Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et Ibn Muḥayṣin ainsi que Yaʿqūb maintiennent la yāʾ dans « akramanī » et « ahānanī » aux deux occurrences, parce qu’il s’agit d’un nom et qu’elle ne saurait donc être omise.

Les Médinois la conservent dans la lecture en liaison, mais l’élident à la pause, conformément à l’orthographe du muṣḥaf.

Abū ʿAmr, lui, laisse l’option de la garder ou de la retrancher en liaison — puisqu’elle se trouve en fin de verset — et la supprime à l’arrêt pour se conformer à l’écriture du muṣḥaf.

Les autres lecteurs l’omettent, car, dans les deux passages, elle ne figure pas graphiquement ; or la règle veut qu’on ne s’écarte pas du tracé du muṣḥaf, lequel a fait l’objet du consensus des Compagnons.

[Coran, s. al-Fajr (89), v. 17-20]
« Bien au contraire ! Vous n’honorez pas l’orphelin (17),
et vous ne vous exhortez pas mutuellement à nourrir le pauvre (18),
et vous dévorez les héritages d’un appétit vorace (19),
et vous chérissez la richesse d’un amour sans mesure (20). »

Parole du Très-Haut :

« Kallā » constitue une réfutation : la réalité n’est pas celle qu’on imagine. La richesse n’est pas le signe d’un mérite personnel, ni la pauvreté le signe d’un avilissement ; l’une et l’autre procèdent exclusivement de Mon décret et de Ma décision.

Al-Farrāʾ explique : ici, « kallā » signifie : « Il n’eût pas convenu au serviteur d’agir ainsi ; il devait plutôt louer Allah — Majestueux et Glorifié — aussi bien dans la richesse que dans la pauvreté. »

Et, dans le ḥadith, Allah — Puissant et Majestueux — dit : « Non ! Je n’honore pas celui que J’honore par l’abondance des biens de ce bas-monde, ni n’humilie celui que J’humilie par leur rareté ; J’honore celui que J’honore par son obéissance envers Moi, et J’humilie celui que J’humilie par sa désobéissance. »

Parole du Très-Haut : « Mais vous n’honorez pas l’orphelin » — exposé de ce qu’ils faisaient : ils privaient l’orphelin de son héritage et gaspillaient son bien, se hâtant de le consommer avant qu’il ne grandisse.

Abū ʿAmr et Yaʿqūb lisent yukrimūn, yaḥuḍḍūn, yaʾkulūn et yuḥibbūn avec la yāʾ (troisième personne du pluriel), car le mot « insān » déjà mentionné renvoie à l’espèce humaine ; on le rend donc au pluriel.

Les autres lecteurs emploient la tāʾ (deuxième personne du pluriel) dans ces quatre verbes, sous la forme de l’adresse directe, comme s’Il les prenait à partie pour les blâmer et les réprimander.

Ne pas honorer l’orphelin consiste à le priver de son droit et à dévorer son bien, comme nous l’avons signalé.

Maqātil rapporte que le verset fut révélé au sujet de Qudāmah b. Maẓʿūn, orphelin placé sous la tutelle d’Umayya b. Khalaf.

« Et vous ne vous encouragez pas à nourrir le pauvre » signifie qu’ils n’ordonnent pas aux leurs de donner à manger à quelque indigent qui se présente.

Les Kūfans lisent « walā tahāḍḍūna » en ouvrant la tāʾ, le ḥāʾ et l’alif ; c’est-à-dire qu’ils s’exhortent mutuellement. La forme originelle est tatḥāḍḍūna ; l’une des deux tāʾ a été retranchée, le contexte en dispensant. C’est l’avis d’Abū ʿUbayd.

Il est rapporté encore, d’Ibrāhīm et d’ash-Shayzarī, d’après al-Kisāʾī et as-Sulamī, qu’ils lisaient « tuḥāḍūna » avec ḍamma

وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَيَعْقُوبُ الْيَاءَ مِنْ أَكْرَمَنِ، وأَهانَنِ فِي الْحَالَيْنِ، لِأَنَّهَا اسْمٌ فَلَا تُحْذَفُ. وَأَثْبَتَهَا الْمَدَنِيُّونَ فِي الْوَصْلِ دُونَ الْوَقْفِ اتِّبَاعًا لِلْمُصْحَفِ. وَخَيَّرَ أَبُو عَمْرٍو فِي إِثْبَاتِهَا فِي الْوَصْلِ أَوْ حَذْفِهَا، لِأَنَّهَا رَأْسُ آيَةٍ، وَحَذَفَهَا فِي الْوَقْفِ لِخَطِ الْمُصْحَفِ. الْبَاقُونَ بِحَذْفِهَا، لِأَنَّهَا وَقَعَتْ فِي الْمَوْضِعَيْنِ بِغَيْرِ يَاءٍ، وَالسُّنَّةُ أَلَّا يُخَالَفَ خط المصحف، لأنه إجماع الصحابة. [سورة الفجر (٨٩) : الآيات ١٧ الى ٢٠] كَلاَّ بَلْ لَا تُكْرِمُونَ الْيَتِيمَ (١٧) وَلا تَحَاضُّونَ عَلى طَعامِ الْمِسْكِينِ (١٨) وَتَأْكُلُونَ التُّراثَ أَكْلاً لَمًّا (١٩) وَتُحِبُّونَ الْمالَ حُبًّا جَمًّا (٢٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: (كَلَّا) رَدٌّ، أَيْ لَيْسَ الْأَمْرُ كَمَا يُظَنُّ، فَلَيْسَ الْغِنَى لِفَضْلِهِ، وَلَا الْفَقْرَ لِهَوَانِهِ، وَإِنَّمَا الْفَقْرُ وَالْغِنَى مِنْ تَقْدِيرِي وَقَضَائِي. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: كَلَّا فِي هَذَا الْمَوْضِعِ بِمَعْنَى لَمْ يَكُنْ يَنْبَغِي لِلْعَبْدِ أَنْ يَكُونَ هَكَذَا، وَلَكِنْ يَحْمَدُ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ عَلَى الْغِنَى وَالْفَقْرِ. وَفِي الْحَدِيثِ: (يَقُولُ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ: كَلَّا إِنِّي لَا أُكْرِمُ مَنْ أَكْرَمْتُ بِكَثْرَةِ الدُّنْيَا، وَلَا أُهِينُ مَنْ أَهَنْتُ بِقِلَّتِهَا، إِنَّمَا أُكْرِمُ مَنْ أَكْرَمْتُ بِطَاعَتِي، وَأُهِينُ مَنْ أَهَنْتُ بِمَعْصِيَتِي (. قَوْلُهُ تَعَالَى: بَلْ لَا تُكْرِمُونَ الْيَتِيمَ إِخْبَارٌ عَنْ مَا كَانُوا يَصْنَعُونَهُ مِنْ مَنْعِ الْيَتِيمِ الْمِيرَاثَ، وَأَكْلِ مَالِهِ إِسْرَافًا وَبِدَارًا أَنْ يَكْبَرُوا. وَقَرَأَ أَبُو عَمْرٍو وَيَعْقُوبُ يُكْرِمُونَ، وَيَحُضُّونَ وَيَأْكُلُونَ، وَيُحِبُّونَ بِالْيَاءِ، لِأَنَّهُ تَقَدَّمَ ذِكْرُ الْإِنْسَانِ، وَالْمُرَادُ بِهِ الْجِنْسُ، فَعَبَّرَ عَنْهُ بِلَفْظِ الْجَمْعِ. الْبَاقُونَ بِالتَّاءِ فِي الْأَرْبَعَةِ، عَلَى الْخِطَابِ وَالْمُوَاجَهَةِ، كَأَنَّهُ قَالَ لَهُمْ ذَلِكَ تَقْرِيعًا وَتَوْبِيخًا. وَتَرْكُ إِكْرَامِ الْيَتِيمِ بِدَفْعِهِ عَنْ حَقِّهِ، وَأَكْلِ مَالِهِ كَمَا ذَكَرْنَا. قَالَ مُقَاتِلٌ: نَزَلَتْ فِي قُدَامَةَ بْنِ مَظْعُونٍ وَكَانَ يَتِيمًا فِي حِجْرِ أُمَيَّةَ بْنِ خَلَفٍ. (وَلا تَحَاضُّونَ عَلى طَعامِ الْمِسْكِينِ) أَيْ لَا يَأْمُرُونَ أَهْلِيهِمْ بِإِطْعَامِ مِسْكِينٍ يَجِيئُهُمْ. وَقَرَأَ الْكُوفِيُّونَ " وَلَا تَحَاضُّونَ" بِفَتْحِ التَّاءِ وَالْحَاءِ وَالْأَلِفِ. أَيْ يَحُضُّ بَعْضُهُمْ بَعْضًا. وَأَصْلُهُ تَتَحَاضُّونَ، فَحُذِفَ إِحْدَى التَّاءَيْنِ لِدَلَالَةِ الْكَلَامِ عَلَيْهَا. وَهُوَ اخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ. وَرُوِيَ عَنْ إِبْرَاهِيمَ وَالشَّيْزَرِيِّ عَنِ الْكِسَائِيِّ وَالسُّلَمِيِّ " تحاضون" بضم

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