« Par le jour lorsqu’il la dévoile » (verset 3), c’est-à-dire lorsqu’il l’expose.
Certains ont dit : il dissipe l’obscurité, même si celle-ci n’est pas mentionnée. De même, l’on dit : « La matinée est devenue froide », sous-entendu : « Notre matinée est devenue froide ». Tel est l’avis d’al-Farrāʾ, d’al-Kalbī et d’autres.
D’autres ont soutenu que le pronom de « la dévoile » renvoie au soleil ; le sens est que, par sa lumière, il met son corps en évidence. À ce propos, Qays ibn al-Khaṭīm a dit :
Elle se révéla pareille au soleil voilé par un nuage,
Un sourcil apparut, l’autre resta dans l’ombre sage.
On a également dit : il révèle tout ce que la terre renferme comme êtres vivants, dissimulés la nuit et répandus le jour, jusqu’à ce qu’ils deviennent visibles. D’autres ont déclaré : il illumine le bas-monde ; ou encore : il éclaire la terre, bien que celle-ci ne soit pas mentionnée, comme dans la parole du Très-Haut : « …jusqu’à ce qu’elle disparut derrière le voile » (Ṣād, 32), ainsi qu’il a été vu plus haut.
« Par la nuit quand elle la couvre » (verset 4), c’est-à-dire quand elle recouvre le soleil et fait disparaître sa lumière au moment de son coucher, selon Mujāhid et d’autres. On a dit encore : elle enveloppe le monde de ténèbres, si bien que les horizons s’assombrissent ; le pronom renvoie alors à quelque chose qui n’est pas nommé.
« Par le ciel et ce qui l’a bâti » (verset 5), c’est-à-dire par son édification ; « mā » est ici de valeur infinitive, comme dans : « pour ce que mon Seigneur m’a pardonné » (Yā-Sīn, 27), c’est-à-dire « pour le pardon de mon Seigneur », ainsi l’ont expliqué Qatādah et al-Mubarrad qui a préféré cette interprétation. D’autres ont dit : le sens est « et Celui qui l’a bâti », selon al-Ḥasan et Mujāhid, avis adopté par aṭ-Ṭabarī ; c’est-à-dire Celui qui l’a créée et élevée, Allah — exalté soit-Il. Il est rapporté des gens du Ḥijāz l’expression : « Subḥāna mā sabbaḥtu lahu », c’est-à-dire : « Gloire à Celui que j’ai glorifié ».
« Par la terre et ce qui l’a étendue » (verset 6), c’est-à-dire par son étendue. D’aucuns ont dit : « et Celui qui l’a étendue », comme nous l’avons mentionné auparavant, c’est-à-dire qu’Il l’a déployée, ainsi l’ont affirmé la majorité des exégètes, de même que pour l’expression « daḥāhā ». Al-Ḥasan, Mujāhid et d’autres ont déclaré : « ṭaḥāhā » et « daḥāhā » ont un seul et même sens : l’avoir étendue.