Œuvrez donc, car tout homme se voit facilité (vers ce pour quoi il a été créé) ; ainsi, celui qui appartient aux gens du bonheur se verra faciliter les œuvres du bonheur, tandis que celui qui appartient aux gens du malheur se verra faciliter les œuvres du malheur. Puis il récita :
« Quant à celui qui donne, se prémunit et atteste de la plus belle promesse, Nous lui faciliterons la voie vers l’aisance. Mais celui qui est avare, se croit dispensé (de Son Seigneur) et traite de mensonge la plus belle promesse, Nous lui faciliterons la voie vers la difficulté. » — Version d’at-Tirmidhî.
Et il déclara à ce sujet : « Ḥadith hasan ṣaḥîḥ. »
Deux jeunes garçons interrogèrent alors le Messager d’Allâh — paix et salut sur lui — et dirent : « Notre action est-elle affaire dont les plumes ont déjà séché et les décrets sont arrêtés, ou bien quelque chose qui reste à inaugurer ? » Il répondit — paix sur lui : « Au contraire, [tout est] dans ce à propos de quoi les plumes ont séché et les destins ont été scellés. » Ils dirent : « À quoi bon l’action alors ? » Il dit : « Œuvrez, car chacun est facilité pour l’œuvre pour laquelle il a été créé. » Ils dirent : « Dès maintenant, nous redoublerons d’efforts et nous agirons. »
Troisièmement — la parole du Très-Haut :
« Quant à celui qui est avare et se dispense [de son Seigneur] »
C’est-à-dire : il se montre avare de ce qu’il possède et ne prodigue aucun bien. Son explication et ses conséquences en ce monde ont déjà été exposées dans la sûrah Âl-ʿImrân(1). Dans l’au-delà, son aboutissement sera le Feu, comme l’indique ce verset.
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’après Ibn ʿAbbâs, au sujet de : « Nous lui faciliterons la voie vers la difficulté » : « Je placerai un obstacle entre lui et la foi en Allâh et en Son Messager. » Et, toujours de lui, Ibn ʿAbbâs dit : « Ce verset fut révélé à propos d’Umayya ibn Khalaf. » ʿIkrima rapporte d’Ibn ʿAbbâs : « Quant à celui qui est avare et se dispense… » — c’est-à-dire : il est avare de sa richesse et pense pouvoir se passer de son Seigneur.
« Et traite de mensonge la plus belle [promesse] » — c’est-à-dire la compensation. Ibn Abî Najîḥ rapporte de Mujâhid : « … et traite de mensonge la plus belle [promesse] » ; il dit : « [il dément] le Paradis. » Et, par une autre chaîne, il dit : « La plus belle [promesse] désigne : “Lâ ilâha illâ Allâh”. »
« Nous lui faciliterons » : Nous aplanirons sa voie… « vers la difficulté », c’est-à-dire vers le mal ; selon Ibn Masʿûd : vers le Feu. Il a également été dit : « Nous lui compliquerons les causes du bien et de la droiture jusqu’à ce qu’il lui soit ardu de les accomplir. »
Il a déjà été rapporté que l’ange proclame matin et soir : « Ô Allâh, accorde à celui qui dépense une compensation, et cause perte à celui qui retient. » Rapporté par Abû d-Dardâʾ.
Question. — Les savants ont dit : Il est établi, par ce verset et par Sa parole : « … et ils dépensent de ce que Nous leur avons accordé »(2) [al-Baqarah : 3], ainsi que par Sa parole : « Ceux qui dépensent leurs biens, de nuit et de jour, secrètement et publiquement »(3) [al-Baqarah : 274], et par d’autres versets encore, que la générosité compte parmi les plus nobles caractères, tandis que l’avarice figure parmi les plus vils. N’est pas généreux celui qui donne là où le don n’est pas de mise, pas plus que n’est avare celui qui s’abstient lorsque l’abstention est requise ; mais le généreux est celui qui donne là où le don est approprié, et l’avare