Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sourate al-Fajr (89)
Versets 6-7
« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les ʿÂd (6),
– Iram, la cité aux colonnes imposantes – (7) »

Parole du Très-Haut :
« N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi » – c’est-à-dire ton Maître et Créateur – « envers les ʿÂd. »

Iram.

La lecture de la grande majorité porte « biʿādin », avec tanwîn. Al-Ḥasan et Abû l-ʿÂliya ont, eux, récité « biʿādi iram » en construction (iḍâfa).

– Celui qui n’a pas annexé considère Iram comme leur nom propre et le traite comme indéclinable : ʿÂd serait le nom de leur père, Iram celui de la tribu ; le mot Iram devient alors un badal (substitut) ou une apposition explicative (ʿaṭf bayân).

– Quant à celui qui lit en annexion, tout en le laissant indéclinable, il voit dans Iram le nom de leur mère ou celui de leur ville.

L’estimation syntaxique est : « biʿādin ahli iram » – « par les ʿÂd, gens d’Iram », comme dans Sa parole : « Et interroge la cité » (Yûsuf, 82). Le mot reste indécliné – qu’il s’agisse d’une tribu ou d’une contrée – du fait de la détermination et du genre féminin.

La lecture courante prononce Iram avec kasra initiale. D’après al-Ḥasan encore on a lu « biʿād iram » avec les deux voyelles ouvertes ; d’autres ont récité « biʿādin irm » en amuisant le râ’, par allègement, tout comme on lit « bi-warqikum ». On trouve encore « biʿādin iram dhāti l-ʿimâd », annexant Iram à « dhâtu l-ʿimâd ».

Iram, a-t-on dit, est un nom propre : « les ʿÂd, gens de Dhâtu l-ʿImâd ». – Selon une autre lecture : « biʿādin iram dhāti l-ʿimâd », c’est-à-dire : Allâh a réduit Dhâtu l-ʿImâd en décombres.

Mujâhid, al-Ḍaḥḥâk et Qatâda ont lu « arama » en ouvrant la hamza. Mujâhid dit : « Celui qui l’ouvre les assimile aux ârâm, qui sont des repères ; le singulier en est aram. »

Il existe dans la phrase un procédé d’antéposition et de post-position : « Par l’aube… et ainsi de suite… Certes, ton Seigneur est aux aguets. N’as-tu pas vu… », c’est-à-dire : « Ton savoir n’est-il pas parvenu à ce qu’a fait ton Seigneur aux ʿÂd ? » Cette vision est celle du cœur ; l’adresse vise le Prophète – qu’Allâh prie sur lui et le salue –, mais l’intention est générale.

L’histoire des ʿÂd et des Thamûd leur était fameuse, car ces peuples vivaient dans la péninsule arabique ; la demeure de Thamûd subsiste aujourd’hui encore. Quant au récit de Pharaon, ils l’apprenaient de leurs voisins parmi les Gens du Livre ; il était largement colporté, et le pays de Pharaon jouxte la terre des Arabes. Ce sens a déjà été évoqué dans la sourate al-Burûj et ailleurs : « biʿādin » signifie « le peuple de ʿÂd ».

Shahr ibn Ḥawshab rapporte d’après Abû Hurayra : « Un homme des ʿÂd taillait le battant de sa porte dans la pierre ; même cinq cents hommes de cette communauté ne pourraient le soulever. L’un d’eux enfonçait son pied dans la terre et il s’y enfonçait. »

Iram : certains ont dit qu’il s’agit de Sâm, fils de Noé – avis rapporté par Ibn Isḥâq. ʿAṭâʾ rapporte d’après Ibn ʿAbbâs – et Ibn Isḥâq en fait également état

