Abû Bakr al-Warrâq a dit : « Elle a reçu ce nom parce que celui qui, d’ordinaire, n’a ni valeur ni considération devient, durant cette nuit, quelqu’un de valeur, s’il l’anime (par l’adoration). »
Et l’on a dit : elle est ainsi nommée parce qu’Allah y a fait descendre un Livre d’un grand rang, sur un Messager de haute dignité, destiné à une communauté de noble rang.
Et l’on a dit : parce qu’y descendent des anges de rang élevé et d’éminente importance.
Et l’on a dit : parce qu’Allah — Très-Haut — y fait descendre le bien, la bénédiction et le pardon.
Sahl a dit : elle a été nommée ainsi parce qu’Allah — Exalté soit-Il — y a décrété la miséricorde en faveur des croyants.
Al-Khalîl a dit : parce que la terre, cette nuit-là, se trouve à l’étroit du fait du grand nombre d’anges, comme dans Sa parole — Très-Haut : « Et à qui sa subsistance est restreinte » (1) (at-Talâq : 7), c’est-à-dire : resserrée.
(Sourate al-Qadr (97) : versets 2 et 3)
« Et qu’est-ce qui te fera comprendre ce qu’est la Nuit du Destin ? » (2)
« La Nuit du Destin vaut mieux que mille mois. » (3)
Al-Farrâ’ a dit : chaque fois que, dans le Coran, Allah — Très-Haut — dit : « Et qu’est-ce qui t’a fait savoir… (wa mâ adrâka) », Il l’en informe effectivement ; tandis que, lorsqu’Il dit : « Et qu’en sais-tu ? (wa mâ yudrîka) » (al-Ahzâb : 63), Il ne l’en informe pas. Sufyân a tenu la même opinion, comme cela a été rapporté plus haut (2).
« La Nuit du Destin vaut mieux que mille mois » : Il en a ainsi exposé le mérite et la grandeur. La supériorité d’un temps ne provient, en réalité, que de l’abondance des vertus qui s’y manifestent ; or, en cette nuit, est réparti un bien immense qu’on ne trouve pas dans mille mois. Allah est Plus Savant.
Beaucoup d’exégètes ont dit : l’œuvre accomplie en cette nuit est meilleure que l’œuvre de mille mois qui ne comporteraient pas la Nuit du Destin.
Abû l-ʿÂliyah a dit : « La Nuit du Destin est meilleure que mille mois où ne se trouve pas la Nuit du Destin. »
Et l’on a dit : par « mille mois », il faut entendre l’ensemble des temps, car les Arabes emploient le nombre mille pour exprimer l’extrême limite des choses, comme dans Sa parole — Très-Haut : « Chacun d’eux aimerait vivre mille ans » (3) (al-Baqarah : 96), c’est-à-dire : toute la durée de la vie.
Et l’on a dit : jadis, un adorateur n’était pas appelé « adorateur » avant d’avoir adoré Allah pendant mille mois — soit quatre-vingt-trois ans et quatre mois. Allah — Très-Haut — a donc accordé à la communauté de Muhammad — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui — qu’une seule nuit d’adoration vaille mieux que ces mille mois d’adoration.
Abû Bakr al-Warrâq a dit : le règne de Sulaymân dura cinq cents mois, et celui de Dhû l-Qarnayn cinq cents mois ; leurs deux règnes réunis font mille mois. Allah — Très-Haut — a fait que les œuvres accomplies durant cette nuit, pour qui l’atteint, soient meilleures que leurs deux royaumes.
Ibn Masʿûd a dit : « Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — … »