Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate al-Fajr (89) : versets 4-5]
« Par la nuit lorsqu’elle s’en va, » (4)
« N’est-il pas, en tout cela, un serment pour qui est doué d’intelligence ? » (5)

Parole du Très-Haut : « Par la nuit lorsqu’elle s’en va. » – Il s’agit du cinquième serment. Après avoir prêté serment, de façon particulière, par les dix nuits, Il prête serment, de façon générale, par la nuit tout entière. Le verbe « yasr » signifie : « où l’on voyage de nuit », tout comme l’on dit : « une nuit dormante » ou « un jour jeûnant ».

Le poète a dit :
Nous t’avons blâmée, ô mère de Ghaylân, pour tes marches tardives,
Tu dormais, alors que la nuit des montures jamais ne s’assoupit. (1)

De même, le Très-Haut dit : « Mais c’est plutôt la ruse de la nuit et du jour » (2) [Sabaʾ, 33].

Tel est l’avis de la plupart des spécialistes du sens, notamment al-Qutaybî et al-Akhfash. La majorité des exégètes, cependant, expliquent « yasr » par : « il a parcouru, il s’en est allé ». Qatâdah et Abû al-ʿÂliyah ont dit : « il est venu, il s’est avancé ». Selon un récit attribué à Ibrâhîm, le verset signifie : « lorsqu’il (le soir) s’égalise ».

ʿIkrimah, al-Kalbî, Mujâhid et Muḥammad b. Kaʿb ont affirmé qu’il s’agit, ici, de la nuit de Muzdalifah, en raison du rassemblement des gens qui y passent la nuit dans l’obéissance d’Allâh. D’autres ont dit qu’il s’agit de la Nuit du Destin, car la miséricorde y circule et la récompense y est accrue. Nouvelle opinion : le verset vise la nuit dans sa globalité.

Je (l’auteur) dis : c’est là l’explication la plus manifeste, comme il a déjà été mentionné. Allâh est plus savant.

Ibn Kathîr, Ibn Muḥayṣin et Yaʿqûb ont lu « yasrī » en maintenant la yâʼ aussi bien en liaison qu’à l’arrêt, conformément à la forme originelle, puisque le verbe n’est pas apocopé. Nâfiʿ et Abû ʿAmr la maintiennent dans la liaison et la retranchent à l’arrêt ; cette lecture est également rapportée de al-Kisâʾî.

Abû ʿUbayd rapporte qu’al-Kisâʾî lisait parfois en gardant la yâʼ à la liaison et en la retranchant à l’arrêt, suivant l’orthographe du muṣḥaf ; puis il revint à la retrancher aussi bien en liaison qu’à l’arrêt, car il s’agit de la fin d’un verset. C’est la lecture suivie par les gens de Syrie et de Koufa, et le choix d’Abû ʿUbayd, conformément à l’écriture, puisque le mot figure dans le muṣḥaf sans yâʼ.

Al-Khalîl a déclaré : la suppression de la yâʼ, en cette position de fin de verset, fait l’objet d’un consensus. Al-Farrâʾ a ajouté : il arrive que les Arabes retranchent la yâʼ et se conforment à la kasrah qui la précède.

Un poète a récité :
Ta main suffit : l’une, par largesse, ne retient point l’argent,
Toujours, elle l’offre à tous, sans délai ni égard ;
L’autre, brandissant l’épée, fait jaillir le sang ardent,
En un éclair elle frappe, et le brave perd son regard. (3)