[سورة الفجر (٨٩) : الآيات ٦ الى ٧] أَلَمْ تَرَ كَيْفَ فَعَلَ رَبُّكَ بِعادٍ (٦) إِرَمَ ذاتِ الْعِمادِ (٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَلَمْ تَرَ كَيْفَ فَعَلَ رَبُّكَ) أَيْ مَالِكُكَ وَخَالِقُكَ. بِعادٍ. إِرَمَ قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ " بِعَادٍ" مُنَوَّنًا. وَقَرَأَ الْحَسَنُ وَأَبُو الْعَالِيَةِ (بِعَادِ إِرَمَ) مُضَافًا. فَمَنْ لَمْ يُضِفْ جَعَلَ إِرَمَ اسْمَهُ، وَلَمْ يَصْرِفْهُ، لِأَنَّهُ جَعَلَ عَادًا اسْمَ أَبِيهِمْ، وَإِرَمَ اسْمَ الْقَبِيلَةِ، وَجَعَلَهُ بَدَلًا مِنْهُ، أَوْ عَطْفَ بَيَانٍ. وَمَنْ قَرَأَهُ بِالْإِضَافَةِ وَلَمْ يَصْرِفْهُ جَعَلَهُ اسْمُ أُمِّهِمْ، أَوِ اسْمُ بَلْدَتِهِمْ. وَتَقْدِيرُهُ: بِعَادٍ أَهْلِ إِرَمَ. كَقَوْلِهِ: وَسْئَلِ الْقَرْيَةَ [يوسف: ٨٢] وَلَمْ تَنْصَرِفْ- قَبِيلَةً كَانَتْ أَوْ أَرْضًا- لِلتَّعْرِيفِ وَالتَّأْنِيثِ. وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ إِرَمَ بِكَسْرِ الْهَمْزَةِ. وَعَنِ الحسن أيضا (بعاد إرم) مفتوحتين، وقرى (بِعَادٍ إِرْمَ) بِسُكُونِ الرَّاءِ، عَلَى التَّخْفِيفِ، كَمَا قرئ (بورقكم) . وقرى بِعادٍ إِرَمَ ذاتِ الْعِمادِ بِإِضَافَةِ إِرَمَ- إِلَى- ذاتِ الْعِمادِ. وَالْإِرَمُ: الْعَلَمُ. أَيْ بِعَادٍ أَهْلِ ذات العلم. وقرى بِعادٍ إِرَمَ ذاتِ الْعِمادِ أَيْ جَعَلَ اللَّهُ ذَاتَ الْعِمَادِ رَمِيمًا. وَقَرَأَ مُجَاهِدٌ وَالضَّحَّاكُ وَقَتَادَةُ (أَرَمَ) بِفَتْحِ الْهَمْزَةِ. قَالَ مُجَاهِدٌ: مَنْ قَرَأَ بِفَتْحِ الْهَمْزَةِ شَبَّهَهُمْ بِالْآرَامِ، الَّتِي هِيَ الْأَعْلَامُ، وَاحِدُهَا: أَرَمٌ. وَفِي الْكَلَامِ تَقْدِيمٌ وَتَأْخِيرٌ، أَيْ وَالْفَجْرِ وَكَذَا وَكَذَا إِنَّ رَبَّكَ لَبِالْمِرْصَادِ أَلَمْ تَرَ. أَيْ أَلَمْ يَنْتَهِ عِلْمُكَ إِلَى مَا فَعَلَ رَبُّكَ بِعَادٍ. وَهَذِهِ الرُّؤْيَةُ رُؤْيَةُ الْقَلْبِ، وَالْخِطَابُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَالْمُرَادُ عَامٌّ. وَكَانَ أَمْرُ عَادٍ وَثَمُودَ عِنْدَهُمْ مَشْهُورًا، إِذْ كَانُوا فِي بِلَادِ الْعَرَبِ، وَحِجْرُ ثَمُودَ مَوْجُودٌ الْيَوْمَ. وَأَمْرُ فِرْعَوْنَ كَانُوا يَسْمَعُونَهُ مِنْ جِيرَانِهِمْ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ، وَاسْتَفَاضَتْ بِهِ الْأَخْبَارُ، وَبِلَادُ فِرْعَوْنَ مُتَّصِلَةٌ بِأَرْضِ الْعَرَبِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا الْمَعْنَى فِي سُورَةِ" الْبُرُوجِ «١» وَغَيْرِهَا بِعادٍ أَيْ بِقَوْمِ عَادٍ. فَرَوَى شَهْرُ بْنُ حَوْشَبٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: إِنْ كَانَ الرَّجُلُ مِنْ قَوْمِ عَادٍ لَيَتَّخِذُ الْمِصْرَاعَ مِنْ حِجَارَةٍ، وَلَوِ اجْتَمَعَ عَلَيْهِ خَمْسُمِائَةٍ مِنْ هَذِهِ الْأُمَّةِ لَمْ يَسْتَطِيعُوا أَنْ يُقِلُّوهُ، وَإِنْ كَانَ أَحَدُهُمْ ليدخل قدمه في الأرض فتدخل فيها. وإِرَمَ: قِيلَ هُوَ سَامُ بْنُ نُوحٍ، قَالَهُ ابْنُ إِسْحَاقَ. وَرَوَى عَطَاءٌ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ- وَحَكَى عن ابن إسحاق
(١). راجع ج ١٩ ص ٢٩٥

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