Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il (Bilâl) répondit : « Alors laisse-moi avec l’œuvre d’Allah. » Abû Bakr le libéra aussitôt.

‘Umar b. al-Khattâb – qu’Allah l’agrée – avait coutume de dire : « Abû Bakr est notre maître et il a affranchi notre maître » – entendant par là Bilâl – qu’Allah l’agrée.

‘Atâ’ – rapportant d’Ibn ‘Abbâs – a déclaré : la sourate fut révélée au sujet d’Abû ad-Dahdâh, à propos du palmier qu’il acheta en contrepartie d’un verger qui lui appartenait, ainsi qu’il est rapporté par ath-Tha‘labî d’après ‘Atâ’.

Al-Qushayrî rapporte d’Ibn ‘Abbâs qu’il en fit l’acquisition contre quarante palmiers, sans nommer l’homme concerné.

‘Atâ’ dit encore : Un homme des Anṣâr possédait un palmier dont les dattes tombaient dans la cour de son voisin ; les enfants de celui-ci les ramassaient. Le propriétaire s’en plaignit au Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, lequel lui proposa : « Le vendras-tu contre un palmier au Paradis ? » Il refusa.

Il sortit ; Abû ad-Dahdâh le rencontra et lui dit : « Accepterais-tu de me le vendre contre al-Ḥusnâ » – c’est-à-dire contre un de ses vergers. Il répondit : « Il est à toi. »

Abû ad-Dahdâh se rendit alors auprès du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et dit : « Ô Messager d’Allah, achète-le de moi contre un palmier au Paradis. » Il répondit : « Oui, par Celui qui tient mon âme dans Sa main. » Abû ad-Dahdâh reprit : « Il est pour toi, ô Messager d’Allah. » Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – fit venir le voisin de l’Anṣârî et lui dit : « Prends-le. »

C’est alors que furent révélés : « Par la nuit quand elle couvre… » (al-Layl, 1) jusqu’à la fin de la sourate, à propos du verger d’Abû ad-Dahdâh et du propriétaire du palmier.

« Quant à celui qui donne et craint [Allah] » désigne Abû ad-Dahdâh ; « et qui croit en al-Ḥusnâ », c’est-à-dire en la récompense. « Nous lui faciliterons la voie vers la facilité » : le Paradis. « Mais quant à celui qui est avare et se croit suffisant » vise l’Anṣârî ; « et qui traite de mensonge al-Ḥusnâ », c’est-à-dire la récompense ; « Nous lui faciliterons la voie vers la difficulté » : la Géhenne. « Et sa richesse ne lui sera d’aucune utilité lorsqu’il périra », c’est-à-dire lorsqu’il mourra.

Jusqu’à Sa parole : « N’y brûlera que le plus misérable… » Il s’agit ici d’un homme des Khazraj, hypocrite, qui mourut dans son hypocrisie. « Et en sera écarté le plus pieux » – Abû ad-Dahdâh – « qui dépense son bien pour se purifier » en paiement de ce palmier. « Personne n’a auprès de lui un bienfait qui doive être récompensé » : c’est toujours Abû ad-Dahdâh ; « et assurément il sera satisfait » lorsque Allah le fera entrer au Paradis.

Néanmoins, la majorité des exégètes soutient que la sourate fut révélée au sujet d’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée ; cela a été rapporté de Ibn Mas‘ûd, Ibn ‘Abbâs, ‘Abdullâh b. az-Zubayr et d’autres. Nous avons déjà mentionné un autre récit concernant Abû ad-Dahdâh dans la sourate « al-Baqarah », à la parole d’Allah : « Qui donc prêtera à Allah un prêt excellent » (2 : 245). Allah – Très-Haut – sait parfaitement.

