[Sourate al-ʿĀdiyât (100), verset 5]
« Fa-wasaṭna bihi jamʿan »
« … puis, par Lui, elles pénétrèrent le centre d’une troupe. »
Le terme « jamʿan » est le complément d’objet de « fa-wasaṭna » ; autrement dit : « elles se sont introduites, montures lancées, au cœur de l’ennemi », c’est-à-dire du groupe qu’elles avaient attaqué.
Ibn Masʿûd a dit : « Fa-wasaṭna bihi jamʿan » vise Muzdalifa, laquelle fut appelée « Jamʿ » parce que les gens s’y rassemblent.
On dit également : « wasaṭtu l-qawma asituhum wasṭan wa-siṭatan » : « je me suis placé au milieu d’eux ». ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – a lu « fa-wassatna » avec redoublement, lecture qui est aussi celle de Qatâda, d’Ibn Masʿûd et d’Abû Rajâ’. Les deux formes, renforcée ou allégée, appartiennent à la langue et portent le même sens ; on dit « wassattu l-qawma » (avec ou sans redoublement) et « tawassaṭtuhum » avec une signification identique.
Certains ont toutefois précisé que la forme emphatique signifie : « elles divisèrent la troupe en deux », tandis que la forme simple signifie : « elles se trouvèrent au centre de la troupe ». Les deux explications renvoient finalement à l’idée d’atteindre la masse de l’ennemi.
[Sourate al-ʿĀdiyât (100), verset 6]
« Inna l-insâna li-rabbihi la-kanûd »
« Certes, l’être humain est, envers son Seigneur, assurément ingrat. »
Il s’agit là de la réponse au serment : l’homme est naturellement enclin à la dénégation des bienfaits.
Ibn ʿAbbâs a dit : « la-kanûd » signifie : « ingrat, reniant les bienfaits d’Allâh » ; même explication chez al-Ḥasan, qui ajoute : « Il évoque les malheurs et oublie les grâces. »
Un poète a mis l’idée en vers :
Ô toi qui t’obstines dans l’injustice – l’injustice
retombe toujours sur l’oppresseur !
Jusqu’à quand donc, et jusqu’où
te plaindras-tu des épreuves en oubliant les bienfaits ?
Abû Umâmah al-Bâhilî rapporte que le Messager d’Allâh – qu’Allâh le bénisse et le salue – a dit :
« Le kanûd, c’est celui qui mange seul, refuse son hospitalité
[1] et frappe son esclave. »
Ibn ʿAbbâs rapporte encore que le Messager d’Allâh – qu’Allâh le bénisse et le salue – a dit :
« Voulez-vous que je vous informe des pires d’entre vous ? » Ils répondirent : « Oui, ô Messager d’Allâh ». Il dit :
« Celui qui passe la nuit seul, refuse l’hospitalité et fouette son serviteur. »
Ces deux ḥadiths ont été rapportés par at-Tirmidhî al-Ḥakîm dans « Nawâdir al-Uṣûl ».
On a également rapporté d’Ibn ʿAbbâs qu’il dit : dans la langue de Kindah et de Ḥaḍramawt, « kanûd » signifie « rebelle » ; dans la langue de Rabîʿah et de Muḍar : « ingrat » ; dans la langue de Kinânah : « avare, de mauvais naturel ». Muqâtil a tenu la même parole.
Un poète a dit :
Kanûd aux bienfaits des hommes ; or quiconque
reste kanûd aux bienfaits des hommes sera écarté.