Exégèse de la sourate « Alam Nashraḥ »
La sourate « Alam Nashraḥ » est mecquoise selon l’unanimité des exégètes, et elle compte huit versets.
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Verset 1 : « N’avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine ? »
La « dilatation de la poitrine » signifie son ouverture ; autrement dit : « Ne t’avons-Nous pas ouvert la poitrine à l’islam ? »
Abû Ṣâliḥ rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Ne t’avons-Nous pas adouci le cœur ? »
Ad-Daḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs qu’on demanda : « Ô Messager d’Allah, la poitrine s’ouvre-t-elle réellement ? » – « Oui, et elle s’élargit, » répondit-il. – « Ô Messager d’Allah, y a-t-il un signe à cela ? » – « Oui : le détachement de la demeure de l’illusion, le retour vers la demeure de l’éternité et la préparation à la mort avant qu’elle ne survienne. » Ce sens a déjà été exposé dans la sourate az-Zumar(1) à propos de la parole du Très-Haut : « Celui dont Allah a ouvert la poitrine à l’islam et qui chemine ainsi sur une lumière émanant de son Seigneur… »
Al-Ḥasan rapporte : « N’avons-Nous pas ouvert pour toi ta poitrine ? » – « Elle fut remplie de sagesse et de science. »
Dans le Ṣaḥîḥ(2), Anas ibn Mâlik rapporte d’après Mâlik ibn Ṣaʿṣaʿa – un homme de sa tribu – que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Alors que je me trouvais près de la Maison, partagé entre le sommeil et l’état de veille, j’entendis une voix dire : “L’un des trois.”(3) On m’apporta une bassine en or contenant de l’eau de Zamzam ; ma poitrine fut ouverte jusqu’à tel endroit et tel endroit. » Qatâda dit : « J’ai demandé : “Que veut-il dire ?” » – « Jusqu’au bas-ventre, » répondit-il. Le Prophète poursuivit : « Mon cœur fut extrait, lavé avec l’eau de Zamzam, replacé à sa place, puis rempli de foi et de sagesse. » Le ḥadîth contient la suite du récit.
Il est également rapporté du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – qu’il a dit :
« Deux anges vinrent à moi sous la forme d’un oiseau, tenant avec eux de l’eau et de la glace ; l’un d’eux ouvrit ma poitrine et ouvrit… »