Son naqīḍ, c’est-à-dire son grincement.
Les maîtres de la langue disent : on emploie le verbe « anqaḍa » à propos de la charge posée sur le dos de la chamelle lorsque, sous l’excès du fardeau, on en entend le craquement ; de même, on dit : « j’ai entendu le naqīḍ de la selle », c’est-à-dire son crissement.
Jamīl a dit :
Jusqu’à ce que ses cordes, sous le grincement, gémissent dans le fracas,
et que l’ossature de sa poitrine menace de se rompre, lasse de son poids.
« Bawānī zu rihi » désigne les racines, c’est-à-dire la partie inférieure de la poitrine.
Quant au wizr, il s’agit d’une lourde charge. Al-Muḥāsibī dit : il s’agit ici du poids du wizr, si Allah ne l’avait pas effacé.
« qui a accablé ton dos » : c’est-à-dire l’a alourdi et affaibli.
Il a été dit : les péchés des Prophètes sont décrits sous ce qualificatif de pesanteur, bien qu’ils soient pardonnés, en raison de l’intense préoccupation qu’ils en éprouvent, de leurs regrets et de leurs remords.
As-Suddī a dit : « Et Nous avons déchargé de toi ton fardeau », c’est-à-dire : Nous avons retiré de toi ton poids. Dans la lecture de ʿAbd Allāh ibn Masʿūd on lit : « Et Nous avons ôté (1) de toi ta charge ».
On a également dit : Nous avons levé de toi le poids des péchés de la Jāhiliyyah. Al-Ḥusayn ibn al-Mufaḍḍal dit : il s’agit là des fautes et des oublis. D’autres ont avancé : ce sont les péchés de ta communauté, attribués à toi parce que ton cœur s’en préoccupait.
ʿAbd al-ʿAzīz ibn Yaḥyā et Abū ʿUbaydah ont dit : Nous avons allégé pour toi les lourdes charges de la prophétie et leur accomplissement, afin qu’elles ne pèsent pas sur toi.
On a encore dit : Au début, la Révélation lui pesait si lourd qu’il songea à se précipiter du sommet d’une montagne, jusqu’à ce que Jibrīl vînt à lui, se montrât à lui, et que disparût la crainte qu’il éprouvait d’une altération de l’esprit.
Et l’on a dit : Nous t’avons préservé de porter le moindre wizr ; Nous t’avons gardé, avant la prophétie, durant quarante années, de toute souillure, de sorte que la Révélation te parvint alors que tu étais purifié de toute souillure.
[Sourate ash-Sharḥ (94), verset 4]
« Et Nous avons élevé pour toi ta mention » (4).
Mujāhid a dit : c’est dans l’adhān.
À ce propos, Ḥassān ibn Thābit a chanté :
Brillant, sur lui le Sceau de prophétie resplendit, témoin divin ;
Signe d’Allah manifeste, que tout œil voit et qui le confirme sans fin.
Et le Seigneur unit le nom du Prophète au Sien avec honneur,
Lorsque, cinq fois par jour, le muezzin proclame : « J’atteste », avec ferveur.
Il est rapporté d’al-Ḍaḥḥāk, d’après Ibn ʿAbbās, qu’Il lui dit : « Je ne suis jamais mentionné sans que tu sois mentionné avec Moi dans l’adhān, l’iqāmah, le tachahhud, le jour du vendredi sur les chaires, le jour du Fiṭr, le jour de l’Aḍḥā et les jours de tachrīq… »
(1) Lecture : « wa ḥaṭaṭnā ʿanka waqrak ».