[Sourate at-Tîn (95), verset 8]
« N’est-ce pas Allah le plus Sage des juges ? »
C’est-à-dire : le plus parfait des juges dans l’art de toute chose qu’Il a créée.
Et l’on a dit : « le plus Sage des juges » dans Son jugement, Celui qui statue selon la Vérité et fait prévaloir la justice entre les créatures. Ce verset constitue, pour quiconque parmi les mécréants reconnaît néanmoins l’existence d’un Créateur éternel, une interpellation implicite.
Lorsque la particule interrogative entre en compagnie de la négation, et que le contexte vise l’approbation, elle revêt alors le sens de l’affirmation, comme dans cette parole du poète :
« N’êtes-vous pas les meilleurs cavaliers qui aient jamais enfourché des montures ? »
Il a également été dit, à propos de : « Qu’est-ce donc qui, après cela, te fait traiter de mensonge la Religion ? » :
« N’est-ce pas Allah le plus Sage des juges ? » — ce verset aurait été abrogé par le verset de l’Épée.
D’autres soutiennent qu’il demeure en vigueur, car il n’existe aucune contradiction entre les deux passages.
Lorsque Ibn ʿAbbâs et ʿAlî ibn Abî Tâlib — qu’Allah les agrée tous deux — récitaient : « N’est-ce pas Allah le plus Sage des juges ? », ils répondaient : « Certes ! Et je compte parmi ceux qui en témoignent. » Ils tenaient cela pour préférable. Et Allah est plus Savant.
At-Tirmidhî rapporte d’après Abû Hurayrah : « Quiconque récite la sourate “Par le figuier et l’olivier”, puis parvient au verset : “N’est-ce pas Allah le plus Sage des juges ?”, qu’il dise alors : “Certes ! Et je compte parmi ceux qui en témoignent.” » — Et Allah est plus Savant.
[Exégèse de la sourate “Al-ʿAlaq”]
La sourate « Al-ʿAlaq » est unanimement reconnue comme mecquoise, et — selon Abû Mûsâ et ʿÂ’ishah — elle fut la première partie révélée du Coran. Elle compte dix-neuf versets.
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
[Sourate al-ʿAlaq (96), verset 1]
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé » (1)
Selon la majorité des exégètes, cette sourate est le premier passage révélé du Coran. Jibrîl la fit descendre sur le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — alors qu’il se tenait au mont Ḥirâ’, et il lui enseigna cinq versets de cette sourate.
Il a été dit : la première révélation serait le verset : « Ô toi qui es enveloppé ! » [al-Muddaththir : 1], opinion rapportée par Jâbir ibn ʿAbd Allâh, comme il a été mentionné plus haut.
D’autres ont affirmé que la Fâtiḥah du Livre fut la première à être révélée, opinion d’Abû Maysarah al-Hamadânî.
ʿAlî ibn Abî Tâlib — qu’Allah l’agrée — a dit : « Le premier passage révélé du Coran… »