Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Puis la Géhenne se dressera devant moi et dira :
« Quel lien y a-t-il entre toi et moi, ô Muhammad ? Certes, Allah a rendu ta chair illicite pour moi. »

Alors il ne restera personne qui ne s’écrie : « Moi, moi ! », hormis Muhammad – qu’Allah prie sur lui et le salue – car lui dira :
« Seigneur, ma communauté ! Seigneur, ma communauté ! »

Parole du Très-Haut : « Ce Jour-là, l’homme se rappellera » – c’est-à-dire qu’il prendra admonition et se repentira. Il s’agit du mécréant, ou de celui dont la préoccupation principale est la vie d’ici-bas¹.

« mais à quoi donc lui servira le rappel ? » – autrement dit : d’où lui viendra désormais l’exhortation et le repentir, puisqu’il les a négligés en ce monde.

On dit également : c’est-à-dire d’où lui viendra l’utilité même du rappel. Il est donc indispensable de supposer l’ellipse d’un terme annexé ; autrement il y aurait contradiction entre « Ce Jour-là il se rappellera » et « mais à quoi donc lui servira le rappel », comme l’a signalé al-Zamakhsharî.

[Sourate al-Fajr (89) : verset 24]
« Il dira : Hélas ! Si seulement j’avais fait provision pour ma vie » (24), c’est-à-dire durant ma vie ; la préposition lâm a ici le sens de « dans ».

On a dit : c’est-à-dire, si seulement j’avais accompli une œuvre pieuse pour ma vie, pour une vie où il n’y a point de mort.

On a encore dit : la vie des gens du Feu n’est pas une vie agréable ; c’est comme s’ils n’avaient pas de vie. Le sens est donc : « Hélas ! Si seulement j’avais accompli du bien pour être sauvé du Feu, afin d’être parmi ceux dont la vie est heureuse. »

[Sourate al-Fajr (89) : versets 25-26]
« Ce Jour-là, nul ne châtiera d’un châtiment pareil au Sien (25), et nul ne ligotera d’un lien pareil au Sien (26). »

Parole du Très-Haut : « Ce Jour-là, nul ne châtiera d’un châtiment pareil au Sien » – c’est-à-dire : personne ne châtie comme Allah châtie, et personne ne ligote comme Il ligote. Le pronom renvoie à Allah, qu’Il soit exalté ; tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs et d’al-Ḥasan.

Al-Kisâʾî a récité : « la-yuʿadhdabu » / « wa-lâ yûthaqu », avec ouverture du dhâl et du thâʾ ; autrement dit : nul n’est châtié ici-bas comme Allah châtiera le mécréant ce Jour-là, et nul n’est entravé comme le mécréant le sera. La personne visée est Iblîs, la preuve établissant qu’il subira le châtiment le plus intense en raison de son crime ; le propos a donc été généralisé à la lumière de l’exégèse.

On a dit encore : il s’agit d’Umayya ibn Khalaf, ainsi que le rapporte al-Farrâʾ ; autrement dit : nul ne sera châtié comme ce mécréant déterminé, et nul ne sera enchaîné de chaînes et de carcans comme lui, tant sont extrêmes son incroyance et son obstination.

