Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La mention du terme « amour » a été maintenue parce qu’il venait d’être évoqué, et pour préserver l’homophonie finale des versets.

Ainsi – qu’Il soit exalté – dans Sa parole :
« en un jour de tempête » (1)
[Ibrâhîm : 18]

Or, « al-ʿuṣûf » se dit du vent et non des jours ; comme la mention du vent précède ici celle du jour, l’allusion explicite au vent est retranchée à la fin, comme s’Il avait dit : « en un jour où le vent est furieux ».

Quant à la parole du Très-Haut :
« Ne sait-il donc pas, lorsque sera bouleversé ce qui est dans les tombes (9),
et que sera mis au jour ce qui est dans les poitrines (10),
que leur Seigneur, ce jour-là, sera parfaitement Informé d’eux ? » (11)
[al-ʿÂdiyât : 9-11]

— « Ne sait-il donc pas » : il s’agit du fils d’Âdam.
— « lorsque sera bouleversé » : c’est-à-dire remué, retourné et fouillé jusqu’à ce que tout ce qu’elles contiennent soit extrait. Abû ʿUbaydah dit : « J’ai “baʿthartu” des objets : j’en ai mis le dessous dessus. » D’après Muḥammad b. Kaʿb, cela aura lieu au moment de la Résurrection.

Al-Farrâʾ rapporte avoir entendu des Bédouins de Banû Asad réciter « buḥthira » avec ḥâʾ à la place du ʿayn ; al-Mâwardî l’attribue aussi à Ibn Masʿûd, et les deux lectures ont le même sens.

— « et que sera mis au jour ce qui est dans les poitrines » : c’est-à-dire qu’il sera distingué ce qu’elles recèlent de bien et de mal, comme l’ont expliqué les exégètes. Ibn ʿAbbâs a dit : « il sera exposé. » ʿUbayd b. ʿUmayr, Saʿîd b. Jubayr, Yaḥyâ b. Yaʿmar et Naṣr b. ʿÂṣim ont lu « wa ḥaṣala » – avec fatḥa sur le ḥâʾ, allègement puis ouverture du ṣâd – c’est-à-dire « il est apparu ».

— « Leur Seigneur, ce jour-là, sera parfaitement Informé d’eux » : Il sait tout, rien d’eux ne Lui échappe. Il est certes Omniscient ce jour-là comme en tout temps, mais le sens est qu’Il les rétribuera précisément ce jour-là.

Analyse grammaticale : dans « lorsque sera bouleversé… », le verbe « buʿthira » gouverne la particule « idhâ ». « Yaʿlamu » ne régit pas cette conjonction, car la connaissance visée concerne la vie d’ici-bas, non l’instant même évoqué ; « lakhabîrun » ne la gouverne pas non plus, car ce qui suit « inna » n’agit pas sur ce qui la précède. L’agent de « yawmaʾidhin » est « lakhabîrun », bien que la particule emphatique « lâm » s’interpose, son emplacement correspondant au début d’une nouvelle proposition ; elle entre ici dans le prédicat du fait de la présence de « inna ».

Il est rapporté qu’al-Ḥajjâj récita cette sourate sur le minbar pour exhorter les gens au combat, et sa langue laissa échapper : « anna rabbahum » (hamza ouverte), puis il se reprit et acheva : « khabîrun », sans la particule « lâm ». Sans cette particule le mot serait à l’accusatif sous l’effet du verbe « yaʿlamu ». Abû as-Sammâl a lu : « anna rabbahum bihim yawmaʾidhin khabîr. »

Et Allah – exalté et magnifié soit-Il – sait mieux.

(1) Littéralement : « en un jour où souffle un vent violent ».

