Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ces animaux ne poussent ce souffle haletant (ḍabḥ) que lorsque leur état se modifie sous l’effet de la frayeur, de la fatigue ou de la convoitise.

Le terme « ḍabḥan » est ici à l’accusatif comme masdar : autrement dit, « les coursiers poussent un ḍabḥ ». Le ḍabḥ (1) désigne aussi la cendre.

Les grammairiens de Baṣra disent : ḍabḥan est à l’accusatif en fonction de ḥāl. D’autres soutiennent qu’il s’agit d’un masdar occupant la place de la ḥāl.

Abû ʿUbaydah déclare : « Les chevaux ont poussé un ḍabḥ, comme ils “ḍabaʿa”, c’est-à-dire qu’ils se sont mis en marche. » Il ajoute : « Le ḍabḥ et le ḍabʿ signifient le galop et la marche. »

Al-Mubarrad confirme : « Le ḍabḥ, c’est l’allongement de leurs flancs quand ils courent. »

On a rapporté que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – envoya une expédition contre des gens des Banû Kinânah. Le retour de leurs nouvelles tarda, lui qui avait confié le commandement à al-Munḏir b. ʿAmr al-Anṣârî, l’un des naqîb. Les hypocrites dirent : « Ils ont été tués. » Alors cette sourate fut révélée pour informer le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – de leur sécurité et lui annoncer qu’ils avaient attaqué victorieusement ceux vers qui ils avaient été dépêchés.

Parmi ceux qui affirment que « al-ʿâdiyât » désigne les chevaux, on compte Ibn ʿAbbâs, Anas, al-Ḥasan et Mujâhid ; il s’agit, disent-ils, des chevaux sur lesquels les croyants partent en expédition.

Selon le ḥadith : « Quiconque ne reconnaît pas la sacralité du cheval du guerrier porte en lui une branche d’hypocrisie. »

Un second avis soutient qu’il s’agit des chameaux. Muslim rapporte : « Je me suis disputé à ce sujet avec ʿIkrimah. ʿIkrimah disait : “Ibn ʿAbbâs soutient qu’il s’agit des chevaux.” Je répliquai : “ʿAlî dit qu’il s’agit des chameaux employés au ḥajj, et mon maître en sait plus que le tien.” »

Aš-Šaʿbî raconte : « ʿAlî et Ibn ʿAbbâs disputèrent au sujet d’al-ʿâdiyât. ʿAlî dit : “Ce sont les chameaux qui se hâtent pendant le ḥajj.” »

Ibn ʿAbbâs répondit : « Ce sont les chevaux. Ne vois-tu pas qu’Il dit : “et qui soulèvent ainsi un nuage de poussière” (al-ʿÂdiyât, 4) ? Qu’est-ce qui soulève la poussière sinon leurs sabots ? Et les chameaux poussent-ils le ḍabḥ ? »

ʿAlî rétorqua : « Ce n’est pas comme tu le dis. Je nous ai vus le jour de Badr : nous n’avions alors qu’un cheval pie appartenant à al-Miqdâd et un autre à Marṯad b. Abî Marṯad. » Puis il ajouta : « Vas-tu émettre des avis juridiques sur ce dont tu n’as pas connaissance ? Par Allah, c’était la première bataille de l’Islam et nous n’avions que deux chevaux : celui d’al-Miqdâd et celui d’az-Zubayr. Comment les ʿâdiyât haletantes (ḍabḥan) pourraient-elles être les chevaux ? Les ʿâdiyât sont plutôt les chameaux se hâtant dʿArafah à Muzdalifah, puis de Muzdalifah à ʿArafah. »

Ibn ʿAbbâs conclut : « Je suis revenu à l’avis de ʿAlî. » Tel est également l’avis d’Ibn Masʿûd, ʿUbayd b. ʿUmayr, Muḥammad b. Kaʿb et as-Suddî.

C’est dans ce sens que Ṣafiyyah bt ʿAbd al-Muṭṭalib a dit :
« Non, par les ʿâdiyât, à l’aube de Jamʿ,
quand la poussière s’élève sous leurs mains. »

