À Son Prophète Muḥammad — paix et bénédictions d’Allâh sur lui :
« Et Il t’a trouvé égaré » ; c’est-à-dire qu’aucun être n’était sur ta religion et que tu étais seul, sans compagnon. J’ai alors, par ton intermédiaire, guidé les créatures vers Moi.
Je dis : Tous ces propos sont louables ; certains relèvent du sens spirituel, d’autres du sens sensible. La dernière explication a ma préférence, car elle réunit toutes les interprétations d’ordre spirituel.
Un groupe a dit : Il se conformait globalement à ce sur quoi son peuple se trouvait, ne leur manifestant extérieurement aucune divergence. Quant au polythéisme, on ne saurait le soupçonner de s’y être adonné ; il observait seulement, en apparence, les usages de son peuple pendant quarante ans.
Al-Kalbī et as-Suddī ont dit : c’est à prendre littéralement : Il t’a trouvé mécréant, comme l’étaient les tiens, puis Il t’a guidé(1). Cette opinion, ainsi que la réfutation qui lui a été opposée, ont déjà été mentionnées dans la sourate « ach-Chûrâ »(2).
Et l’on a dit encore : Il t’a trouvé submergé par les gens du polythéisme, puis Il t’a distingué d’eux.
On dit : « l’eau s’est perdue (ḍalla) dans le lait » ; et, de même, dans Sa parole : « lorsque nous serons égarés dans la terre »(3) [as-Sajda, 10], c’est-à-dire lorsque, ensevelis, nous serons mêlés à la poussière au point de ne plus nous distinguer d’elle.
Dans la lecture de al-Ḥasan : « wa wajadaka ḍallun fa-hadâ », c’est-à-dire : « Il trouva l’égaré et il fut guidé grâce à toi » ; il s’agit d’une lecture interprétative.
Et l’on a dit aussi : « Il t’a trouvé égaré » signifie que ton peuple ne savait pas se diriger vers toi ni reconnaître ton rang ; Allâh guida alors les musulmans vers toi jusqu’à ce qu’ils croient en toi.
[ad-Duḥâ (93), v. 8] « Et Il t’a trouvé dans le besoin et Il t’a enrichi » : c’est-à-dire pauvre, sans bien. « Il t’a enrichi » : Il t’a enrichi par [le mariage avec] Khadījah — qu’Allâh l’agrée.
On dit : « ‘âla ar-rajulu ya‘īlu ‘aylah » lorsqu’un homme tombe dans la pauvreté.
Uhaysha b. al-Julāḥ a dit :
« Le pauvre ne sait quand viendra sa richesse,
et le riche ne sait quand il tombera dans le besoin »,
c’est-à-dire quand il deviendra pauvre.
Muqātil a dit : Il t’a satisfait de la subsistance qu’Il t’a accordée.
Al-Kalbī a dit : Il t’a fait te contenter de ta provision.
Ibn ʿAtāʾ a dit : Il t’a trouvé pauvre d’âme, Il a enrichi ton cœur.
Al-Akhfash a dit : Il t’a trouvé chargé de famille, ce que prouve Sa parole : « Il t’a enrichi ».
De là le vers de Jarīr :
« Allâh a révélé dans le Livre une obligation…
pour le voyageur et pour le pauvre dans le besoin. »