Parole du Très-Haut :
« Non ! S’il ne cesse pas… » — c’est-à-dire : qu’Abû Jahl cesse donc de te nuire, ô Muhammad.
« Nous le saisirons (lanasfaʿan)… » : autrement dit, Nous le prendrons fermement par le toupet et l’abaisserons.
On a aussi dit : Nous le saisirons par son toupet le Jour de la Résurrection, celui-ci sera replié avec ses deux pieds puis il sera jeté dans le Feu, comme l’a dit le Très-Haut : « On les saisira par les toupets et les pieds » (ar-Raḥmân, 55 : 41).
Ainsi, bien que le verset concerne Abû Jahl, il sert d’exhortation aux gens et de menace pour quiconque refuse d’obéir ou empêche autrui d’obéir.
Les spécialistes de la langue disent : « safaʿtu bi-š-šay’ » signifie : je m’en suis emparé et l’ai tiré vigoureusement. On dit également : « Il a saisi le toupet de son cheval. » Le poète a dit :
« Un peuple que, lorsque les clameurs s’élèvent, tu vois…
soit posant le mors à son poulain, soit le tirant par le toupet. »
On a encore avancé que le terme provient de l’expression : « le feu ou le soleil l’a brûlé (safaʿathu) » quand ils noircissent le visage, comme dans ces vers :
« Pierres du foyer, noircies, dressées auprès du chaudron ;
et des troncs pareils au bassin ébréché, incliné. »
Le toupet (an-nâṣiyah) est la chevelure du front ; il peut aussi représenter l’ensemble de la personne, ainsi l’on dit : « Voici un toupet béni », pour désigner l’homme tout entier. Le toupet est mentionné ici selon l’usage des Arabes : lorsqu’ils voulaient avilir et humilier quelqu’un, ils le saisissaient par son toupet.
Al-Mubarrad a dit : « as-safʿ » signifie tirer violemment, c’est-à-dire : nous traînerons son toupet jusqu’au Feu. D’autres ont dit : « as-safʿ » signifie frapper, c’est-à-dire : nous le giflerons au visage. Les deux acceptions sont proches : il sera d’abord frappé lorsqu’on le saisira, puis traîné jusqu’à la Géhenne.
Puis Il dit, par substitution : « un toupet menteur, fautif ».