Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

on le langera soigneusement, on lui serrera les bandelettes ; il affrontera l’étroitesse et la fatigue. Puis il endurera la tétée : s’il en était privé, il périrait. Ensuite il subira la poussée de ses dents et l’agitation de sa langue, puis le sevrage – plus douloureux qu’un soufflet –, puis la circoncision, les douleurs et les chagrins. Viennent ensuite le maître et sa rigueur, le précepteur et sa discipline, le professeur et la crainte qu’il inspire. Il se débattra ensuite dans les soucis du mariage et la hâte de le conclure[1] ; puis dans ceux des enfants, des serviteurs et des soldats ; puis dans ceux des demeures et de la construction des palais. Surviendront la vieillesse et la décrépitude, la faiblesse des genoux et des pieds, au milieu de calamités innombrables et d’épreuves qu’il serait long de relater : maux de tête, douleurs des molaires, inflammation des yeux, angoisse de la dette, douleur d’une dent, souffrance de l’oreille. Il affrontera encore des épreuves touchant à ses biens et à sa personne, tels les coups et l’emprisonnement. Pas un jour ne s’écoulera sans qu’il ne subisse quelque rigueur, sans qu’il n’endure quelque peine. Puis vient la mort après tout cela, l’interrogatoire de l’Ange, l’étreinte de la tombe et ses ténèbres, puis la Résurrection et la comparution devant Allah, jusqu’à ce que le sort final soit fixé : soit au Paradis, soit au Feu.

Allah – Très-haut – dit : « Nous avons certes créé l’homme dans la peine. » Si l’affaire avait dépendu de lui, jamais il n’aurait choisi pareilles difficultés. Cela atteste donc qu’il a un Créateur qui l’a façonné, a disposé ces états pour lui ; qu’il se conforme donc à Son ordre.

Ibn Zayd a dit : l’homme visé ici est Âdam. Et l’expression « dans la peine » signifie : au milieu du ciel.

Al-Kalbî a déclaré : ce verset fut révélé au sujet d’un homme des Banû Jumah, nommé Abû al-Ashaddayn[2]. Il plaçait un cuir ʿukâdhî sous ses pieds en disant : « Que celui qui réussira à me déplacer reçoive telle récompense. » Dix hommes tiraient jusqu’à ce que le cuir se déchire sans que ses pieds bougent. Il était l’un des ennemis du Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui –, et c’est à son propos qu’Il révéla : « Pense-t-il que nul ne pourra rien contre lui ? » [Al-Balad : 5], à cause de sa force.

Il a été rapporté d’Ibn ʿAbbâs que « dans la peine » veut dire : robuste, c’est-à-dire d’une constitution puissante ; il était parmi les hommes les plus forts de Qurayš. Tel était aussi Rukânah ibn Hishâm ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, devenu proverbe pour sa bravoure et sa force.

Et l’on a dit : « dans la peine » signifie : courageux de cœur, dur de foie, malgré la faiblesse de sa constitution et la bassesse de son origine.

Ibn ʿAṭâʾ : dans l’obscurité et l’ignorance.

At-Tirmidhî : négligeant ce qui le concerne, occupé de ce qui ne le concerne pas.

[1] C’est-à-dire : le besoin pressant de s’y engager rapidement.
[2] Litt. : « le père des deux forces ». Il s’agit d’un sobriquet soulignant sa vigueur.

