Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et l’on a dit : Il t’a trouvé démuni d’arguments et de preuves décisives, puis Il t’en a enrichi.

Et l’on a dit encore : Il t’a enrichi par les victoires qu’Il t’a accordées et par les butins qu’Il t’a fait parvenir tirés des biens des mécréants.

Al-Qushayrî remarque : Cela mérite examen, car la sūrah est mecquoise, tandis que le jihâd n’a été prescrit qu’à Médine.

La récitation commune lit ‘âʾilan (pauvre). Ibn as-Samayqaʿ a lu « ʿayyilan », avec redoublement, comme ṭayyib et hayyin.

[Sourate ad-Duḥâ (93), versets 9 à 11]
9. « Quant à l’orphelin, ne le malmène point »,
10. « quant au quémandeur, ne le repousse pas »,
11. « et quant à la grâce de ton Seigneur, proclame-la. »

Il s’y trouve quatre questions :

Première question — La parole du Très-Haut : « Quant à l’orphelin, ne le malmène point » ; c’est-à-dire : ne t’autorise pas à exercer sur lui une domination injuste ; remets-lui son droit et rappelle-toi ton propre état d’orphelin, a dit al-Akhfash.

Et l’on a dit : les deux termes (taqhar / takhar) relèvent de deux dialectes et ont le même sens. D’après Mujâhid : « ne le malmène pas » signifie : ne le méprise pas.

An-Nakhʿî et al-Ashhab al-ʿUqaylî ont récité « takhhar » avec un kāf ; il en est ainsi dans le muṣḥaf d’Ibn Masʿûd. Selon cette lecture, le verset interdit de le dominer par l’injustice et de s’emparer de son bien.

Le texte mentionne l’orphelin parce qu’il n’a d’autre protecteur qu’Allâh, exalté soit-Il ; Il a donc durci la menace en alourdissant la sanction de celui qui le lèse. Les Arabes, ajoute-t-on, alternent parfois entre le kāf et le qāf.

An-Naḥḥâs répond : c’est une erreur ; on ne dit « kahara-hu » que lorsqu’on se montre rude et dur envers quelqu’un.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, au sujet de Muʿâwiya ibn al-Ḥakam as-Sulamî qui parla pendant la prière pour rendre le salâm, il est rapporté : « Que mon père et ma mère lui soient sacrifiés ! Je n’ai jamais vu un maître, avant lui ni après lui, meilleur que lui dans son enseignement — il s’agit du Messager d’Allâh, paix et bénédictions d’Allâh sur lui — ; par Allâh, il ne m’a ni rudoyé, ni frappé, ni insulté… » (fin du ḥadîth).

Et l’on a dit : al-qahr désigne la domination, tandis que al-kahr signifie la réprimande.

Deuxième question — Le verset indique la nécessité de la douceur envers l’orphelin, de la bienfaisance et de la bonté à son égard. Ainsi Qatâdah a-t-il dit : « Sois pour l’orphelin tel un père miséricordieux. »

Il est rapporté d’après Abû Hurayrah qu’un homme se plaignit au Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — de la dureté de son cœur. Il lui dit : « Si tu veux qu’il s’attendrisse, caresse la tête de l’orphelin et nourris le pauvre. »

Et, dans le Ṣaḥîḥ, Abû Hurayrah rapporte encore que le Messager d’Allâh — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — a dit : « Moi et le garant de l’orphelin, qu’il soit de ses proches ou d’autrui, serons au Paradis comme ces deux-là », — il joignit l’index et le majeur.