قَالَ: فَذَرْنِي وَعَمَلَ اللَّهِ، فَأَعْتَقَهُ. وَكَانَ عُمَرُ بْنُ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يَقُولُ: أَبُو بَكْرٍ سَيِّدُنَا وَأَعْتَقَ سَيِّدَنَا (يَعْنِي بِلَالًا رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ) . وَقَالَ عَطَاءٌ- وَرَوَى عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ-: إِنَّ السُّورَةَ نَزَلَتْ فِي أَبِي الدَّحْدَاحِ، فِي النَّخْلَةِ الَّتِي اشْتَرَاهَا بِحَائِطٍ لَهُ، فِيمَا ذَكَرَ الثَّعْلَبِيُّ عَنْ عَطَاءٍ. وَقَالَ الْقُشَيْرِيُّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: بِأَرْبَعِينَ نَخْلَةً، وَلَمْ يُسَمِّ الرَّجُلَ. قَالَ عَطَاءٌ: كَانَ لِرَجُلٍ مِنْ الْأَنْصَارِ نَخْلَةٌ، يَسْقُطُ مِنْ بَلَحِهَا فِي دَارِ جَارٍ لَهُ، فيتناول صِبْيَانُهُ، فَشَكَا ذَلِكَ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. [تَبِيعُهَا بِنَخْلَةٍ فِي الْجَنَّةِ [؟ فَأَبَى، فَخَرَجَ فَلَقِيَهُ أَبُو الدَّحْدَاحِ فَقَالَ: هَلْ لَكَ أَنْ تَبِيعَنِيهَا بِ (حُسْنَى) : حَائِطٍ لَهُ. فَقَالَ: هِيَ لَكَ. فَأَتَى أَبُو الدَّحْدَاحِ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، اشْتَرِهَا مِنِّي بِنَخْلَةٍ فِي الْجَنَّةِ. قَالَ: [نَعَمْ، وَالَّذِي نَفْسِي بِيَدِهِ [فَقَالَ: هِيَ لَكَ يَا رَسُولَ اللَّهِ، فَدَعَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَارَ الْأَنْصَارِيِّ، فَقَالَ: [خُذْهَا [فَنَزَلَتْ وَاللَّيْلِ إِذا يَغْشى [الليل: ١] إِلَى آخِرِ السُّورَةِ فِي بُسْتَانِ أَبِي الدَّحْدَاحِ وَصَاحِبِ النَّخْلَةِ. فَأَمَّا مَنْ أَعْطى وَاتَّقى يَعْنِي أَبَا الدَّحْدَاحِ. وَصَدَّقَ بِالْحُسْنى أَيْ بِالثَّوَابِ. فَسَنُيَسِّرُهُ لِلْيُسْرى: يَعْنِي الْجَنَّةَ. وَأَمَّا مَنْ بَخِلَ وَاسْتَغْنى يَعْنِي الْأَنْصَارِيَّ. وَكَذَّبَ بِالْحُسْنى أَيْ بِالثَّوَابِ. فَسَنُيَسِّرُهُ لِلْعُسْرى، يَعْنِي جَهَنَّمَ. وَما يُغْنِي عَنْهُ مالُهُ إِذا تَرَدَّى أَيْ مَاتَ. إِلَى قَوْلِهِ: لَا يَصْلاها إِلَّا الْأَشْقَى يَعْنِي بِذَلِكَ الْخَزْرَجِيَّ، وَكَانَ مُنَافِقًا، فَمَاتَ عَلَى نِفَاقِهِ. وَسَيُجَنَّبُهَا الْأَتْقَى يَعْنِي أَبَا الدَّحْدَاحِ. الَّذِي يُؤْتِي مالَهُ يَتَزَكَّى فِي ثَمَنِ تِلْكَ النَّخْلَةِ. مَا لِأَحَدٍ عِنْدَهُ مِنْ نِعْمَةٍ تُجْزى يُكَافِئُهُ عَلَيْهَا، يَعْنِي أَبَا الدَّحْدَاحِ. وَلَسَوْفَ يَرْضى إِذَا أَدْخَلَهُ اللَّهُ الْجَنَّةَ. وَالْأَكْثَرُ أَنَّ السُّورَةَ نَزَلَتْ فِي أَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ وَعَبْدِ اللَّهِ بْنِ الزُّبَيْرِ وَغَيْرِهِمْ. وَقَدْ ذَكَرْنَا خَبَرًا آخَرَ لِأَبِي الدَّحْدَاحِ فِي سُورَةِ " الْبَقَرَةِ" ، عِنْدَ قَوْلِهِ: مَنْ ذَا الَّذِي يُقْرِضُ اللَّهَ قَرْضاً حَسَناً «١» [البقرة: ٢٤٥] . والله تعالى أعلم.
(١). راجع ج ٣ ص ٢٣٧.

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