et si Abû Bakr, ‘Umar, ‘Uthmân, ‘Alî et l’ensemble des Compagnons – qu’Allâh les agrée – étaient en désaccord avec lui, la règle eût été d’agir selon le hadith rapporté par la communauté et de rejeter ce qu’avance l’unique narrateur isolé, plus prompt à l’oubli que ne le sont le groupe et, d’une manière générale, tous les membres de la Umma.
Quant au sens de l’expression « le mâle et la femelle », deux avis sont rapportés.
Le premier : il s’agit d’Âdam et de Hawwâ’ ; tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs, d’al-Ḥasan et d’al-Kalbî.
Le second : elle désigne l’ensemble des mâles et des femelles, qu’ils soient humains ou animaux, car Allâh – Très-haut soit-Il – a créé chacun d’eux à partir d’un mâle et d’une femelle de son espèce.
Il a également été dit : tout mâle et toute femelle parmi les humains, à l’exclusion des bêtes, ceux-ci étant spécialement honorés par la walâya d’Allâh et l’obéissance qu’ils Lui rendent.
« En vérité, vos efforts sont divers »
— telle est la réponse au serment. Autrement dit : vos œuvres sont multiples.
ʿIkrimah et la plupart des exégètes ont dit : « l’effort » (as-saʿy) signifie l’action : l’un s’évertue à délivrer son âme, l’autre s’emploie à la faire périr. Cette idée est appuyée par la parole du Prophète – paix et salut sur lui :
« Les hommes se lèvent le matin et partent ; l’un met son âme en vente et la libère, l’autre la brade et la fait périr. » (1)
Le mot shattâ est le pluriel de shattît, comme marîḍ / marḍâ. On qualifie de « shattâ » ce qui est disparate en raison de l’éloignement entre ses éléments ; ainsi, vos œuvres sont très éloignées les unes des autres : certaines relèvent de l’égarement, d’autres de la guidée ; parmi vous, il y a le croyant pieux, le mécréant pervers, l’obéissant et le désobéissant.
On a dit encore : « divers » signifie « aux récompenses différentes » : les uns seront récompensés par le Paradis, d’autres châtiés par le Feu.
D’autres enfin ont vu là une allusion à la diversité des caractères : il est parmi vous miséricordieux et dur, doux et emporté, généreux et avare, et ainsi de suite.
[Coran, s. La Nuit (92), v. 5-10]
5 « Quant à celui qui donne et craint [Allâh],
6 et qui confirme la plus belle promesse,
7 Nous lui faciliterons la voie vers l’aisance.
8 Mais celui qui se montre avare, se croit dispensé,
9 et traite de mensonge la plus belle promesse,
10 Nous lui faciliterons la voie vers la difficulté. »
Ces versets contiennent quatre questions.
Première question – Sa parole : « Quant à celui qui donne et craint ». Ibn Masʿûd – qu’Allâh l’agrée – a dit : « Il s’agit d’Abû Bakr. » C’est aussi l’avis de la majorité des exégètes.
Il est rapporté de ʿÂmir ibn ʿAbd Allâh ibn az-Zubayr : « Abû Bakr affranchissait, pour l’amour de l’Islam, des vieilles femmes et des esclaves de sexe féminin. » Son père, Quḥâfah, lui dit alors : « Ô mon fils ! Si seulement tu…»