[سورة الفجر (٨٩) : الآيات ٤ الى ٥] وَاللَّيْلِ إِذا يَسْرِ (٤) هَلْ فِي ذلِكَ قَسَمٌ لِذِي حِجْرٍ (٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَاللَّيْلِ إِذا يَسْرِ) وهذا قسم خامس. وبعد ما أَقْسَمَ بِاللَّيَالِيِ الْعَشْرِ عَلَى الْخُصُوصِ، أَقْسَمَ بِاللَّيْلِ على العموم. ومعنى يَسْرِ أَيْ يُسْرَى فِيهِ، كَمَا يُقَالُ: لَيْلٌ نَائِمٌ، وَنَهَارٌ صَائِمٌ. قَالَ: لَقَدْ لُمْتِنَا يَا أُمَّ غَيْلَانَ فِي السُّرَى ... وَنِمْتِ وَمَا لَيْلُ الْمَطِيِّ «١» بِنَائِمِ وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: بَلْ مَكْرُ اللَّيْلِ وَالنَّهارِ «٢» [سبأ: ٣٣] . وَهَذَا قَوْلُ أَكْثَرِ أَهْلِ الْمَعَانِي، وَهُوَ قَوْلُ القتبي والأخفش. وقال أكثر المفسرين: معنى يَسْرِ: سَارَ فَذَهَبَ. وَقَالَ قَتَادَةُ وَأَبُو الْعَالِيَةِ: جَاءَ وَأَقْبَلَ. وَرُوِيَ عَنْ إِبْرَاهِيمَ: وَاللَّيْلِ إِذا يَسْرِ قَالَ: إِذَا اسْتَوَى. وَقَالَ عِكْرِمَةُ وَالْكَلْبِيُّ وَمُجَاهِدٌ وَمُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ فِي قَوْلِهِ: وَاللَّيْلِ: هِيَ لَيْلَةُ الْمُزْدَلِفَةِ خَاصَّةً، لِاخْتِصَاصِهَا بِاجْتِمَاعِ النَّاسِ فِيهَا لِطَاعَةِ اللَّهِ. وَقِيلَ: لَيْلَةُ الْقَدْرِ، لِسَرَايَةِ الرَّحْمَةِ فِيهَا، وَاخْتِصَاصِهَا بِزِيَادَةِ الثَّوَابِ فِيهَا. وَقِيلَ: إِنَّهُ أَرَادَ عُمُومَ اللَّيْلِ كُلَّهُ. قُلْتُ: وَهُوَ الْأَظْهَرُ، كَمَا تَقَدَّمَ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَرَأَ ابْنُ كَثِيرٍ وَابْنُ مُحَيْصِنٍ وَيَعْقُوبُ " يَسْرِي" بِإِثْبَاتِ الْيَاءِ فِي الْحَالَيْنِ، عَلَى الْأَصْلِ، لِأَنَّهَا لَيْسَتْ بِمَجْزُومَةٍ، فَثَبَتَتْ فِيهَا الْيَاءُ. وَقَرَأَ نَافِعٌ وَأَبُو عَمْرٍو بِإِثْبَاتِهَا فِي الْوَصْلِ، وَبِحَذْفِهَا فِي الْوَقْفِ، وَرُوِيَ عَنِ الْكِسَائِيِّ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: كَانَ الْكِسَائِيُّ يَقُولُ مَرَّةً بِإِثْبَاتِ الْيَاءِ فِي الْوَصْلِ، وَبِحَذْفِهَا فِي الْوَقْفِ، اتِّبَاعًا لِلْمُصْحَفِ. ثُمَّ رَجَعَ إِلَى حَذْفِ الْيَاءِ فِي الْحَالَيْنِ جَمِيعًا، لِأَنَّهُ رَأْسُ آيَةٍ، وَهِيَ قِرَاءَةُ أَهْلِ الشَّامِ وَالْكُوفَةِ، وَاخْتِيَارُ أَبِي عُبَيْدٍ، اتِّبَاعًا لِلْخَطِّ، لِأَنَّهَا وَقَعَتْ فِي الْمُصْحَفِ بِغَيْرِ يَاءٍ. قَالَ الْخَلِيلُ: تَسْقُطُ الْيَاءُ مِنْهَا اتِّفَاقًا لِرُءُوسِ الْآيِ. قَالَ الْفَرَّاءُ: قَدْ تَحْذِفُ الْعَرَبُ الْيَاءَ، وَتَكْتَفِي بِكَسْرِ مَا قَبْلَهَا. وَأَنْشَدَ بَعْضُهُمْ: كَفَّاكَ كَفٌّ مَا تُلِيقُ دِرْهَمًا ... جُودًا وَأُخْرَى تعط بالسيف الدما «٣»
(١). هذا البيت من قصيدة لجرير يرد بها على الفرزدق. (٢). آية ٣٣ سورة سبأ. [ ..... ] (٣). البيت في (اللسان: لپق) غير منسوب لقائله. وفي تفسير الطبري (طبعه الحلبي ١١٦/ ١٢).

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