en entier — ainsi l’a rapporté al-Māwardī — et le terme « aḍ-ḍuḥā » est féminin. On dit : « la ḍuḥā s’est élevée », c’est-à-dire qu’elle dépasse le « ḍuḥw ». Il arrive toutefois qu’on le traite au masculin ; celui qui emploie le féminin y voit le pluriel de ḍuḥwah, tandis que celui qui emploie le masculin considère qu’il s’agit d’un nom sur le schème fuʿal, comme ṣurad et nughar. Il s’agit d’un complément de temps non déclinable, tel saḥar. On dira : « Je l’ai rencontré ḍuḥan / ḍuḥā » ; si l’on vise le ḍuḥā du jour présent, on ne lui met pas de tanwīn.
Al-Farrāʾ a dit : « aḍ-ḍuḥā » désigne le jour, comme l’a également affirmé Qatādah. Selon l’usage des Arabes, « aḍ-ḍuḥā » est le moment où le soleil s’est levé et peu après ; lorsqu’il s’allonge davantage on l’appelle « aḍ-ḍuḥāʾ » (avec allongement). Ceux qui soutiennent qu’il s’agit de toute la journée l’expliquent par la continuité de la lumière solaire. Quant à ceux qui disent qu’il s’agit de la lumière ou de la chaleur du soleil, la lumière solaire n’existe en effet qu’accompagnée de sa chaleur. Les partisans de cette dernière opinion invoquent la parole du Très-Haut : « …et tu ne souffriras pas de la chaleur brûlante (wa lā taḍḥā) » (Ṭā-Hā , 119).
Al-Mubarrad a dit : l’origine de « aḍ-ḍuḥā » est « aḍ-ḍiḥḍ », qui signifie la clarté du soleil ; l’alif résulte de l’inversion de la seconde ḥāʾ. On dit : ḍuḥwah, ḍuḥawāt, ḍuḥawāt, ḍuḥā ; la wāw de (ḍuḥwah) est issue du retournement de la seconde ḥāʾ, et l’alif de (ḍuḥā) provient du retournement de cette wāw.
Abū al-Haytham a déclaré : « aḍ-ḍiḥ » est l’opposé de l’ombre ; c’est la lumière du soleil à la surface de la terre. Son origine est « aḍ-ḍuḥā » ; la présence du yāʾ jointe au repos de la ḥāʾ ayant été jugée pesante, on l’a changée en alif.
« Par la lune, quand elle la suit » (verset 2) : c’est-à-dire lorsqu’elle la suit, à savoir lorsque la lune apparaît sous forme de croissant après le coucher du soleil. On dit : talawtu fulānan, « je l’ai suivi ». Qatādah précise : cela concerne la nuit du croissant : lorsque le soleil se couche, le croissant lui succède. Ibn Zayd dit : quand le soleil se couche durant la première moitié du mois, la lune le suit par son lever ; durant la dernière moitié, elle le suit par son coucher. Al-Farrāʾ explique « talāhā » par « prendre de », estimant que la lune tire sa lumière du soleil. D’autres ont dit : « Par la lune quand elle la suit » se rapporte au moment où elle est pleine et parfaitement ronde, devenant alors semblable au soleil en éclat et en lumière, opinion également exprimée par az-Zajjāj.