Cent années durant, ils n’y virent point de cortège funèbre.
Il est rapporté de Thawr b. Zayd(1) qu’il déclara : « Je suis Shaddâd fils de ʿÂd ; c’est moi qui ai élevé les colonnes, c’est moi qui ai, de mon bras, raffermi le fond de la vallée ; c’est moi encore qui ai enfoui un trésor à sept coudées de profondeur : nul ne le mettra au jour si ce n’est la communauté de Muḥammad – que la prière et le salut d’Allâh soient sur lui. »
On relate encore qu’ʿÂd eut deux fils, Shaddâd et Shadîd ; ils exercèrent la royauté et subjuguèrent les peuples. Puis Shadîd mourut et le pouvoir revint exclusivement à Shaddâd : il régna alors sur le monde et ses rois s’inclinèrent devant lui. Lorsqu’il entendit parler du Paradis, il dit : « J’en bâtirai l’équivalent. » Il construisit donc Iram dans un des déserts dʾʿAdan, œuvre qui dura trois cents ans, et son âge atteignit neuf cents ans. C’était une cité prodigieuse : ses palais étaient d’or et d’argent, ses colonnes(2) d’émeraude et de rubis, et l’on y trouvait toutes sortes d’arbres ainsi que des rivières coulant sans cesse(3).
Lorsque la construction fut achevée, il s’y rendit avec les gens de son royaume ; mais, alors qu’il n’en était plus qu’à une journée et une nuit de marche, Allâh lança contre eux un Cri venu du ciel, et ils périrent.
Selon ʿAbd Allâh b. Qilâbah, il était sorti à la recherche de ses chameaux ; il tomba sur cette cité, en emporta ce qu’il put, et la nouvelle parvint à Muʿâwiyah qui le fit venir. Celui-ci lui raconta l’affaire ; Muʿâwiyah manda alors Kaʿb(4) et l’interrogea. Kaʿb répondit : « C’est Iram – la Ville aux Colonnes. Un homme parmi les musulmans, de ton époque, y pénétrera : il est roux, blond, de petite taille, porte un grain de beauté sur le sourcil et un autre sur le talon ; il sortira à la recherche de ses chameaux. » Puis il se retourna, aperçut Ibn Qilâbah et déclara : « Par Allâh ! c’est bien cet homme. »
On a dit encore : il ne fut jamais créé d’édifices semblables à ceux de ʿÂd, célèbres pour leurs colonnes ; le pronom renvoie donc aux colonnes, et al-ʿImâd, ici, est le pluriel de ʿumud.
D’autres avancent que « Iram » signifie la destruction : on dit « arima Banû untel », c’est-à-dire ils périrent(5) – tel est l’avis d’Ibn ʿAbbâs. Ad-Ḍaḥḥâk lut : « Iram dhât al-ʿImâd »(6), c’est-à-dire : Il les fit périr, les réduisant en décombres(7).
[Sourate al-Fajr, 89 : 9]
« Et les Thamûd, qui taillaient le rocher dans la vallée. »
Thamûd : ce sont le peuple de Ṣâliḥ. – « Jâbû » signifie : ils coupèrent. De là l’expression : « untel yajûbu l-bilâd », c’est-à-dire il traverse les contrées ; et l’encolure (jayb) de la tunique porte ce nom parce qu’elle a été découpée.
Le poète – il avait séjourné auprès d’Ibn az-Zubayr à La Mecque, lequel lui avait écrit une ordonnance pour soixante wusq à percevoir à Kūfa – déclama alors :