Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

en y projetant sa propre personne sans réflexion.

On dit : « le cheval a projeté son cavalier d’un seul élan face contre terre » lorsqu’il le jette.

Quant au fait de « se précipiter soi-même dans une chose », il signifie s’y engager sans délibération.

Le terme « al-quḥmah » (avec ḍamma) désigne la perdition, ou encore une année de rude disette. Ainsi l’on dit : « al-quḥmah a frappé les Bédouins » lorsque la sécheresse les atteint et qu’ils gagnent les terres cultivées.

« Al-quḥam » – au pluriel – renvoie aux passages difficiles d’un chemin.

Al-Farrâ’ et Az-Zajjâj ont dit : ici, le mot de négation « lâ » n’a été mentionné qu’une seule fois, alors que, dans un tel contexte avec un verbe au passé, les Arabes répètent ordinairement ce « lâ » dans une seconde proposition, comme dans la parole du Très-Haut : « Il ne crut donc pas et ne fit pas la prière » (75 : 31), ou encore : « et ils n’auront nulle crainte sur eux et ils ne seront point affligés ». S’il n’a été utilisé qu’une fois, c’est que la suite de l’énoncé en explicite déjà le sens.

Il est donc permis de considérer que la phrase : « puis il fut du nombre de ceux qui ont cru » (Al-Balad : 17) tient lieu de répétition, comme si l’on avait dit : « Il n’a donc pas franchi l’obstacle et il n’a pas cru. »

D’aucuns ont dit encore que l’expression tient lieu d’imprécation, à l’instar de : « Qu’il ne soit ni sauvé ni préservé ! »

À propos de la parole divine : « Et qui te fera savoir ce qu’est l’obstacle ? », Sufyân ibn ‘Uyaynah a déclaré : « Chaque fois que le Coran dit : “wa mâ adrâka”, Il t’en informe ; et chaque fois qu’Il dit : “wa mâ yudrîka”, Il ne t’en informe pas. » Il a ajouté : le sens de « fa-lâ iqtaḥama al-‘aqabah » est : « il n’a pas franchi l’obstacle », comme dans ce vers de Zuhayr : « Il avait serré son flanc sur un secret… Il ne l’a donc ni dévoilé ni devancé », c’est-à-dire : il ne l’a ni divulgué ni fait un pas en avant.

Al-Mubarrad et Abû ‘Alî ont tenu le même propos : « fa-lâ » a ici la valeur de « lam ». Al-Bukhârî le rapporte d’après Mujâhid : il n’a pas franchi l’obstacle ici-bas, d’où l’inutilité de répéter la négation.

Puis le Texte a expliqué ce qu’est l’obstacle et la manière de le surmonter, en disant : « affranchir un captif », et ainsi de suite, exposant diverses formes d’œuvres pécuniaires qui rapprochent d’Allâh.

Ibn Zayd et un groupe d’exégètes ont dit : le discours est interrogatif avec un sens de réprobation ; on le comprend ainsi : « Ne s’est-il donc pas lancé à l’assaut de l’obstacle ? » ou : « Pourquoi n’a-t-il pas franchi l’obstacle ? » Autrement dit : pourquoi n’a-t-il pas dépensé sa fortune pour affranchir des esclaves et nourrir les affamés, afin de franchir l’obstacle ? Cela lui eût été préférable à ce qu’il a dépensé dans l’hostilité envers Muhammad – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui.

On a également dit : « Franchir l’obstacle » est ici une métaphore : s’est-il chargé de lourdes responsabilités en dépensant ses biens dans l’obéissance à son Seigneur et en croyant en Lui ? Cette interprétation convient à ceux qui voient dans l’expression « fa-lâ iqtaḥama al-‘aqabah » une formule d’imprécation : « ne sera ni sauvé ni préservé celui qui n’a pas dépensé ses biens de cette manière ».

D’autres enfin ont dit : la gravité, la lourdeur et la dureté des péchés sont comparées à un obstacle ; ainsi, lorsqu’une personne affranchit un captif et accomplit une œuvre pieuse, son cas est comparable à celui qui a franchi l’obstacle – ces péchés qui lui nuisent, le blessent et l’accablent. Il a dit

