[Sourate al-Qâriʿah (101), versets 6 à 11]
- Quant à celui dont les balances seront lourdes,
- il vivra dans une existence agréée ;
- tandis que celui dont les balances seront légères,
- l’Abîme sera sa mère ;
- et qui donc te fera saisir ce qu’elle est ?
- Un Feu ardent.
Nous avons déjà traité de la Balance dans les sourates Al-Aʿrâf, Al-Kahf et Al-Anbiyâʾ¹ ; il a été établi qu’elle possède un plateau et un fléau, et que l’on y pèsera les feuillets où sont inscrites les bonnes œuvres et les mauvaises.
On a dit ensuite : il ne s’agit que d’une Balance unique tenue par Jibrîl, avec laquelle il pèse les actes des fils d’Âdam ; l’usage du pluriel ne serait alors qu’une tournure de style. D’autres soutiennent qu’il existe plusieurs balances, conformément au dicton : « Toute affaire a sa balance. »² Nous l’avons déjà mentionné plus haut³, ainsi que dans notre ouvrage « At-Tadhkirah ».
Selon une autre opinion, les balances symbolisent les preuves et les arguments ; c’est l’avis de ʿAbd al-ʿAzîz b. Yahyâ, qui s’appuie sur ce vers :
J’étais, avant de vous revoir, d’une trempe décidée,
Pour chaque contestataire j’avais sa balance attitrée.
Le sens de « une existence agréée » est donc : une vie dont son hôte est satisfait. D’autres expliquent : c’est une vie « satisfaisante », c’est-à-dire qui produit elle-même la satisfaction par la douceur et la docilité qu’elle manifeste envers ceux qui l’habitent. Le terme ʿîshah regroupe toutes les faveurs du Paradis ; elle est, de par elle-même, source de satisfaction : tels les lits élevés — leur hauteur équivaut à cent années de marche ; quand le protégé d’Allah s’en approche, ils s’abaissent jusqu’à ce qu’il s’y installe, puis reprennent leur hauteur initiale. Il en est de même des branches des arbres, également haut perchées ; lorsque le proche d’Allah désire un fruit, elles se penchent vers lui, de sorte qu’il le cueille assis ou debout, conformément à la parole du Très-Haut : « ses grappes sont à portée de main » (Al-Ḥâqqah, 23).
Où qu’il marche ou qu’il se déplace, un fleuve l’accompagne à l’endroit qu’il souhaite, en hauteur comme en contrebas, d’après la parole du Très-Haut : « Ils les feront jaillir à profusion » (Al-Insân, 6). Il est rapporté dans la Tradition : « Il lui suffit de désigner l’endroit de son bâton, et l’eau se met à couler sans canal, là où il veut, dans ses palais et jusque dans ses salons. »
Ainsi, toutes ces choses constituent une vie qui, spontanément, procure la satisfaction ; elle est