le mâle et la femelle ; ainsi, Il aura juré par Sa propre Essence – glorifié et exalté soit-Il.
On a également dit : le sens est « et par la création du mâle et de la femelle ». Dans ce cas, (fa-mâ) est une particule infinitive, comme indiqué plus haut. Les habitants de La Mecque, lorsqu’ils entendent le tonnerre, disent : « Gloire à Celui que tu glorifies ! » Ici, le terme (mâ) a la valeur de (man) ; tel est l’avis d’Abû ʿUbaydah et d’autres, déjà rappelé.
D’autres ont soutenu que l’expression signifie : « et par ce qu’Il a créé de mâles et de femelles », la préposition min y étant sous-entendue. Le serment porterait alors sur Ses serviteurs obéissants – Ses prophètes et Ses alliés (awliyâ’) – et le fait qu’Il jure par eux serait, pour eux, un honneur et une distinction.
Abû ʿUbaydah a dit : (wa-mâ khalaqa) signifie (man khalaqa) : « Celui qui a créé ». Il en est de même dans Ses paroles : « Par le ciel et Celui qui l’a édifié » (ash-Shams, 5) et « par l’âme et Celui qui l’a harmonisée » (ash-Shams, 7) ; dans ces versets également, mâ équivaut à man.
Il est rapporté d’Ibn Masʿûd qu’il récitait : « Par le jour quand il se manifeste, par le mâle et la femelle », omettant la clause « et par Celui qui les a créés ».
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, on lit, d’après ʿAlqamah : « Nous arrivâmes en Syrie ; Abû d-Dardâ’ vint à nous et dit : “Y a-t-il parmi vous quelqu’un qui me récite la lecture dʿAbd Allâh ?” Je répondis : “Oui, moi.” Il demanda : “Comment as-tu entendu ʿAbd Allâh réciter ce verset : wa-l-layli idhâ yaghshâ ?” Je répondis : “Je l’ai entendu réciter : wa-l-layli idhâ yaghshâ, wa-dh-dhakari wal-unthâ.” Il dit : “Par Allâh ! C’est ainsi que j’ai entendu le Messager d’Allâh – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – le réciter ; mais ceux-ci veulent que je lise wa-mâ khalaqa, je ne les suivrai donc pas.” »(1)
Abû Bakr al-Anbârî rapporte : « Muḥammad ibn Yaḥyâ al-Marwazî nous a narré – Muḥammad nous a narré – Abû Aḥmad az-Zubayrî nous a narré – Isrâ’îl, d’après Abû Isḥâq, d’après ʿAbd ar-Raḥmân ibn Yazîd, d’après ʿAbd Allâh, a dit : “Le Messager d’Allâh – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – m’a fait apprendre : innî ana ar-Râziqu dhû l-Quwwati l-Matîn.” »
Abû Bakr [al-Anbârî] poursuit : « Chacun de ces deux ḥadîths est rejeté, car il contredit le consensus. En effet, Ḥamzah et ʿÂṣim rapportent dʿAbd Allâh ibn Masʿûd la lecture sur laquelle s’accorde l’ensemble des musulmans. Il est donc préférable de s’appuyer sur deux chaînes conformes au consensus que d’adopter une seule chaîne qui le contredit, ainsi que la communauté. Lorsqu’une transmission isolée est contredite par celle d’un groupe, on retient le rapport du groupe et l’on écarte la transmission solitaire, en raison de la possibilité d’erreur ou d’inadvertance de son narrateur. Et même si le ḥadîth d’Abû d-Dardâ’ était authentique, avec une chaîne reconnue et recevable, si ensuite Abû Bakr, ʿUmar, ʿUthmân et ʿAlî… »