productrice de satisfaction ; elle se soumet et s’abaisse d’elle-même, avec largesse et générosité.
Le sens de : « sa mère sera l’Abyme » est : la Géhenne. Il l’a nommée « mère » parce qu’il s’y réfugiera comme on se réfugie auprès de sa mère, ainsi que l’a expliqué Ibn Zayd. C’est dans ce sens qu’Umayya b. Abî Ṣalt a dit :
La terre est notre forteresse, elle fut notre mère ;
En son sein sont nos tombes, et c’est là que nous naissons.
Le Feu a été appelé « hâwiyah » (Abyme) parce qu’on y tombe tant son fond est profond ; on rapporte encore que « Al-Hâwiyah » est le nom de la porte la plus basse de l’Enfer.
Qatâdah dit : le sens de « sa mère sera l’Abyme » est : sa destination est le Feu. Ikrima dit : parce qu’il y tombera la tête la première. Al-Akhfash dit : « sa mère » signifie son lieu de séjour ; les sens sont proches.
Un poète a dit :
Ô ʿUmar, si nos lances t’avaient atteint,
tu serais tel celui qu’entraîne l’Abyme béant.
Le terme « hâwiyah » signifie aussi le précipice. On dit : « hawat ummuhu, fa-hiya hâwiyah » — que sa mère périsse, c’est-à-dire qu’elle devienne endeuillée. Kʿab b. Saʿd al-Ghanawî a dit :
Qu’elle périsse, sa mère !
Qu’apporte donc l’aurore lorsqu’elle paraît,
et qu’amène la nuit lorsque, de nouveau, elle revient ?
« Al-mahwa » et « al-mahwâh » désignent la dépression entre deux montagnes, ou ce qui y ressemble. On dit : « tahâwâ al-qawm fî al-mahwâh » quand des gens y tombent les uns après les autres.
« Et qui donc te fera comprendre ce qu’elle est ? » : la forme originelle est « mâ hiya » ; le hā a été ajouté pour marquer la pause. Ḥamzah, al-Kisâʾî, Yaʿqūb et Ibn Muḥayṣin récitent « mâ hiya nâr » sans le hā dans la liaison et s’y arrêtent ; nous l’avons déjà expliqué dans la sourate Al-Ḥâqqah¹.
« Un feu ardent » : d’une chaleur extrême.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Abû Hurayrah rapporte que le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Le feu que vous allumez ici-bas est un soixante-dixième de la chaleur de la Géhenne. » Ils dirent : « Par Allah, cela suffirait, ô Messager d’Allah ! » Il répondit : « Elle la surpasse de soixante-neuf degrés, chacun équivalant à sa chaleur. »
On rapporte d’Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — qu’il a dit : « La balance de celui dont le plateau est lourd l’est parce qu’on y a déposé la Vérité ; il est normal qu’une balance contenant la Vérité soit lourde. Et la légèreté de la balance de celui dont le plateau est léger provient du fait qu’on y a posé le faux ; il est normal qu’une balance contenant le faux soit légère. »
Dans un hadith rapporté par Abû Hurayrah, d’après le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, il est dit : « Les morts interrogent le nouveau venu à propos d’un homme décédé avant lui. Il répond : “Il est mort avant moi ; n’est-il pas passé chez vous ?” Ils disent : “Non, par Allah.” Et lui de dire : “Certes, nous appartenons à Allah et c’est vers Lui que nous retournons ! Il a donc été emmené à sa mère, l’Abyme ; quelle détestable mère et quelle détestable nourrice !” » Nous avons rapporté ce récit dans son intégralité dans notre ouvrage « At-Tadhkira ». Louange à Allah.
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- Voir l’explication du verset correspondant dans le commentaire de la sourate Al-Ḥâqqah.