ذِكْرُ الْحُبِّ، لِأَنَّهُ قَدْ جَرَى ذِكْرُهُ، وَلِرُءُوسِ الآي، كقوله تعالى: فِي يَوْمٍ عاصِفٍ «١» [إبراهيم: ١٨] وَالْعُصُوفُ: لِلرِّيحِ لَا الْأَيَّامِ، فَلَمَّا جَرَى ذِكْرُ الرِّيحِ قَبْلَ الْيَوْمِ، طُرِحَ مِنْ آخِرِهِ ذِكْرُ الرِّيحِ، كَأَنَّهُ قَالَ: فِي يَوْمٍ عَاصِفِ الرِّيحِ. [سورة العاديات (١٠٠) : الآيات ٩ الى ١١] أَفَلا يَعْلَمُ إِذا بُعْثِرَ مَا فِي الْقُبُورِ (٩) وَحُصِّلَ مَا فِي الصُّدُورِ (١٠) إِنَّ رَبَّهُمْ بِهِمْ يَوْمَئِذٍ لَخَبِيرٌ (١١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَفَلا يَعْلَمُ) أَيِ ابْنُ آدَمَ (إِذا بُعْثِرَ) أَيْ أُثِيرَ وَقُلِبَ وَبُحِثَ، فَأُخْرِجَ مَا فِيهَا. قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: بَعْثَرْتُ الْمَتَاعَ: جَعَلْتُ أَسْفَلَهُ أَعْلَاهُ وَعَنْ مُحَمَّدِ بْنِ كَعْبٍ قَالَ: ذَلِكَ حِينَ يُبْعَثُونَ. الْفَرَّاءُ: سَمِعْتُ بَعْضَ أَعْرَابِ بَنِي أَسَدٍ يَقْرَأُ: " بُحْثِرَ" بِالْحَاءِ مَكَانَ الْعَيْنِ، وَحَكَاهُ الْمَاوَرْدِيُّ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ، وَهُمَا بِمَعْنًى. (وَحُصِّلَ مَا فِي الصُّدُورِ) أَيْ مُيِّزَ مَا فِيهَا مِنْ خَيْرٍ وَشَرٍّ، كَذَا قَالَ الْمُفَسِّرُونَ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: أُبْرِزَ. وَقَرَأَ عُبَيْدُ بْنُ عُمَيْرٍ وَسَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ وَيَحْيَى بْنُ يَعْمَرَ وَنَصْرُ بْنُ عَاصِمٍ " وَحَصَلَ" بِفَتْحِ الْحَاءِ وَتَخْفِيفِ الصَّادِ وَفَتْحِهَا، أَيْ ظَهَرَ. (إِنَّ رَبَّهُمْ بِهِمْ يَوْمَئِذٍ لَخَبِيرٌ) أَيْ عَالِمٌ لَا يَخْفَى عَلَيْهِ مِنْهُمْ خَافِيَةٌ. وَهُوَ عَالِمٌ بِهِمْ فِي ذَلِكَ الْيَوْمِ وَفِي غَيْرِهِ، وَلَكِنَّ الْمَعْنَى أَنَّهُ يُجَازِيهِمْ فِي ذَلِكَ الْيَوْمِ. وَقَوْلُهُ: إِذا بُعْثِرَ الْعَامِلُ فِي إِذا: بُعْثِرَ، وَلَا يَعْمَلُ فِيهِ يَعْلَمُ، إِذْ لَا يُرَادُ بِهِ الْعِلْمُ مِنَ الْإِنْسَانِ ذَلِكَ الْوَقْتَ، إِنَّمَا يُرَادُ في الدنيا. ولا يعمل فيه لَخَبِيرٌ، لِأَنَّ مَا بَعْدَ إِنَّ لَا يَعْمَلُ فِيمَا قبلها. والعامل في يَوْمَئِذٍ: لَخَبِيرٌ، وَإِنْ فَصَلَتِ اللَّامُ بَيْنَهُمَا، لِأَنَّ مَوْضِعَ اللَّامِ الِابْتِدَاءُ. وَإِنَّمَا دَخَلَتْ فِي الْخَبَرِ لِدُخُولِ إِنَّ عَلَى الْمُبْتَدَأِ. وَيُرْوَى أَنَّ الْحَجَّاجَ قَرَأَ هَذِهِ السُّورَةَ عَلَى الْمِنْبَرِ يَحُضُّهُمْ عَلَى الْغَزْوِ، فَجَرَى عَلَى لِسَانِهِ: أَنَّ رَبَّهُمْ بِفَتْحِ الْأَلِفِ، ثُمَّ استدركها فقال: لَخَبِيرٌ بِغَيْرِ لَامٍ. وَلَوْلَا اللَّامُ لَكَانَتْ مَفْتُوحَةً، لِوُقُوعِ الْعِلْمِ عَلَيْهَا. وَقَرَأَ أَبُو السَّمَّالِ أَنَّ رَبَّهُمْ بِهِمْ يَوْمَئِذٍ خَبِيرٌ. وَاللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى أَعْلَمُ.
(١). آية ١٨ سورة إبراهيم.

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