Et l’on a dit : c’est-à-dire que nul ne sera châtié à sa place

ثُمَّ تَعْرِضُ لِي جَهَنَّمُ فَتَقُولُ: مَا لِي وَلَكَ يَا مُحَمَّدُ، إِنَّ اللَّهَ قَدْ حَرَّمَ لَحْمَكَ عَلَيَّ) فَلَا يَبْقَى أَحَدٌ إِلَّا قَالَ نَفْسِي نَفْسِي! إِلَّا مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَإِنَّهُ يَقُولُ: رَبِّ أُمَّتِي! رَبِّ أُمَّتِي! قَوْلُهُ تَعَالَى: (يَوْمَئِذٍ يَتَذَكَّرُ الْإِنْسانُ) أَيْ يَتَّعِظُ وَيَتُوبُ. وَهُوَ الْكَافِرُ، أَوْ مَنْ هِمَّتُهُ مُعْظَمُ «١» الدُّنْيَا. (وَأَنَّى لَهُ الذِّكْرى) أَيْ وَمِنْ أَيْنَ لَهُ الِاتِّعَاظُ وَالتَّوْبَةُ وَقَدْ فَرَّطَ فِيهَا فِي الدُّنْيَا. وَيُقَالُ: أَيْ وَمِنْ أَيْنَ لَهُ مَنْفَعَةُ الذِّكْرَى. فَلَا بُدَّ مِنْ تَقْدِيرِ حَذْفِ الْمُضَافِ، وَإِلَّا فَبَيْنَ يَوْمَئِذٍ يَتَذَكَّرُ وَبَيْنَ وَأَنَّى لَهُ الذِّكْرى تناف، قاله الزمخشري. [[سورة الفجر (٨٩) : آية ٢٤]] يَقُولُ يا لَيْتَنِي قَدَّمْتُ لِحَياتِي (٢٤) أَيْ فِي حَيَاتِي. فَاللَّامُ بِمَعْنَى فِي. وَقِيلَ: أَيْ قَدَّمْتُ عَمَلًا صَالِحًا لِحَيَاتِي، أَيْ لَحَيَاةٍ لَا مَوْتَ فِيهَا. وَقِيلَ: حَيَاةُ أَهْلِ النَّارِ لَيْسَتْ هَنِيئَةً، فَكَأَنَّهُمْ لَا حَيَاةَ لَهُمْ، فَالْمَعْنَى: يَا لَيْتَنِي قَدَّمْتُ مِنَ الْخَيْرِ لِنَجَاتِي مِنَ النَّارِ، فَأَكُونُ فِيمَنْ لَهُ حَيَاةٌ هنيئة. [سورة الفجر (٨٩) : الآيات ٢٥ الى ٢٦] فَيَوْمَئِذٍ لَا يُعَذِّبُ عَذابَهُ أَحَدٌ (٢٥) وَلا يُوثِقُ وَثاقَهُ أَحَدٌ (٢٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَيَوْمَئِذٍ لَا يُعَذِّبُ عَذابَهُ أَحَدٌ) أَيْ لَا يُعَذِّبُ كَعَذَابِ اللَّهِ أَحَدٌ، وَلَا يُوثِقُ كَوَثَاقِهِ أَحَدٌ. وَالْكِنَايَةُ تَرْجِعُ إِلَى اللَّهِ تَعَالَى. وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ عَبَّاسٍ وَالْحَسَنُ. وَقَرَأَ الْكِسَائِيُّ (لَا يُعَذَّبُ) (وَلَا يُوثَقُ) بِفَتْحِ الذَّالِ وَالثَّاءِ، أَيْ لَا يُعَذَّبُ أَحَدٌ فِي الدُّنْيَا كَعَذَابِ اللَّهِ الْكَافِرَ يَوْمَئِذٍ، وَلَا يُوثَقُ كَمَا يُوثَقُ الْكَافِرُ. وَالْمُرَادُ إِبْلِيسُ، لِأَنَّ الدَّلِيلَ قَامَ عَلَى أَنَّهُ أَشَدُّ النَّاسِ عَذَابًا، لِأَجْلِ إِجْرَامِهِ، فَأَطْلَقَ الْكَلَامَ لِأَجْلِ مَا صَحِبَهُ من التفسير. وقيل: إنه أمية ابن خَلَفٍ، حَكَاهُ الْفَرَّاءُ. يَعْنِي أَنَّهُ لَا يُعَذَّبُ كَعَذَابِ هَذَا الْكَافِرِ الْمُعَيَّنِ أَحَدٌ، وَلَا يُوثَقُ بِالسَّلَاسِلِ وَالْأَغْلَالِ كَوَثَاقِهِ أَحَدٌ، لِتَنَاهِيهِ فِي كُفْرِهِ وعناده. وقيل: أي لا يعذب مكانه
(١). هكذا وردت في جميع نسخ الأصل. وفي تفسير ابن عادل:" ومن همته الدنيا".

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