وَإِنَّمَا تَضْبَحُ هَذِهِ الْحَيَوَانَاتُ إِذَا تَغَيَّرَتْ حَالُهَا مِنْ فَزَعٍ وَتَعَبٍ أَوْ طَمَعٍ. وَنَصَبَ ضَبْحاً عَلَى الْمَصْدَرِ، أَيْ وَالْعَادِيَاتِ تَضْبَحُ ضَبْحًا. وَالضَّبْحُ «١» أَيْضًا الرَّمَادُ. وَقَالَ الْبَصْرِيُّونَ: ضَبْحاً نُصِبَ عَلَى الْحَالِ. وَقِيلَ: مَصْدَرٌ فِي مَوْضِعِ الْحَالِ. قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: ضَبَحَتِ الْخَيْلُ ضَبْحًا مِثْلُ ضَبَعَتْ، وَهُوَ السَّيْرُ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: الضَّبْحُ وَالضَّبْعُ: بِمَعْنَى الْعَدْوِ وَالسَّيْرِ. وَكَذَا قَالَ الْمُبَرِّدُ: الضَّبْحُ مَدُّ أَضْبَاعِهَا فِي السَّيْرِ. وَرُوِيَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بَعَثَ سَرِيَّةً إِلَى أُنَاسٍ مِنْ بَنِي كِنَانَةَ، فَأَبْطَأَ عَلَيْهِ خَبَرُهَا، وَكَانَ اسْتَعْمَلَ عَلَيْهِمْ الْمُنْذِرَ بْنَ عَمْرٍو الْأَنْصَارِيَّ، وَكَانَ أَحَدَ النُّقَبَاءِ، فَقَالَ الْمُنَافِقُونَ: إِنَّهُمْ قُتِلُوا، فَنَزَلَتْ هَذِهِ السُّورَةُ إِخْبَارًا لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِسَلَامَتِهَا، وَبِشَارَةً لَهُ بِإِغَارَتِهَا عَلَى الْقَوْمِ الَّذِينَ بَعَثَ إِلَيْهِمْ. وَمِمَّنْ قَالَ: إِنَّ الْمُرَادَ بِالْعَادِيَاتِ الْخَيْلَ، ابْنُ عَبَّاسٍ وَأَنَسٌ وَالْحَسَنُ وَمُجَاهِدٌ. وَالْمُرَادُ الْخَيْلُ الَّتِي يَغْزُو عَلَيْهَا الْمُؤْمِنُونَ. وَفِي الْخَبَرِ: (مَنْ لَمْ يَعْرِفْ حُرْمَةَ فرس الغازي، فيه شُعْبَةٌ مِنَ النِّفَاقِ) . وَقَوْلٌ ثَانٍ: أَنَّهَا الْإِبِلُ، قَالَ مُسْلِمٌ: نَازَعْتُ فِيهَا عِكْرِمَةَ فَقَالَ عِكْرِمَةُ: قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ هِيَ الْخَيْلُ. وَقُلْتُ: قَالَ عَلِيٌّ هِيَ الْإِبِلُ فِي الْحَجِّ، وَمَوْلَايَ أَعْلَمُ مِنْ مَوْلَاكَ. وَقَالَ الشَّعْبِيُّ: تَمَارَى «٢» عَلِيٌّ وَابْنُ عَبَّاسٍ فِي الْعادِياتِ، فَقَالَ عَلِيٌّ: هِيَ الْإِبِلُ تَعْدُو فِي الْحَجِّ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: هِيَ الْخَيْلُ، أَلَا تَرَاهُ يَقُولُ فَأَثَرْنَ بِهِ نَقْعاً [العاديات: ٤] فَهَلْ تُثِيرُ إِلَّا بِحَوَافِرِهَا! وَهَلْ تَضْبَحُ الْإِبِلُ! فَقَالَ عَلِيٌّ: لَيْسَ كَمَا قُلْتَ، لَقَدْ رَأَيْتُنَا يَوْمَ بَدْرٍ وَمَا مَعَنَا إِلَّا فَرَسٌ أَبْلَقُ لِلْمِقْدَادِ، وَفَرَسٌ لِمَرْثَدِ بْنِ أَبِي مَرْثَدٍ، ثُمَّ قَالَ لَهُ عَلِيٌّ: أَتُفْتِي النَّاسَ بِمَا لَا تَعْلَمُ! وَاللَّهِ إِنْ كَانَتْ لَأَوَّلَ غَزْوَةٍ فِي الْإِسْلَامِ وَمَا مَعَنَا إِلَّا فَرَسَانِ: فَرَسٌ لِلْمِقْدَادِ، وَفَرَسٌ لِلزُّبَيْرِ، فَكَيْفَ تَكُونُ الْعَادِيَاتُ ضَبْحًا! إِنَّمَا الْعَادِيَاتُ الْإِبِلُ مِنْ عَرَفَةَ إِلَى الْمُزْدَلِفَةِ، وَمِنْ الْمُزْدَلِفَةِ إِلَى عَرَفَةَ. قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: فَرَجَعْتُ إِلَى قَوْلِ عَلِيٍّ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ وَعُبَيْدُ بْنُ عُمَيْرٍ وَمُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ وَالسُّدِّيُّ. وَمِنْهُ قَوْلُ صَفِيَّةَ بِنْتِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ: فَلَا وَالْعَادِيَاتِ غَدَاةَ جَمْعٍ ... بِأَيْدِيهَا إِذَا سَطَعَ الْغُبَارُ
(١). في القاموس: (والضبح بالكسر الرماد). (٢). التماري والمماراة: المجادلة.

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