que pour lui. Certains ont dit : « le plus pieux », qu’Il a rendu exclusivement promis au Paradis, comme si celui-ci n’avait été créé que pour lui. D’autres ont avancé qu’il s’agit d’Abû Jahl ou d’Umayya b. Khalaf d’un côté, et d’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – de l’autre.
Sourate al-Layl (92), versets 17-18
« Et en sera écarté le plus pieux (17), celui qui donne sa richesse pour se purifier (18). »
Parole du Très-Haut :
« (Sera écarté) » : c’est-à-dire qu’il sera tenu loin d’elle.
« (Le plus pieux) » : le pieux, celui qui craint (Allah).
Ibn ‘Abbâs a dit : « Il s’agit d’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée –, qui sera maintenu à l’écart de l’entrée en Enfer. »
Puis Il a décrit le plus pieux en ces termes : « celui qui dépense sa richesse pour se purifier », c’est-à-dire qu’il recherche, auprès d’Allah, d’être déclaré pur ; il n’en attend ni ostentation ni renommée, mais fait l’aumône en quête du Visage d’Allah, Très-Haut.
Quelques spécialistes de l’exégèse ont dit : Il a voulu, par les vocables « le plus pieux » et « le plus misérable », signifier simplement « le pieux » et « le misérable », à l’instar du vers de Ṭarafa :
« Des hommes ont souhaité ma mort ; or, quand bien même je mourrais,
ce sentier n’est pas celui où je serais le seul. »
C’est-à-dire l’unique, le seul. La forme « af‘al » y tient la place de « fa‘îl », comme dans leur parole : « Allâhu akbar » au sens de « kabîr », et dans : « wa huwa ahwanu ‘alayhi »[1] (ar-Rûm, 27) au sens de « hayyin ».
Sourate al-Layl (92), versets 19-21
« Et nul ne trouve auprès de lui aucune faveur à récompenser (19), sinon la recherche du Visage de son Seigneur, le Très-Haut (20) ; et certes, Il le satisfera bientôt (21). »
Parole du Très-Haut :
« Et nul ne trouve auprès de lui aucune faveur à récompenser » : autrement dit, il ne fait l’aumône ni pour que lui soit rendue une faveur, ni pour une contrepartie ; il ne recherche que le Visage de son Seigneur, le Très-Haut, c’est-à-dire le Très-Élevé. – « Et certes, Il le satisfera bientôt » : par la récompense.
‘Atâ’ et ad-Ḍaḥḥâk rapportent d’après Ibn ‘Abbâs :
Les polythéistes torturèrent Bilâl, tandis que Bilâl répétait : « Unique ! Unique ! »
Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – passa près de lui et dit : « L’Unique – c’est-à-dire Allah, Très-Haut – te délivrera. » Puis il dit à Abû Bakr : « Ô Abû Bakr, Bilâl est torturé pour la cause d’Allah. » Abû Bakr comprit ce que désirait le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui ; il se rendit chez lui, prit un mitqal d’or, alla trouver Umayya b. Khalaf et lui dit : « Me vendras-tu Bilâl ? » – « Oui », répondit-il. Il l’acheta donc et l’affranchit.
Les polythéistes dirent alors : « Abû Bakr ne l’a affranchi qu’en raison d’un service que Bilâl lui avait rendu. » C’est alors que fut révélé : « Et nul ne trouve auprès de lui », c’est-à-dire auprès d’Abû Bakr, « de faveur », c’est-à-dire de bienfait ni de largesse, « à récompenser », mais…
[1] « Et cela Lui est plus facile » (ar-Rûm, 27), c’est-à-dire : facile.