Deuxièmement — Parole du Très-Haut :
« Puis Nous l’avons ramené au plus bas des bas. »
C’est-à-dire à l’âge le plus vil : la sénilité qui suit la jeunesse, la faiblesse après la vigueur, jusqu’à ce qu’il devienne, comme à son premier état, semblable à l’enfant. Tel est l’avis d’al-Ḍaḥḥāk, d’al-Kalbī et d’autres.
Ibn Abī Najīḥ rapporte de Mujāhid : « Puis Nous l’avons ramené au plus bas des bas » – c’est-à-dire vers le Feu, à savoir l’incrédule ; c’est également l’opinion d’Abū l-ʿĀliyah.
On a encore dit : lorsque Dieu l’a qualifié de ces nobles attributs dont Il a doué l’être humain, celui-ci s’est enorgueilli et s’est élevé, allant jusqu’à proclamer : « Je suis votre seigneur, le Très-Haut » [an-Nāziʿāt, 24]. Et lorsque Dieu – qui connaît cela de Son serviteur et dont le décret émane de Lui – l’a su, Il l’a ramené au plus bas des bas : Il l’a rendu plein d’immondices, chargé d’impuretés, qu’Il fait sortir au dehors d’une manière répugnante, tantôt volontairement, tantôt sous la contrainte ; de sorte que, lorsqu’il contemple cette réalité de son propre état, il revient à sa juste mesure.
ʿAbd Allāh a récité : « asfala s-sāfilīn ». Il expliqua que l’usage du pluriel « sāfilīn » s’explique parce que le mot al-insān, dans le sens, renvoie à un collectif ; s’il avait dit « asfala sāfil » au singulier, cela aurait également été admissible, le terme « insān » étant, en forme, singulier.
Ainsi dit-on : « هٰذا أفضَلُ قائمٍ » – « Voici le meilleur des hommes debout » – et l’on ne dit pas « أفضل قائمين », car on sous-entend un seul individu. Mais si l’individu n’est pas sous-entendu, son appellation revient tantôt au singulier, tantôt au pluriel, comme dans la Parole du Très-Haut : « Et celui qui est venu avec la vérité et l’a confirmée, ceux-là sont les pieux » [az-Zumar, 33], ou dans Sa parole : « Lorsque Nous faisons goûter à l’homme une miséricorde venue de Notre part, il s’en réjouit ; et si un mal les atteint… » [ash-Shūrā, 48].
Il a aussi été avancé que le sens de « Nous l’avons ramené au plus bas des bas » est : Nous l’avons ramené à l’égarement, comme dans cette Parole : « L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres » – c’est-à-dire sauf ceux-là, qui ne sont pas ramenés à cet état. L’exception, pour celui qui explique « le plus bas des bas » par l’Enfer, est considérée comme continue ; pour celui qui l’explique par la décrépitude, elle est considérée comme discontinue.
[at-Tīn, 6] « Sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres : ceux-là auront une récompense jamais interrompue. »
Parole du Très-Haut :
« Sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres » : leurs bonnes actions leur sont inscrites et leurs mauvaises actions effacées, a dit Ibn ʿAbbās. Et il ajouta : ce sont ceux qui ont atteint la vieillesse ; ils ne sont pas tenus pour responsables de ce qu’ils commettent durant leur grand âge.