Son sens est celui du blâme : « Que pourra donc lui servir [son bien] lorsqu’il aura péri et sera précipité en Géhenne ? » Autrement dit, il Nous incombe d’exposer la voie de la juste guidée et de la distinguer du chemin de l’égarement.
S’agissant de « al-hudâ » (la guidée), az-Zajjâj explique qu’il s’agit de l’exposition des prescriptions. Qatâdah précise : il appartient à Allâh d’en faire la démonstration : licite et illicite, obéissance et désobéissance.
Al-Farrâʾ dit : « Quiconque emprunte la guidée, Allâh prend en charge son chemin », conformément à Sa parole : « À Allâh incombe de montrer la voie droite » (an-Naḥl, 9) ; c’est-à-dire : celui qui recherche Allâh se trouve sur la voie droite et sans détour.
On a également dit : le verset signifie : « Il Nous appartient de guider et d’égarer » ; l’égarement n’est pas mentionné, comme dans : « Le bien est entre Tes mains » (Âl ʿImrân, 26) ou : « Entre Ses mains est la souveraineté absolue de toute chose » (Yâ-Sîn, 83). De même : « Des tuniques qui vous protègent de la chaleur » (an-Naḥl, 81), bien qu’elles protègent aussi du froid ; remarque rapportée également d’al-Farrâʾ.
D’autres ont dit : il s’agit pour Nous de décerner la récompense de la guidée à laquelle Nous l’avons guidé.
« Et certes, à Nous appartiennent la vie dernière et la première » : la « dernière » désigne le Paradis, la « première » le bas-monde, ainsi qu’Ibn ʿAbbâs — via ʿAṭâʾ — l’a rapporté ; en somme, la vie d’ici-bas comme celle de l’au-delà appartiennent à Allâh, Très-Haut.
Abû Ṣâliḥ rapporte d’Ibn ʿAbbâs qu’il s’agit de « la rétribution d’ici-bas et celle de l’au-delà », semblable à la parole divine : « Quiconque désire la récompense d’ici-bas, c’est auprès d’Allâh qu’est la récompense d’ici-bas et de l’au-delà » (an-Nisâʾ, 134). Celui qui cherche ces deux récompenses auprès d’autre que leur Possesseur s’est fourvoyé.
Sourate al-Layl (92), versets 14 à 16 :
« Je vous ai donc avertis d’un Feu ardent (14)
Nul ne s’y brûlera sinon le plus misérable (15)
Celui qui a traité de mensonge et s’est détourné (16). »
Parole du Très-Haut :
– « Je vous ai donc avertis » : c’est-à-dire Je vous ai mis en garde et effrayés.
– « d’un Feu ardent » : un Feu qui s’enflamme et s’embrase. À l’origine, on lit « tatallazzâ » ; telle est la lecture de ʿUbayd b. ʿUmayr, Yahyâ b. Yaʿmar et Ṭalḥah b. Muṣarrif.
– « Nul ne s’y brûlera » : nul n’en subira la fournaise, c’est-à-dire sa chaleur dévorante,
– « sinon le plus misérable » : le damné qui a démenti le Prophète d’Allâh, Muḥammad — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — et s’est détourné, c’est-à-dire a refusé la foi.
Makḥûl rapporte d’Abû Hurayrah : « Tous entreront au Paradis, sauf celui qui refuse. » On lui demanda : « Ô Abû Hurayrah, qui donc refuserait d’entrer au Paradis ? » Il répondit : « Celui qui a traité de mensonge et s’est détourné. »
Mâlik a dit : « ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzîz dirigea pour nous la prière du Maghrib et récita : “Par la nuit quand elle enveloppe…” »