Et d’après lui également : la prière de l’aube.
Ibn Jurayj rapporte, par l’intermédiaire de ʿAṭâʾ, d’après Ibn ʿAbbâs (qu’Allah les agrée) : « Par l’aube » désigne la matinée du Jour du Sacrifice, car Allah – exalté et magnifié soit-Il – a assigné à chaque jour une nuit qui le précède, à l’exception du Jour du Sacrifice ; celui-ci n’a ni nuit avant lui ni nuit après lui. Quant au Jour de ʿArafah, il possède deux nuits : l’une qui le précède et l’autre qui le suit. Ainsi, quiconque atteint la station rituelle durant la nuit qui suit ʿArafah a accompli le ḥajj jusqu’à l’apparition de l’aube, l’aube du Jour du Sacrifice. Tel est l’avis de Mujâhid.
ʿIkrimah dit : « Par l’aube » vise la déchirure de l’obscurité par l’aube du Jour de Jamʿ (1).
Selon Muḥammad b. Kaʿb al-Quraẓî, « Par l’aube » renvoie au dernier des dix jours, lorsque l’on quitte Jamʿ.
Ad-Ḍaḥḥâk affirme qu’il s’agit de l’aube de Dhû l-Ḥijjah, car Allah l’a associée aux jours lorsqu’Il dit : « et par dix nuits », c’est-à-dire les dix nuits de Dhû l-Ḥijjah. Mujâhid, as-Suddi et al-Kalbî expriment la même opinion au sujet de Sa parole : « et par dix nuits » ; ils disent qu’il s’agit des dix jours de Dhû l-Ḥijjah, tout comme Ibn ʿAbbâs. Masrûq, pour sa part, soutient qu’il s’agit des dix que Dieu évoque dans le récit de Mûsâ – sur lui la paix – : « … et Nous les complétâmes par dix » (2) [al-Aʿrâf, 142] ; ce sont les meilleurs jours de l’année.
Abû z-Zubayr rapporte de Jâbir que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit, au sujet de « Par l’aube et par les dix nuits » : « les dix de l’Adḥâ ». Selon cet avis, il s’agit donc bien de dix nuits, la nuit du Jour du Sacrifice y étant comprise, puisqu’Allah l’a distinguée en la désignant comme station pour celui qui n’a pas pu se tenir à ʿArafah. Elles ont été laissées indéfinies et non définies en raison de leur excellence particulière (3) ; si elles avaient été définies, la nuance de mérite véhiculée par l’indéfini aurait disparu. C’est donc pour mettre en évidence une supériorité que ne partage aucune autre que ces nuits ont été énoncées de façon indéterminée parmi les serments divins. Allah est plus savant.
Ibn ʿAbbâs dit encore – et ad-Ḍaḥḥâk partage cet avis – qu’il s’agit des dix dernières nuits de Ramaḍân.
Ibn ʿAbbâs, ainsi que Yamân et aṭ-Ṭabarî, estiment qu’il s’agit des dix premières de Muḥarram, dont le dixième jour est ʿÂshûrâʾ. Une autre version d’Ibn ʿAbbâs lit (wa-layâli ʿashr) en construction (iḍâfa), voulant dire : « les nuits des dix jours » (5).
« Par le pair et l’impair » [Coran, 89 : 3].
Ash-Shafʿ (le pair) désigne le nombre deux ; al-Watr (l’impair) l’unité. Les avis divergent à ce sujet. Il est toutefois rapporté, dans un ḥadith marfûʿ transmis par ʿImrân b. al-Ḥuṣayn, que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Le pair et l’impair désignent la prière : certaines rakʿas sont paires, d’autres impaires. »