قُمِطَ قِمَاطًا، وَشُدَّ رِبَاطًا، يُكَابِدُ الضِّيقَ وَالتَّعَبَ، ثُمَّ يُكَابِدُ الِارْتِضَاعَ، وَلَوْ فَاتَهُ لَضَاعَ، ثُمَّ يُكَابِدُ نَبْتَ أَسْنَانِهِ، وَتَحَرُّكَ لِسَانِهِ، ثُمَّ يُكَابِدُ الْفِطَامَ، الَّذِي هُوَ أَشَدُّ مِنَ اللِّطَامِ، ثُمَّ يُكَابِدُ الْخِتَانَ، وَالْأَوْجَاعَ وَالْأَحْزَانَ، ثُمَّ يُكَابِدُ الْمُعَلِّمَ وَصَوْلَتَهُ، وَالْمُؤَدِّبَ وَسِيَاسَتَهُ، وَالْأُسْتَاذَ وَهَيْبَتَهُ، ثُمَّ يُكَابِدُ شُغْلَ التَّزْوِيجِ وَالتَّعْجِيلَ فِيهِ «١» ، ثُمَّ يُكَابِدُ شُغْلَ الْأَوْلَادِ، وَالْخَدَمِ وَالْأَجْنَادِ، ثُمَّ يُكَابِدُ شُغْلَ الدُّورِ، وَبِنَاءِ الْقُصُورِ، ثُمَّ الْكِبَرَ وَالْهَرَمَ، وَضَعْفَ الرُّكْبَةِ وَالْقَدَمِ، فِي مَصَائِبَ يَكْثُرُ تَعْدَادُهَا، وَنَوَائِبَ يَطُولُ إِيرَادُهَا، مِنْ صُدَاعِ الرَّأْسِ، وَوَجَعِ الْأَضْرَاسِ، وَرَمَدِ الْعَيْنِ، وَغَمِّ الدَّيْنِ، وَوَجَعِ السِّنِّ، وَأَلَمِ الْأُذُنِ. وَيُكَابِدُ مِحَنًا فِي الْمَالِ وَالنَّفْسِ، مِثْلَ الضَّرْبِ وَالْحَبْسِ، وَلَا يَمْضِي عَلَيْهِ يَوْمٌ إِلَّا يُقَاسِي فِيهِ شِدَّةً، وَلَا يُكَابِدُ إِلَّا مَشَقَّةً، ثُمَّ الموت بعد ذلك كله، ثم مسألة الْمَلَكِ، وَضَغْطَةَ الْقَبْرِ وَظُلْمَتَهُ، ثُمَّ الْبَعْثَ وَالْعَرْضَ عَلَى اللَّهِ، إِلَى أَنْ يَسْتَقِرَّ بِهِ الْقَرَارُ، إِمَّا فِي الْجَنَّةِ وَإِمَّا فِي النَّارِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: لَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنْسانَ فِي كَبَدٍ، فَلَوْ كَانَ الْأَمْرُ إِلَيْهِ لَمَّا اخْتَارَ هَذِهِ الشَّدَائِدَ. وَدَلَّ هَذَا عَلَى أَنَّ لَهُ خَالِقًا دَبَّرَهُ، وَقَضَى عَلَيْهِ بِهَذِهِ الْأَحْوَالِ، فَلْيَمْتَثِلْ أَمْرَهُ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ: الْإِنْسَانُ هُنَا آدَمُ. وَقَوْلُهُ: فِي كَبَدٍ أَيْ فِي وَسَطِ السَّمَاءِ. وَقَالَ الْكَلْبِيُّ: إِنَّ هَذَا نَزَلَ فِي رَجُلٍ مِنْ بَنِي جُمَحٍ، كَانَ يُقَالُ لَهُ أَبُو الْأَشَدَّيْنِ «٢» ، وَكَانَ يَأْخُذُ الْأَدِيمَ الْعُكَاظِيَّ فَيَجْعَلُهُ تَحْتَ قَدَمَيْهِ، فَيَقُولُ: مَنْ أَزَالَنِي عَنْهُ فَلَهُ كَذَا. فَيَجْذِبُهُ عَشَرَةٌ حَتَّى يَتَمَزَّقَ وَلَا تَزُولَ قَدَمَاهُ، وَكَانَ مِنْ أَعْدَاءِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَفِيهِ نَزَلَ أَيَحْسَبُ أَنْ لَنْ يَقْدِرَ عَلَيْهِ أَحَدٌ [البلد: ٥] يَعْنِي: لِقُوَّتِهِ. وَرُوِيَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. فِي كَبَدٍ أَيْ شَدِيدًا، يَعْنِي شَدِيدَ الْخَلْقِ، وَكَانَ من أشد رجال قريش. وكذلك ركانة ابن هِشَامِ بْنِ عَبْدِ الْمُطَّلِبِ، وَكَانَ مَثَلًا فِي الْبَأْسِ وَالشِّدَّةِ. وَقِيلَ: فِي كَبَدٍ أَيْ جَرِيءُ الْقَلْبِ، غَلِيظُ الْكَبِدِ، مَعَ ضَعْفِ خِلْقَتِهِ، وَمُهَانَةِ مَادَّتِهِ. ابْنُ عَطَاءٍ: فِي ظُلْمَةٍ وَجَهْلٍ. التِّرْمِذِيُّ: مُضَيِّعًا مَا يَعْنِيهِ، مُشْتَغِلًا بِمَا لَا يَعْنِيهِ.
(١). في نسخة من نسخ الأصل وحاشية الجمل: ثم يكابد شغل التزويج والتعجيل فيه، والتزويج. (٢). كذا في نسخ الأصل. وفي الكشاف وروح المعاني والبيضاوي والثعلبي: أبو الأشد.

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