Et par le Mont Sînâ’,
et par cette Cité sûre, dit-il.
Ainsi se trouve-t-elle dans la récitation d’Ibn Masʿûd ; il éleva la voix par vénération pour la Maison.
Dans la seconde rakʿa, il récita :
« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi… » [Al-Fîl, 105 : 1],
et « Pour la protection accordée aux Quraysh… » [Quraysh, 106 : 1] ; il réunit les deux sourates. C’est ce qu’a rapporté Ibn al-Anbârî.
An-Nahhâs rapporte :
Dans la lecture d’Ibn Masʿûd on lit « Sînâ’ » (avec la kasra sur le s),
et, dans la tradition de ʿAmr ibn Maymûn d’après ʿUmar, on le prononce avec la fatḥa.
Al-Akhfash dit : « Ṭûr » signifie « montagne », et « Sînîn » désigne un arbre ; au singulier : « Sînîniyya ».
Abû ʿAlî observe : « Sînîn » relève du schème « fiʿlîl » ; la lâm, qui est ici une nûn, y a été redoublée, tout comme dans :
– « ziḥlîl » : l’endroit glissant ;
– « kirdîdah » : le morceau de datte ;
– « khinḏîd » : ce qui est long.
« Sînîn » n’est pas pleinement déclinable, pas plus que « Sînâ’ », parce qu’on l’a pris pour le nom d’un lieu ou d’une parcelle de terre ; s’il avait été considéré comme le nom d’une montagne, d’une demeure ou d’un nom propre masculin, il aurait été pleinement décliné, car, dans ce cas, on aurait nommé un masculin par un masculin.
Allâh a juré par cette montagne parce qu’elle se trouve au Shâm, dans la Terre sainte, qu’Il a bénies toutes deux, comme Il dit :
« … à la Mosquée al-Aqsâ dont Nous avons béni les alentours… » [Al-Isrâ’, 17 : 1].
[At-Tîn, 95 : 3]
« et par cette Cité sûre » :
c’est La Mecque. Il l’a qualifiée d’« amîne » parce qu’elle est en sécurité, comme Il dit :
« Nous avons fait de ce lieu un Sanctuaire sûr. » (1) [Al-ʿAnkabût, 29 : 67]
Ainsi, al-Amîn signifie al-Âmin (« sûr, paisible »), comme l’ont affirmé Al-Farrâ’ et d’autres.
Le poète a dit :
Ne sais-tu pas, ô Asm, malheur à toi, que j’ai
prêté serment de ne point trahir mon amînî ?
c’est-à-dire : mon âminî (celui qui est en sécurité).
C’est sur cette base qu’ont argumenté ceux qui soutiennent que par « le figuier » Allâh désigne Damas, et par « l’olivier » Bayt al-Maqdis. Allâh a donc juré par la montagne de Damas, parce qu’elle est le refuge de ʿÎsâ – paix sur lui –, par la montagne de Jérusalem, parce qu’elle est le lieu de station des Prophètes – paix sur eux –, et par La Mecque, car elle porte la trace d’Ibrâhîm et est la demeure de Muḥammad ﷺ.
[At-Tîn, 95 : 4-5]
« Nous avons certes créé l’homme dans la forme la plus parfaite (4),
puis Nous le ramenons au plus bas des bas (5). »
Deux questions se posent ici :
Premièrement – la parole du Très-Haut : « Nous avons certes créé l’homme… » constitue la réponse au serment.
Il entend par « l’homme » : le mécréant.
On a dit qu’il s’agit d’al-Walîd ibn al-Mughîra ;
d’autres ont avancé : Kilda ibn Usayd. Dès lors, la révélation est descendue à propos des négateurs