Et Jarîr a dit :
« Ce jour-là, lorsque nous reprîmes la route, nous t’avons cerné de nos regards voilés, (A)
qui, derrière les tentures, te scrutaient, paisibles, immobiles, voilés. (A)
Al-Ḍaḥḥâk a dit : « sajâ : il a recouvert toute chose. »
Al-Aṣmaʿî a dit : « Le “sajw” de la nuit, c’est qu’elle couvre le jour, de même qu’on couvre un homme d’un vêtement. »
Al-Ḥasan a dit : « Elle enveloppe (toute chose) de son obscurité » ; Ibn ʿAbbâs a tenu la même explication.
De lui également : « lorsqu’elle s’en va » ; et, toujours de lui : « lorsqu’elle s’épaissit ».
Saʿîd b. Jubayr a dit : « lorsqu’elle arrive » – et cela est aussi rapporté de Qatâdah.
Ibn Abî Najîḥ rapporte de Mujâhid : « sajâ : il s’est nivelé. »
L’opinion la plus connue dans la langue est la première : « sajâ » signifie « il s’est apaisé », c’est-à-dire que les gens s’y sont tenus tranquilles,
comme on dit : « un jour jeûneur » et « une nuit en prière ».
On a également dit : son apaisement réside dans la stabilité et l’uniformité de son obscurité.
On a dit encore :
« Par le plein éclat du jour, et par la nuit lorsqu’elle se fait silencieuse » : Il vise Ses serviteurs qui L’adorent à l’heure du ḍuḥâ, et Ses serviteurs qui L’adorent la nuit lorsqu’elle s’assombrit.
On a aussi dit : le ḍuḥâ désigne la lumière du Paradis lorsqu’il s’illumine ;
« la nuit lorsqu’elle se fait silencieuse » : l’obscurité de la nuit lorsqu’elle devient dense.
Il est encore dit : le ḍuḥâ, c’est la lumière qui se trouve dans les cœurs des connaissants, semblable au jour ;
« la nuit lorsqu’elle se fait silencieuse », c’est la noirceur qui se trouve dans les cœurs des mécréants, semblable à la nuit. Allah – Puissant et Majestueux – a donc juré par ces choses.
« Ton Seigneur ne t’a ni abandonné ni détesté » :
voilà la réponse au serment.
Jibrîl – paix sur lui – avait tardé à venir au Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – ;
les polythéistes dirent alors : « Allah l’a délaissé et abhorré », et ce verset fut révélé.
Ibn Jurayj a dit : la Révélation fut suspendue durant douze jours.
Ibn ʿAbbâs a dit : quinze jours.
D’autres ont dit : vingt-cinq jours.
Muqâtil a dit : quarante jours.
Les polythéistes déclarèrent : « Muhammad, son Seigneur l’a abandonné et détesté ; si son affaire provenait d’Allah, Il l’aurait assisté sans interruption, comme Il l’a fait pour les prophètes qui l’ont précédé. »
Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî, d’après Jundub b. Sufyân, il est rapporté :
« Le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – fut souffrant et ne se leva pas pour prier deux ou trois nuits. Une femme¹ vint alors et dit : “Ô Muhammad, j’espère que ton démon t’a quitté, car je ne l’ai pas vu s’approcher de toi depuis deux ou trois nuits.” Alors Allah – Glorieux et Majestueux – révéla : “Par le plein éclat du jour, et par la nuit lorsqu’elle se fait silencieuse. Ton Seigneur ne t’a ni abandonné ni détesté.” »
Et, dans le recueil de at-Tirmidhî, d’après Jundub al-Bajalî, il est rapporté :
« J’étais avec le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dans une grotte, et son doigt se mit à saigner.
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – dit alors :
“ N’es-tu donc qu’un doigt qui as saigné, … ” »