Parmi ces emplois, on trouve l’expression : « j’ai pratiqué le qadḥ de l’œil », c’est-à-dire que j’en ai retiré l’eau corrompue. De même : « j’ai fait jaillir des étincelles avec le silex », ou encore : « j’ai “iqtadahtu” le bouillon », c’est-à-dire que je l’ai puisé.
Un « rakiyy qadûḥ » est un puits dont l’eau se puise à la main. Quant au « qadîḥ », il désigne ce qui demeure au fond de la marmite et qu’on ne retire qu’au prix d’un effort.
La « miqdaha » est l’instrument avec lequel on allume le feu ; la « qaddâḥa » ou « qaddâḥ » est la pierre qui produit l’étincelle.
On dit : « wara ’z-zandu » (avec la voyelle fatḥa) « yarî war-yan » lorsque l’étincelle en sort ; on trouve aussi la forme dialectale « wuriya ’z-zandu » (avec kasra), « yarî » dans les deux cas. Tout cela a déjà été exposé dans la sourate « al-Wâqiʿa » (1).
Le mot « qadḥan » est, pour son accusatif, régi par la même cause que « ḍabḥan ».
On a dit encore : ces versets concernent les chevaux, mais leur « irâʾ » (le jaillissement d’étincelles) consiste à déchaîner la guerre entre leurs cavaliers et leurs ennemis. De là l’expression employée lorsque la bataille s’embrase : « ḥamiya l-waṭîs » – « le foyer s’est échauffé ». Dans le même sens, Allah – Très-Haut – dit : « Chaque fois qu’ils allument un feu pour la guerre, Allah l’éteint » (2) [al-Mâʾida, 64]. Ce sens est également rapporté d’Ibn ʿAbbâs et soutenu par Qatâda.
Ibn ʿAbbâs a aussi expliqué que l’expression « al-mûriyât qadḥan » désigne la ruse des hommes dans la guerre ; cela est également rapporté de Mujâhid et de Zayd ibn Aslam. Les Arabes disent, lorsqu’un homme veut tromper son compagnon : « Par Allah, je comploterai contre toi, puis je ferai jaillir (ma ruse) à ton encontre. »
D’après Ibn ʿAbbâs encore, il s’agit de ceux qui partent en expédition et allument, la nuit, leurs feux pour leurs besoins et leur nourriture. Selon un autre propos de lui, ce sont les feux des combattants, que l’on multiplie pour effrayer l’ennemi ; quiconque s’approche de l’adversaire allume de nombreux foyers afin que l’ennemi les croie nombreux. C’est donc un serment par ces feux.
Muḥammad ibn Kaʿb a dit : « C’est le feu qu’on rassemble. » Il a également été avancé qu’il s’agit des pensées des hommes, qui allument le feu de la ruse et de la tromperie. ʿIkrima a dit : « Ce sont les langues des hommes ; elles font jaillir le feu par la gravité de leurs paroles, lesquelles manifestent l’établissement des preuves, la démonstration des signes, la mise en lumière de la vérité et l’anéantissement du faux. »
Ibn Jurayj rapporte de certains : « Quant aux [montures] qui assurent la réussite, dans le plan comme dans l’action, elles le font à la manière du silex lorsque l’étincelle jaillit. »
Je dis : toutes ces explications relèvent du figuré, comme dans leur parole : « Un tel fait jaillir l’étincelle de l’égarement. »
La première interprétation, toutefois, est la littérale : ce sont bien les chevaux qui, par la vigueur de leur galop, font jaillir le feu avec leurs sabots.
Muqâtil a déclaré : « Les Arabes nomment ce feu “le feu d’Abû Ḥubâḥib”. Abû Ḥubâḥib était, à l’époque antéislamique, un vieil homme de Muḍar, réputé parmi les plus avares des gens ; il n’allumait pas de feu, ni pour le pain ni pour autre chose, avant que les yeux ne s’assoupissent. Alors il allumait une petite flamme qui tantôt brûlait, tantôt s’éteignait ; si quelqu’un venait à s’en réveiller… »