Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Sourate al-Bayyina (98) : versets 1 à 3]
Au Nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
« Les négateurs parmi les gens du Livre et les polythéistes ne se seraient nullement départis [de leur mécréance] avant que ne leur parvienne la Preuve évidente : (1) un Messager venu d’Allah, récitant des feuillets purifiés, (2) contenant des Écritures d’une rectitude parfaite. » (3)
Parole d’Allah — Exalté soit-Il :
« Lam yakun alladhîna kafarû… » Tel est le mode de récitation retenu par la grande majorité des récitants et conforme à l’écriture du muṣḥaf. Ibn Masʿûd, pour sa part, récitait : « Lam yakun al-mushrikûna wa Ahl al-Kitâb munfakkîna », lecture donnée à titre explicatif.
Ibn al-ʿArabî a dit :
« Cette formulation est recevable dans le registre de l’exégèse, non dans celui de la récitation, car le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a, dans un ḥadith authentique, récité : “Faṭalliqûhunna li-qabli ʿiddatihinna”, ce qui relève du commentaire ; la récitation, elle, se limite à ce qui figure dans l’écriture du muṣḥaf. »
Parole d’Allah — Exalté soit-Il :
(min Ahl al-Kitâb) désigne les Juifs et les Chrétiens.
(wa-l-mushrikîn) est au cas indirect, coordonné à « Ahl al-Kitâb ».
Ibn ʿAbbâs dit que les « gens du Livre » sont les Juifs de Yathrib : Qurayẓa, an-Naḍîr et Banû Qaynuqâʿ. Quant aux polythéistes, ce sont ceux qui vivaient à La Mecque et ses environs, ainsi qu’à Médine et alentour, à savoir les idolâtres de Qurayš.
(munfakkîn) : c’est-à-dire cessant leur mécréance et s’en détournant.
(ḥattâ taʾtiyahum) : autrement dit, la Preuve évidente leur est parvenue — Muḥammad, paix et bénédictions d’Allah sur lui.
On a également dit que « cesser » signifie « atteindre le terme » ; ils n’auraient pas atteint la fin de leur vie et ne seraient pas morts avant que ne leur vienne la Preuve. Sur cette interprétation, « infikâk » signifie « achèvement ».
D’autres ont expliqué : « munfakkîn » veut dire « disparaissant » ; autrement dit, leur délai n’était pas destiné à s’achever avant qu’un Messager ne leur parvienne.
Les Arabes disent : « mâ unfakku afʿalu kadhâ », c’est-à-dire : « je ne cesse de faire cela » ; et : « mâ unfakka fulânun qâʾiman », c’est-à-dire : « Untel ne cesse d’être debout ».
Le radical « fakk » signifie originellement « ouvrir » ; de là viennent les expressions « fakk al-kitâb » (ouvrir un livre), « fakk al-khalḫâl » (dégager un bracelet de cheville) et « fakk as-sâlim »¹.
Ṭarafa a dit :
« J’ai juré que mes flancs ne cesseraient d’être ceints
d’un sabre affilé, aux deux tranchants lisses et bien trempés. »²