Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Ceux qui se sont révoltés dans le pays » : il s’agit des ‘Âd, des Thamûd(1) et de Pharaon. « Se sont révoltés » signifie qu’ils se sont insurgés, ont fait preuve d’orgueil et ont outrepassé toute mesure dans l’injustice et l’agression.

« … et y ont multiplié la corruption » : autrement dit l’iniquité et le préjudice.

Du point de vue grammatical, l’expression « ceux qui se sont révoltés » est, de manière préférable, à l’accusatif, comme complément exprimant la réprobation. Il est toutefois permis de la considérer au nominatif – « ce sont eux qui ont transgressé » – ou au génitif, en qualité d’épithète des peuples mentionnés : les ‘Âd, les Thamûd et Pharaon.

« Ton Seigneur déversa sur eux un fouet de châtiment » : c’est-à-dire qu’Il le fit pleuvoir sur eux et le projeta. L’on dit : « Il a versé sur Untel un habit d’honneur », c’est-à-dire qu’il le lui a jeté.

Le poète an-Nâbighah a dit :
Sur lui Dieu versa Son bienfait le plus pur,
Et parmi les humains lui ménagea un secours sûr.

« Un fouet de châtiment » : une part de châtiment ; on dit encore : sa rigueur, car, pour les Arabes, le fouet représentait l’ultime instrument de supplice. Le poète déclame :
N’as-tu pas vu qu’Allah fit paraître Sa religion,
Et sur les mécréants versa un fouet d’affliction ?

Al-Farrâʾ déclare : c’est une locution qu’emploient les Arabes pour tout genre de tourment. Son origine est que le fouet était l’outil par lequel ils châtiaient ; l’expression s’est donc généralisée à toute forme de supplice, puisqu’à leurs yeux il en constituait l’extrême. – On a également dit : il s’agit d’un châtiment qui mêle la chair au sang, d’après leur verbe « sâṭa – yasuṭu – sawṭan » : mêler, d’où « sâʾiṭ ».

Ainsi, « as-sawṭ » désigne le mélange des parties d’une chose ; de là provient le terme « miswâṭ ». On dit encore « sâṭahu » : il l’a mêlé, d’où « sâʾiṭ », et l’on emploie plus couramment : « Untel a sawwaṭa ses affaires » (c’est-à-dire les a entremêlées). Le poète dit :
Il les a brouillées d’un avis vil, mal avisé ;
Je n’assumerai jamais d’en redresser la mêlée.

Abû Zayd rapporte : on dit « leurs biens sont suwîṭah entre eux », c’est-à-dire mêlés ; Ya‘qûb le relate de lui.