وَقِيلَ: وَجَدَكَ فَقِيرًا مِنَ الْحُجَجِ وَالْبَرَاهِينِ، فَأَغْنَاكَ بِهَا. وَقِيلَ: أَغْنَاكَ بِمَا فَتَحَ لَكَ مِنَ الْفُتُوحِ، وَأَفَاءَهُ عَلَيْكَ مِنْ أَمْوَالِ الْكُفَّارِ. الْقُشَيْرِيُّ: وَفِي هَذَا نَظَرٌ، لِأَنَّ السُّورَةَ مَكِّيَّةٌ، وَإِنَّمَا فُرِضَ الْجِهَادُ بِالْمَدِينَةِ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ عائِلًا. وَقَرَأَ ابْنُ السَّمَيْقَعِ " عَيِّلًا" بِالتَّشْدِيدِ، مِثْلِ طَيِّبٍ وَهَيِّنٍ. [سورة الضحى (٩٣) : الآيات ٩ الى ١١] فَأَمَّا الْيَتِيمَ فَلا تَقْهَرْ (٩) وَأَمَّا السَّائِلَ فَلا تَنْهَرْ (١٠) وَأَمَّا بِنِعْمَةِ رَبِّكَ فَحَدِّثْ (١١) فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَأَمَّا الْيَتِيمَ فَلا تَقْهَرْ) أَيْ لَا تُسَلَّطْ «١» عَلَيْهِ بِالظُّلْمِ، ادْفَعْ إليه حقه، واذكر يتمك، قاله الْأَخْفَشُ. وَقِيلَ: هُمَا لُغَتَانِ: بِمَعْنًى. وَعَنْ مُجَاهِدٍ فَلا تَقْهَرْ فَلَا تَحْتَقِرُ. وَقَرَأَ النَّخَعِيُّ وَالْأَشْهَبُ الْعُقَيْلِيُّ " تَكْهَرْ" بِالْكَافِ، وَكَذَا هُوَ فِي مُصْحَفِ ابْنِ مَسْعُودٍ. فَعَلَى هَذَا يَحْتَمِلُ أَنْ يَكُونَ نَهْيًا عَنْ قَهْرِهِ، بِظُلْمِهِ وَأَخْذِ مَالِهِ. وَخَصَّ الْيَتِيمَ لِأَنَّهُ لَا نَاصِرَ لَهُ غَيْرُ اللَّهِ تَعَالَى، فَغَلَّظَ فِي أَمْرِهِ، بِتَغْلِيظِ الْعُقُوبَةِ عَلَى ظَالِمِهِ. وَالْعَرَبُ تُعَاقِبُ بَيْنَ الْكَافِ وَالْقَافِ. النَّحَّاسُ: وَهَذَا غَلَطٌ، إِنَّمَا يُقَالُ كَهَرَهُ: إِذَا اشْتَدَّ عَلَيْهِ وَغَلُظَ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ مِنْ حَدِيثِ مُعَاوِيَةَ بْنِ الْحَكَمِ السُّلَمِيِّ، حِينَ تَكَلَّمَ فِي الصَّلَاةِ بِرَدِّ السَّلَامِ، قَالَ: فَبِأَبِي هُوَ وَأُمِّي! مَا رَأَيْتُ مُعَلِّمًا قَبْلَهُ وَلَا بَعْدَهُ أَحْسَنَ تَعْلِيمًا مِنْهُ- يَعْنِي رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ- فَوَاللَّهِ مَا كَهَرَنِي، وَلَا ضَرَبَنِي، وَلَا شَتَمَنِي ... الْحَدِيثَ. وَقِيلَ: الْقَهْرُ الْغَلَبَةُ. وَالْكَهْرُ: الزَّجْرُ. الثَّانِيَةُ- وَدَلَّتِ الْآيَةُ عَلَى اللُّطْفِ بِالْيَتِيمِ، وَبِرِّهِ وَالْإِحْسَانِ إِلَيْهِ، حَتَّى قَالَ قَتَادَةُ: كُنْ لِلْيَتِيمِ كَالْأَبِ الرَّحِيمِ. وَرُوِيَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ رَجُلًا شَكَا إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَسْوَةَ قَلْبِهِ، فَقَالَ: (إِنْ أَرَدْتُ أَنْ يَلِينَ، فَامْسَحْ رَأْسَ الْيَتِيمِ، وَأَطْعِمِ الْمِسْكِينَ) . وَفِي الصَّحِيحِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ: أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: (أَنَا وكافل اليتيم له أو لغيره كهاتين) .
(١). في بعض نسخ الأصل: (لا تسطو).

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