Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

parmi les musulmans, comme l’indique la parole du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui : « Quiconque affranchit un homme musulman » et : « Quiconque affranchit une nuque croyante. » L’avis rapporté par Aṣbagh procède d’une méprise[1] ; il ne s’est attaché qu’à la diminution du capital, alors qu’il est préférable de considérer que l’affranchissement libère l’esclave pour l’adoration et le dévoue entièrement au tawḥîd.

Troisièmement – L’affranchissement et l’aumône figurent parmi les œuvres les plus méritoires.

Abû Ḥanîfah estime que l’affranchissement est préférable à l’aumône, tandis que ses deux compagnons jugent l’aumône supérieure. Le verset conforte davantage l’opinion d’Abû Ḥanîfah, puisqu’il place l’affranchissement avant l’aumône.

Al-Shaʿbî, interrogé au sujet d’un homme disposant d’un surplus de dépenses : doit-il le consacrer à un proche parent ou affranchir une nuque ? répondit : « L’affranchissement est préférable, car le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : “Quiconque délivre une nuque, Allah libèrera, pour chaque membre de cette nuque, un membre (correspondant) de l’Enfer.” »

Coran, sûrat al-Balad (90), versets 14-16
« ou bien nourrir, en un jour de disette, (14)
un orphelin parent proche, (15)
ou un misérable couvert de poussière. » (16)

Sa parole – Exalté soit-Il : « ou bien nourrir en un jour de disette » signifie : un jour de famine. As-saghab désigne la faim ; as-sâghib : l’affamé. Al-Ḥasan a récité : « ou bien nourrir en un jour dhā masghabah », avec l’alif dans dhā. Abû ʿUbaydah a cité ces vers :
« Si j’étais ton voisin, ô fils de Qays ibn ʿĀṣim,
jamais tu ne passerais la nuit rassasié, tandis que ton voisin a faim. »[2]

Nourrir autrui est une noble vertu, et elle l’est encore plus lorsque sévit la faim. Al-Nakhaʿî, à propos du verset : « ou bien nourrir en un jour de disette », a déclaré : « lorsque la nourriture est rare ». Il est rapporté que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Parmi les causes qui attirent la miséricorde figure le fait de nourrir le musulman affamé. »

« un orphelin parent proche » c’est-à-dire un orphelin de ta parenté. On dit : « Untel est de ma qarâbah, de ma maqrabah. » Le verset t’enseigne que l’aumône faite à un proche est meilleure que celle donnée à un étranger ; de même, l’aumône envers l’orphelin dépourvu de tuteur est préférable à celle donnée à l’orphelin qui en possède déjà un.

Les lexicographes disent : on l’appelle yatîm (orphelin) en raison de sa faiblesse ; on dit : yatima ar-rajul yataman, lorsque l’homme s’affaiblit.

[1] C.-à-d. une inadvertance.
[2] Vers cité par Abû ʿUbaydah.

