Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

de la tāʾ ; c’est la forme tufāʿilūna, dérivée du verbe ḥaḍḍ, lequel signifie l’exhortation.

« Et vous dévorez l’héritage » : c’est-à-dire l’héritage des orphelins. Le terme turāth provient à l’origine de wirāth (de waraṯtu, « j’ai hérité »), puis la wāw y a été remplacée par une tāʾ, comme dans tujāh, tukhama, tukaʾa, tuʾada et autres exemples déjà mentionnés.

« D’une gloutonnerie lamman » : c’est-à-dire d’une voracité extrême, selon as-Suddī. D’autres — al-Ḥasan et Abū ʿUbayda — entendent par lamman « en rassemblant », d’après leur expression : lamamtu l-ṭaʿāma lamman, « j’ai mangé la nourriture en la regroupant ».

Dans la langue des Arabes, la racine l-m-m renvoie fondamentalement à l’idée de rassemblement ; on dit : lamamtu shayʾan alumuhu lamman, « j’ai réuni telle chose ». De là l’expression : lamma Allāhu shaʿthahu, « Allah a resserré ce qui, dans ses affaires, était épars ».

Al-Nābigha a dit :
Je ne puis conserver un frère si tu ne viens l’unir,
Dans ses bris dispersés, si nul ne veut le chérir.
Quel homme, parmi tous, s’est montré sans défaut ?
Sans faille ni blessure, parfait de bout en bout ?

On dit encore : « Ta demeure est une lamūmah », c’est-à-dire un lieu qui rassemble, accueille et protège les gens.

Al-Mirnāq aṭ-Ṭāʾī, faisant l’éloge de ʿAlqama b. Sayf, a chanté :
Il m’aima d’un amour d’enfant et m’agrégea soudain,
Me rassembla tout entier pour parfaire mon destin ;
Ainsi l’on groupe les dons que l’on porte au seigneur,
Au noble, au magnanime, à l’incomparable honneur.

Al-Layth explique : « Le lamm est un rassemblement compact » ; d’où l’on dit ḥajar malmūm, « pierre agglomérée », ou katība malmūma, « troupe serrée ». Celui qui mange yalummu l-tharīd : il regroupe la bouillie en bouchées puis la porte à sa bouche.

Mujāhid déclare : « Il l’avale goulûment, d’une traite » ; al-Ḥasan : « Il dévore sa part et celle d’autrui. »

Al-Ḥuṭayʾa a dit :
Quand la gloutonnerie flambe et que le blâme survient,
Puisse le Tout-Miséricordieux maudire ces moulins ;
Ces mâchoires féroces qui broient sans rémission,
Ces gourmands indomptables voués à la perdition.

Autrement dit, ils mêlent, dans leur repas, leur propre part à celle des autres.

Ibn Zayd commente : lorsque l’homme a consommé son bien, il se tourne alors vers le bien d’autrui et le dévore, sans se demander s’il puise dans le licite ou l’illicite. Il ajouta : les polythéistes n’accordaient aucun héritage aux femmes ni aux enfants ; ils engloutissaient la part de ces derniers en sus de la leur, leur turāth avec leur turāth.

On a dit encore qu’ils consommaient ce que le défunt avait amassé par l’injustice, en pleine connaissance de cause, mêlant ainsi dans leur nourriture l’illicite au licite. Et il est permis

