Il (al-Bazzî) a doublé la lettre tâʾ. Quant à Ṭalḥah ibn Muṣarrif et Ibn as-Samayqaʿ, ils ont lu en donnant une ḍamma à la tâʾ, plaçant ainsi le verbe à la forme passive. ʿAlî, Ibn ʿAbbâs, ʿIkrimah et al-Kalbî ont récité : « min kulli imriʾin ».
Il est rapporté d’Ibn ʿAbbâs que le sens est : « de chaque ange ». Al-Kalbî l’a expliqué en disant que Jibrîl descend, cette nuit-là, accompagné des anges et qu’ils saluent tout musulman.
(Le terme) « fa-min » signifie ici « ʿalā » (c’est-à-dire « sur »).
D’après Anas, le Prophète – qu’Allah lui accorde Sa prière et Son salut – a dit : « Lorsque survient la Nuit du Destin, Jibrîl descend à la tête d’un cortège [1] d’anges ; ils prient et adressent la salutation à tout serviteur, debout ou assis, qui évoque Allah – Très-Haut. »
« Paix, elle est, jusqu’à l’aube naissante » (Sourate al-Qadr, 97 : 5).
On a dit que l’énoncé se termine par « min kulli amrin », puis Allah a dit : « Salāmun ». Cela est rapporté de Nāfiʿ et d’autres ; c’est-à-dire que la Nuit du Destin est entièrement salut et bien-être ; elle ne contient ni mal ni nuisance, jusqu’à l’apparition de l’aube.
Ad-Ḍaḥḥāk a dit : « En cette nuit, Allah ne décrète que la sécurité ; alors que, durant les autres nuits, Il décide aussi bien des épreuves que de la sécurité. »
D’autres ont dit : « Elle est “Salāmun”, c’est-à-dire une nuit de protection contre toute influence qu’un démon pourrait exercer sur un croyant ou une croyante. »
Mujāhid a déclaré, dans le même sens : « C’est une nuit sûre ; le diable n’y peut accomplir ni mal ni nuisance. » Ce propos est également rapporté avec chaîne élevée (marfūʿ).
Ash-Shaʿbī a dit : « Il s’agit de la salutation des anges adressée aux gens des mosquées ; depuis le coucher du soleil jusqu’au lever de l’aube, ils passent auprès de chaque croyant et disent : “Paix sur toi, ô croyant !” »
Il a aussi été dit qu’il s’agit des salutations que les anges se donnent mutuellement au cours de cette nuit.
Qatādah a commenté : « Salāmun hiya : c’est le bien suprême. » – « Jusqu’au lever de l’aube », c’est-à-dire jusqu’à son apparition.
Al-Kisāʾī et Ibn Muḥayṣin ont lu « maṭliʿ » avec kasra sur le lām, tandis que les autres l’ont lu avec fatḥa. Ces deux vocalisations constituent deux variantes dialectales du même maṣdar ; le fatḥa est la forme originelle dans le schème faʿala-yafʿulu (par ex. al-maqtal, al-makhraǧ), tandis que le kasra relève de ce qui s’écarte de l’analogie habituelle (par ex. al-mashriq, al-maghrib, al-manbit, al-maskin, al-mansik, al-maḥshar, al-masqaṭ, al-majzar). Dans tous ces exemples, les deux vocalisations ont été rapportées, pourvu que l’on entende par là le maṣdar et non le nom de lieu.
Il y a ici trois questions :
- La première concerne la détermination précise de la Nuit du Destin. Les savants ont divergé à ce sujet, et l’avis majoritaire est qu’il s’agit de la nuit du vingt-sept, conformément au ḥadith de Zir ibn Ḥubayš qui dit : « J’interrogeai Ubayy ibn Kaʿb : “Ton frère ʿAbdullāh…” »
[1] Kabkabah : grande cohorte, foule compacte.