الْمُسْلِمِينَ (، بِدَلِيلِ قَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ: [مَنْ أَعْتَقَ امرأ مسلما] و [من أَعْتَقَ رَقَبَةً مُؤْمِنَةً] . وَمَا ذَكَرَهُ أَصْبَغُ وَهْلَةٌ «١» ، وَإِنَّمَا نَظَرَ إِلَى تَنْقِيصِ الْمَالِ، وَالنَّظَرُ إِلَى تَجْرِيدِ الْمُعْتَقِ لِلْعِبَادَةِ، وَتَفْرِيغِهِ لِلتَّوْحِيدِ، أَوْلَى. الثَّالِثَةُ- الْعِتْقُ وَالصَّدَقَةُ مِنْ أَفْضَلِ الْأَعْمَالِ. وَعَنْ أَبِي حَنِيفَةَ: أَنَّ الْعِتْقَ أَفْضَلُ مِنَ الصَّدَقَةِ. وَعِنْدَ صَاحِبَيْهِ الصَّدَقَةُ أَفْضَلُ. وَالْآيَةُ أَدَلُّ عَلَى قَوْلِ أَبِي حَنِيفَةَ، لِتَقْدِيمِ الْعِتْقِ عَلَى الصَّدَقَةِ. وَعَنِ الشَّعْبِيِّ فِي رَجُلٍ عِنْدَهُ فَضْلُ نَفَقَةٍ: أَيَضَعُهُ فِي ذِي قَرَابَةٍ أَوْ يُعْتِقُ رَقَبَةً؟ قَالَ: الرَّقَبَةُ أَفْضَلُ، لِأَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: [مَنْ فَكَّ رَقَبَةً فَكَّ اللَّهُ بكل عضو منها عضوا من النار] [سورة البلد (٩٠): الآيات ١٤ الى ١٦] أَوْ إِطْعامٌ فِي يَوْمٍ ذِي مَسْغَبَةٍ (١٤) يَتِيماً ذَا مَقْرَبَةٍ (١٥) أَوْ مِسْكِيناً ذَا مَتْرَبَةٍ (١٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَوْ إِطْعامٌ فِي يَوْمٍ ذِي مَسْغَبَةٍ) أَيْ مَجَاعَةٍ. وَالسَّغَبُ: الْجُوعُ. وَالسَّاغِبُ الْجَائِعُ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ أَوْ إِطْعَامٌ فِي يَوْمٍ ذَا مَسْغَبَةٍ بِالْأَلِفِ فِي ذَا- وَأَنْشَدَ أَبُو عُبَيْدَةَ: فَلَوْ كنت جارا «٢» يا بن قَيْسِ بْنِ عَاصِمٍ ... لَمَا بِتَّ شَبْعَانًا وَجَارُكَ سَاغِبًا وَإِطْعَامُ الطَّعَامِ فَضِيلَةٌ، وَهُوَ مَعَ السَّغَبِ الَّذِي هُوَ الْجُوعُ أَفْضَلُ. وَقَالَ النَّخَعِيُّ فِي قوله تعالى: أَوْ إِطْعامٌ فِي يَوْمٍ ذِي مَسْغَبَةٍ قَالَ: فِي يَوْمٍ عَزِيزٍ فِيهِ الطَّعَامُ. وَرُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّهُ قَالَ: [مِنْ مُوجِبَاتِ الرَّحْمَةِ إِطْعَامُ الْمُسْلِمِ السَّغْبَانِ] . (يَتِيماً ذَا مَقْرَبَةٍ) أَيْ قَرَابَةٍ. يُقَالُ: فُلَانٌ ذُو قَرَابَتِي وَذُو مَقْرَبَتِي. يُعْلِمُكَ أَنَّ الصَّدَقَةَ عَلَى الْقَرَابَةِ أَفْضَلُ مِنْهَا عَلَى غَيْرِ الْقَرَابَةِ، كَمَا أَنَّ الصَّدَقَةَ عَلَى الْيَتِيمِ الَّذِي لَا كَافِلَ لَهُ أَفْضَلُ مِنَ الصَّدَقَةِ عَلَى الْيَتِيمِ الَّذِي يَجِدُ مَنْ يَكْفُلُهُ. وَأَهْلُ اللُّغَةِ يَقُولُونَ: سُمِّيَ يَتِيمًا لِضَعْفِهِ. يُقَالُ: يَتِمَ الرَّجُلَ يتما: إذا ضعف.
(١). كذا في الأصول وابن العربي، ولعلها المرة من الوهل، وهو الغلط. وهل إلى الشيء (بالفتح) يهل (بالكسر) وهلا (بالسكون): إذا ذهب وهمه إليه. ويجوز أن يكون بمعنى غلطة أو سهوة. (٢). كذا في الأصول. يريد: فلو كنت جارا قائما بحق الجوار لما حدث هذا.

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