التَّاءِ، وَهُوَ تُفَاعِلُونَ مِنَ الْحَضِّ، وَهُوَ الْحَثُّ. (وَتَأْكُلُونَ التُّراثَ) أَيْ مِيرَاثَ الْيَتَامَى. وَأَصْلُهُ الْوِرَاثُ مِنْ وَرِثْتُ، فَأَبْدَلُوا الْوَاوَ تَاءً، كَمَا قَالُوا فِي تُجَاهِ وَتُخَمَةٍ وَتُكَأَةٍ وَتُؤَدَةٍ وَنَحْوِ ذَلِكَ. وَقَدْ تَقَدَّمَ. (أَكْلًا لَمًّا) أَيْ شَدِيدًا، قَالَهُ السُّدِّيُّ. قِيلَ لَمًّا: جَمْعًا، مِنْ قَوْلِهِمْ: لَمَمْتُ الطَّعَامَ لَمًّا إِذَا أَكَلْتُهُ جَمْعًا، قَالَهُ الْحَسَنُ وَأَبُو عُبَيْدَةَ. وَأَصْلُ اللَّمِّ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ: الْجَمْعُ، يُقَالُ: لَمَمْتُ الشَّيْءَ أَلُمُّهُ لَمًّا: إِذَا جَمَعْتُهُ، وَمِنْهُ يُقَالُ: لَمَّ اللَّهُ شَعْثَهُ، أَيْ جَمَعَ مَا تَفَرَّقَ مِنْ أُمُورِهِ. قَالَ النَّابِغَةُ: ولست بِمُسْتَبِقٍ أَخًا لَا تَلُمُّهُ ... عَلَى شَعَثٍ أَيُّ الرِّجَالِ الْمُهَذَّبُ وَمِنْهُ قَوْلُهُمْ: إِنَّ دَارَكَ لَمُومَةٌ، أَيْ تُلِمُّ النَّاسَ وَتَرُبُّهُمْ وَتَجْمَعُهُمْ. وَقَالَ الْمِرْنَاقُ «١» الطائي يمدح علقمة ابن سَيْفٍ: لَأَحَبَّنِي حُبَّ الصَّبِيِّ وَلَمَّنِي «٢» ... لَمَّ الْهَدِيِّ إِلَى الْكَرِيمِ الْمَاجِدِ وَقَالَ اللَّيْثُ: اللَّمُّ الْجَمْعُ الشَّدِيدُ، وَمِنْهُ حَجَرٌ مَلْمُومٌ، وَكَتِيبَةٌ مَلْمُومَةٌ. فَالْآكِلُ يَلُمُّ الثَّرِيدَ، فَيَجْمَعُهُ لُقَمًا ثُمَّ يَأْكُلُهُ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: يَسُفُّهُ سَفًّا: وَقَالَ الْحَسَنُ: يَأْكُلُ نَصِيبَهُ وَنَصِيبَ غَيْرِهِ. قَالَ الْحُطَيْئَةُ: إِذَا كَانَ لَمًّا يَتْبَعُ الذَّمُّ رَبَّهُ ... فَلَا قَدَّسَ الرَّحْمَنُ تِلْكَ الطَّوَاحِنَا يَعْنِي أَنَّهُمْ يَجْمَعُونَ فِي أَكْلِهِمْ بَيْنَ نَصِيبِهِمْ وَنَصِيبِ غَيْرِهِمْ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ: هُوَ أَنَّهُ إِذَا أَكَلَ مَالَهُ أَلَمَّ بِمَالِ غَيْرِهِ فَأَكَلَهُ، وَلَا يُفَكِّرُ: أَكَلَ مِنْ خَبِيثٍ أَوْ طَيِّبٍ. قَالَ: وَكَانَ أَهْلُ الشِّرْكِ لَا يُوَرِّثُونَ النِّسَاءَ وَلَا الصِّبْيَانَ، بَلْ يَأْكُلُونَ مِيرَاثَهُمْ مَعَ مِيرَاثِهِمْ، وَتُرَاثَهُمْ مَعَ تُرَاثِهِمْ. وَقِيلَ: يَأْكُلُونَ مَا جَمَعَهُ الْمَيِّتُ مِنَ الظُّلْمِ وَهُوَ عَالِمٌ بِذَلِكَ، فَيَلُمُّ فِي الْأَكْلِ بَيْنَ حَرَامِهِ وَحَلَالِهِ. وَيَجُوزُ
(١). كذا في نسخ الأصل ومعجم الشعراء للمرزباني. قال المرزباني: (وأحسبه لقبا). وفي لسان العرب: (قال فدكي بن أعبد يمدح ... ). وفي كتاب إشعار الحماسة: (وقال رجل من بهراء) واسمه فدكي يمدح .... (٢). في اللسان والحماسة ومعجم الشعراء: ورمني بالراء بدل (ولمني) باللام، وعلى هذا لا شاهد فيه. وقوله (ورمني): أي أصلح حالي وشأني. و (الهدى): العروس تهدي إلى زوجها: فإذا زفت تكلف أهلها في حسن تجهيزها، لئلا يعير أهل زوجها خللا وقع في أمرها.

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