusion au châtiment de la tombe. Nous avons exposé dans notre ouvrage « at-Tadhkira » que croire à ce châtiment est obligatoire et qu’il faut y adhérer sans réserve, conformément à ce qu’a rapporté le Véridique. Allâh ‑ Très-Haut - rendra la vie au serviteur responsable dans sa tombe, lui restituant l’existence et lui conférant une raison semblable à celle qu’il possédait ici-bas, afin qu’il comprenne ce dont on l’interroge, ce par quoi il répond, qu’il saisisse ce qui lui est parvenu de son Seigneur et ce qu’Il lui a préparé dans sa tombe, qu’il s’agisse d’honneur ou d’humiliation. Tel est le dogme des Gens de la Sunna, l’opinion sur laquelle s’accorde la Communauté de la Umma ; nous l’y avons développé de façon exhaustive – louange à Allâh.
On a aussi dit : « Non ! Vous saurez bientôt » – au moment de la résurrection, vous saurez que vous êtes bel et bien ressuscités ; puis « Non ! Vous saurez bientôt » – au Jour du Jugement, vous saurez que vous serez châtiés. À ce propos, la sourate embrasse les états de la Résurrection : la sortie des tombes, le rassemblement, l’interrogatoire, l’exhibition des œuvres, et toutes les autres frayeurs qui l’accompagnent, tels que nous les avons décrits dans « at-Tadhkira, au sujet de l’état des morts et des affaires de l’Au-delà ».
Ad-Dahhâk a dit : « Non ! Vous saurez bientôt » vise les mécréants ; « Non ! Vous saurez bientôt » – disent les croyants. Et il la récitait ainsi : la première avec le ت (vous) et la seconde avec le ي (ils).
[Coran, sourate At-Takâthur (102), verset 5]
« Non ! Si vous saviez avec une science de certitude… » (5)
Sa parole – Très-Haut soit-Il : « Non ! Si vous saviez avec une science de certitude… ». Il répète « Non ! », qui constitue un blâme et un avertissement, car Il a assorti chacune d’elles d’un motif différent : comme s’Il disait : « Ne faites pas, car vous le regretterez ; ne faites pas, car vous encourrez le châtiment. »
L’annexion du terme « science » à « certitude » rappelle Sa parole : « Voilà, ceci est bien la vérité certaine » (56 : 95).
Il a été dit : la certitude désigne ici la mort, selon Qatâdah ; et, d’après lui encore, elle désigne la résurrection, car lorsque celle-ci surviendra, tout doute disparaîtra. Autrement dit : si vous connaissiez aujourd’hui, concernant la résurrection, ce que vous saurez lorsque retentira le souffle dans la Trompe et que les tombeaux se fendiront pour laisser surgir vos dépouilles, pour que votre rassemblement ait lieu, cela vous détournerait de la course aux richesses de ce bas-monde.
Il a encore été dit : « Non ! Si vous saviez avec une science de certitude », c’est-à-dire : lorsque les feuillets d’actes voleront en l’air, certains seront voués au malheur, d’autres au bonheur.