Az-Zajjâj commente : c’est-à-dire qu’Il a fait du fouet – par lequel Il les frappa – le châtiment même. L’on dit : « sâṭa sa monture, il la fouetta », c’est-à-dire : il la frappa.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (الَّذِينَ طَغَوْا فِي الْبِلادِ) يَعْنِي عادا وثمودا «١» وَفِرْعَوْنَ طَغَوْا أَيْ تَمَرَّدُوا وَعَتَوْا وَتَجَاوَزُوا الْقَدْرَ فِي الظُّلْمِ وَالْعُدْوَانِ. (فَأَكْثَرُوا فِيهَا الْفَسادَ) أَيِ الْجَوْرَ وَالْأَذَى. والَّذِينَ طَغَوْا أَحْسَنُ الْوُجُوهِ فِيهِ أَنْ يَكُونَ فِي مَحِلِّ النَّصْبِ عَلَى الذَّمِّ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ مَرْفُوعًا عَلَى: هُمُ الَّذِينَ طَغَوْا، أَوْ مَجْرُورًا عَلَى وَصْفِ الْمَذْكُورِينَ: عَادٍ، وثمود، وفرعون. (فَصَبَّ عَلَيْهِمْ رَبُّكَ سَوْطَ عَذابٍ) أَيْ أَفْرَغَ عَلَيْهِمْ وَأَلْقَى، يُقَالُ: صَبَّ عَلَى فُلَانٍ خُلْعَةً، أَيْ أَلْقَاهَا عَلَيْهِ. وَقَالَ النَّابِغَةُ: فَصَبَّ «٢» عَلَيْهِ اللَّهُ أَحْسَنَ صُنْعِهِ ... وَكَانَ لَهُ بَيْنَ الْبَرِيَّةِ نَاصِرَا (سَوْطَ عَذابٍ) أَيْ نَصِيبَ عَذَابٍ. وَيُقَالُ: شِدَّتُهُ، لِأَنَّ السَّوْطَ كَانَ عِنْدَهُمْ نِهَايَةَ مَا يُعَذَّبُ بِهِ. قَالَ الشَّاعِرُ: أَلَمْ تَرَ أَنَّ اللَّهَ أَظْهَرَ دِينَهُ ... وَصَبَّ عَلَى الْكُفَّارِ سَوْطَ عَذَابِ وَقَالَ الْفَرَّاءُ: وَهِيَ كَلِمَةٌ تَقُولُهَا الْعَرَبُ لِكُلِّ نَوْعٍ مِنْ أَنْوَاعِ الْعَذَابِ. وَأَصْلُ ذَلِكَ أَنَّ السَّوْطَ هُوَ عَذَابُهُمُ الَّذِي يُعَذِّبُونَ بِهِ، فَجَرَى لِكُلِّ عَذَابٍ، إِذْ كَانَ فِيهِ عِنْدَهُمْ غَايَةُ الْعَذَابِ. وَقِيلَ. مَعْنَاهُ عَذَابٌ يُخَالِطُ اللَّحْمَ وَالدَّمَ، مِنْ قَوْلِهِمْ: سَاطَهُ يَسُوطُهُ سَوْطًا أَيْ خَلَطَهُ، فَهُوَ سَائِطٌ. فَالسَّوْطُ: خَلْطُ الشَّيْءِ بَعْضِهِ بِبَعْضٍ، وَمِنْهُ سُمِّيَ الْمِسْوَاطُ. وَسَاطَهُ «٣» أَيْ خَلَطَهُ، فَهُوَ سَائِطٌ، وَأَكْثَرُ ذَلِكَ يُقَالُ: سَوَّطَ فُلَانٌ أُمُورَهُ. قَالَ: فَسُطْهَا ذَمِيمَ الرَّأْيِ غَيْرَ مُوَفَّقٍ ... فَلَسْتُ عَلَى تَسْوِيطِهَا بِمُعَانِ قَالَ أَبُو زَيْدٍ: يُقَالُ أَمْوَالُهُمْ سَوِيطَةٌ بَيْنَهُمْ، أَيْ مُخْتَلِطَةٌ. حَكَاهُ عَنْهُ يَعْقُوبُ. وَقَالَ الزَّجَّاجُ: أَيْ جَعَلَ سَوْطَهُمُ الَّذِي ضَرَبَهُمْ بِهِ الْعَذَابَ. يُقَالُ: ساط دابته يسوطها، أي ضربها
(١). اختلف في (ثمود) فمنهم من صرفه ومنهم من لم يصرفه، فمن صرفه ذهب به إلى الحي لأنه اسم عربي مذكر سمى بمذكر. ومن لم يصرفه ذهب به إلى القبيلة وهي مؤنثة. (٢). الرواية في البيت كما في ديوانه وشعراء النصرانية: ورب عليه الله ... إلخ قال البطليوسي شارح الديوان: ربه أتمه. وأصله أن يقال: رببت معروفي عند فلان أربه ربا: إذا أدمته عليه وتممته لديه. و (رب عليه): دعاء معطوف على ما قبله. وهو مدح في النعمان. وعلى هذه الرواية لا شاهد في البيت. (٣). في الأصل: (سوطه) بصيغة المصدر. وصيغة الفعل الثلاثي الماضي أمكن هنا.

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