بِنَفْسِهِ فِيهِ مِنْ غَيْرِ رَوِيَّةٍ. وَقَحَّمَ الْفَرَسُ فَارِسَهُ تَقْحِيمًا عَلَى وَجْهِهِ: إِذَا رَمَاهُ. وَتَقْحِيمُ النَّفْسِ فِي الشَّيْءِ: إِدْخَالُهَا فِيهِ مِنْ غَيْرِ رَوِيَّةٍ. وَالْقُحْمَةُ (بِالضَّمِّ) الْمَهْلَكَةُ، وَالسَّنَةُ الشَّدِيدَةُ. يُقَالُ: أَصَابَتِ الْأَعْرَابَ الْقُحْمَةُ: إِذَا أَصَابَهُمْ قَحْطٌ، فَدَخَلُوا الرِّيفَ. وَالْقُحَمُ: صِعَابُ الطَّرِيقِ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ وَالزَّجَّاجُ: وَذَكَرَ (لَا) مَرَّةً وَاحِدَةً، وَالْعَرَبُ لَا تَكَادُ تُفْرِدُ (لَا) مَعَ الْفِعْلِ الْمَاضِي فِي مِثْلِ هَذَا الْمَوْضِعِ، حَتَّى يُعِيدُوهَا فِي كَلَامٍ آخَرَ، كقوله تعالى: فَلا صَدَّقَ وَلا صَلَّى «١» [القيامة: ٣١] وَلا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلا هُمْ يَحْزَنُونَ. وَإِنَّمَا أَفْرَدُوهَا لِدَلَالَةِ آخِرِ الْكَلَامِ عَلَى مَعْنَاهُ، فَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ قَوْلُهُ: ثُمَّ كانَ مِنَ الَّذِينَ آمَنُوا [البلد: ١٧] قَائِمًا مَقَامَ التَّكْرِيرِ، كَأَنَّهُ قَالَ: فَلَا اقْتَحَمَ الْعَقَبَةَ وَلَا آمَنَ. وَقِيلَ: هُوَ جَارٍ مَجْرَى الدُّعَاءِ، كَقَوْلِهِ: لَا نَجَا وَلَا سَلِمَ. (وَما أَدْراكَ مَا الْعَقَبَةُ) ؟ فقال سفيان بن عيينة: كل شي قال فيه وَما أَدْراكَ؟ فإنه أخبر به، وكل شي قال فيه " وما يدريك" ؟ فإنه لم يخبر بِهِ. وَقَالَ: مَعْنَى فَلَا اقْتَحَمَ الْعَقَبَةَ أَيْ فَلَمْ يَقْتَحِمِ الْعَقَبَةَ، كَقَوْلِ زُهَيْرٌ: وَكَانَ طَوَى كَشْحًا عَلَى مُسْتَكِنَّةٍ ... فَلَا هُوَ أَبَدَاهَا وَلَمْ يَتَقَدَّمِ «٢» أَيْ فَلَمْ يُبِدْهَا وَلَمْ يَتَقَدَّمْ. وَكَذَا قال المبرد وأبو علي: فَلَا: بِمَعْنَى لَمْ. وَذَكَرَهُ الْبُخَارِيُّ عَنْ مُجَاهِدٍ. أَيْ فَلَمْ يَقْتَحِمِ الْعَقَبَةَ فِي الدُّنْيَا، فَلَا يَحْتَاجُ إِلَى التَّكْرِيرِ. ثُمَّ فَسَّرَ الْعَقَبَةَ وَرُكُوبَهَا فَقَالَ: فَكُّ رَقَبَةٍ وَكَذَا وَكَذَا، فَبَيَّنَ وُجُوهًا مِنَ الْقُرَبِ الْمَالِيَّةِ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ وَجَمَاعَةٌ مِنَ الْمُفَسِّرِينَ: مَعْنَى الْكَلَامِ الِاسْتِفْهَامُ الَّذِي مَعْنَاهُ الْإِنْكَارُ، تَقْدِيرُهُ: أَفَلَا اقْتَحَمَ الْعَقَبَةَ، أَوْ هَلَّا اقْتَحَمَ الْعَقَبَةَ. يَقُولُ: هَلَّا أَنْفَقَ مَالَهُ فِي فَكِّ الرِّقَابِ، وَإِطْعَامِ السَّغْبَانِ، لِيُجَاوِزَ بِهِ الْعَقَبَةَ، فَيَكُونُ خَيْرًا لَهُ مِنْ إِنْفَاقِهِ فِي عَدَاوَةِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. ثُمَّ قِيلَ: اقْتِحَامُ العقبة ها هنا ضَرْبُ مَثَلٍ، أَيْ هَلْ تَحَمَّلَ عِظَامَ الْأُمُورِ فِي إِنْفَاقِ مَالِهِ فِي طَاعَةِ رَبِّهِ، وَالْإِيمَانِ بِهِ. وَهَذَا إِنَّمَا يَلِيقُ بِقَوْلِ مَنْ حَمَلَ فَلَا اقْتَحَمَ الْعَقَبَةَ عَلَى الدُّعَاءِ، أَيْ فَلَا نَجَا وَلَا سَلِمَ مَنْ لَمْ يُنْفِقْ مَالَهُ فِي كَذَا وَكَذَا. وَقِيلَ: شَبَّهَ عِظَمَ الذُّنُوبِ وَثِقَلَهَا وَشِدَّتَهَا بِعَقَبَةٍ، فَإِذَا أَعْتَقَ رَقَبَةً وَعَمِلَ صَالِحًا، كَانَ مَثَلُهُ كَمِثْلِ مَنِ اقْتَحَمَ الْعَقَبَةَ، وَهِيَ الذُّنُوبُ الَّتِي تَضُرُّهُ وَتُؤْذِيهِ وَتُثْقِلُهُ. قَالَ
(١). آية ٣١ سورة القيامة. (٢). الكشح: الخاصرة. ومستكنة: على نية أكنها في نفسه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies