ainsi, et l’on dit encore : « Non, par Allah, je le ferai bel et bien. »
On a dit : il s’agit d’une véritable négation ; le sens est : « Je ne jure pas par cette Cité lorsqu’elle ne t’abritera plus, après que tu l’auras quittée. » C’est ce qu’a rapporté Makkî. Ibn Abî Najîḥ le tient de Mujâhid : le « lâ » est une réfutation à leur encontre. C’est l’opinion qu’a privilégiée Ibn al-ʿArabî, car il a dit : « Quant à celui qui affirme qu’il s’agit d’une réplique, c’est une parole contre laquelle il n’y a pas de réplique, puisque le sens demeure correct et que la formulation comme l’intention restent valides. Il s’agit donc d’une objection aux propos de ceux qui nient la Résurrection, puis vient le serment. »
Al-Qushayrî a déclaré : le mot « lâ » constitue une réfutation de l’illusion qu’entretient l’homme mentionné dans cette sūrah, trompé par la vie d’ici-bas ; autrement dit, la réalité n’est pas telle qu’il l’imagine, à savoir que nul ne pourra jamais exercer de pouvoir sur lui, puis le serment est introduit.
Le terme « al-balad » désigne La Mecque, et le consensus s’est fait à ce sujet. C’est-à-dire : « Je jure par la cité sacrée dans laquelle tu te trouves, en raison de l’honneur que tu as auprès de Moi et de l’amour que Je te porte. » Al-Wâsiṭî a dit : « Nous jurons pour toi par cette cité que tu as ennoblie de ta présence de ton vivant et de ta bénédiction après ta mort », c’est-à-dire Médine. La première opinion demeure toutefois la plus juste, car la sūrah a été révélée à La Mecque d’un commun accord.
[Sūrat al-Balad (90), verset 2]
« Et toi, tu seras rendu licite dans cette Cité » (2), c’est-à-dire dans l’avenir, comme Sa parole : « En vérité, tu mourras et ils mourront » (1). Un tel emploi est fréquent dans la langue des Arabes. Ainsi dis-tu à celui que tu promets d’honorer et de combler : « Tu seras honoré, favorisé. » Dans la Parole d’Allah, cet usage est courant, car les états futurs, auprès de Lui, sont semblables aux états présents et visibles. La preuve décisive qu’il s’agit bien de l’avenir et qu’il est impossible de l’interpréter au présent est que la sūrah est, de l’avis unanime, mecquoise, révélée avant la Conquête.
Mansûr rapporte de Mujâhid au sujet de « Et toi, tu es ḥill » : tout ce que tu fais dans cette cité t’est licite. Ibn ʿAbbâs a dit de même : il lui fut permis, le jour où il entra à La Mecque, de mettre à mort qui il voulait ; il tua ainsi Ibn Khaṭal, Miqyâs b. Ṣubâbah et d’autres. À personne, après le Messager d’Allah – paix et salut sur lui –, il ne fut permis de tuer quelqu’un dans cette ville.
As-Suddi a rapporté : « Tu es en état de licéité à l’égard de celui qui te combat ; tu peux donc le tuer. » Abû Ṣâliḥ, d’après Ibn ʿAbbâs, a dit : il ne lui fut rendu licite qu’une heure d’un jour, puis le sanctuaire fut de nouveau fermé et sacralisé jusqu’au Jour de la Résurrection ; cela eut lieu le jour de la Conquête de La Mecque.
Il est authentiquement établi que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Allah a déclaré La Mecque sacrée le jour où Il créa les cieux et la terre ; elle restera sacrée jusqu’à ce que l’Heure se lève ; jamais… »