Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et « man » dans cette construction est employé comme particule conditionnelle. La réponse (l’apodose) est l’énoncé : « alors Allah le châtiera », tandis que le sujet qui suit la particule fa est sous-entendu.

Le sens implicite est donc : « C’est Lui – Allah – qui le châtiera. »

En effet, si l’on avait voulu faire du verbe placé après le fa la réponse proprement dite, on aurait formulé : « إلّا مَن تَوَلّى وكَفَرَ يُعَذِّبُهُ اللهُ. »

« Certes, vers Nous est leur retour » signifie : leur retour après la mort.

On dit : « āba – yaʾūbu », c’est-à-dire : il revint. ʿUbayd a versifié :
Tout être absent finit par revenir,
Mais l’absent qu’emporte la mort ne revient jamais.

Abû Jaʿfar a récité « iyyâbahum » avec redoublement de la consonne. Abû Ḥâtim estime que cette forme n’est pas recevable ; si elle l’était, il faudrait l’admettre également dans ṣiyâm (jeûne) et qiyâm (prière nocturne). D’aucuns ont toutefois soutenu qu’il s’agit de deux variantes dialectales d’égale valeur.

Az-Zamakhsharî commente : « Abû Jaʿfar al-Madanî a lu iyyâbahum avec redoublement. On peut l’expliquer comme une forme fiyâl, le nom verbal du verbe āyaba, dérivé, dit-on, de al-iyâb ; ou l’on peut considérer qu’il provient de iwâban, forme fiʿʿāl du verbe awwaba, qui serait ensuite devenu iywâban, à l’instar de dîwân issu de diwwân, avant de subir la même évolution phonétique que sayyid et des mots analogues. »

[Tafsîr de la sûrah al-Fajr]

La sûrah « Al-Fajr », révélée à La Mecque, compte trente versets.

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.

[Sûrat al-Fajr (89), versets 1-2]
Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.

  1. Par l’aube naissante !
  2. Et par les dix nuits !

Parole du Très-Haut :

« Par l’aube naissante… »

Allah jure par l’aube, par les dix nuits, par le pair et l’impair, et par la nuit lorsqu’elle s’écoule ; voilà cinq serments.

Les exégètes divergent quant au sens de « l’aube ». Certains – ʿAlî, Ibn az-Zubayr et Ibn ʿAbbâs (qu’Allah les agrée) – disent qu’il s’agit du moment où l’obscurité se déchire pour laisser place à la lumière du jour, et cela chaque jour. D’après une autre version de Ibn ʿAbbâs, c’est tout le jour qui est visé, appelé « aube » parce qu’elle en marque le commencement.

Ibn Muḥayṣin rapporte, par l’intermédiaire de ʿAṭiyya, d’après Ibn ʿAbbâs, qu’il s’agit de l’aube du jour de Muḥarram, et Qatâda tient un propos similaire : « C’est l’aube du premier jour de Muḥarram, à partir de laquelle l’année se déploie. »

ومَنْ عَلَى هَذَا: لِلشَّرْطِ. وَالْجَوَابُ فَيُعَذِّبُهُ اللَّهُ وَالْمُبْتَدَأُ بَعْدَ الْفَاءِ مُضْمَرٌ، وَالتَّقْدِيرُ: فَهُوَ يُعَذِّبُهُ اللَّهُ، لِأَنَّهُ لَوْ أُرِيدَ الْجَوَابُ بِالْفِعْلِ الَّذِي بَعْدَ الْفَاءِ لَكَانَ: إِلَّا مَنْ تَوَلَّى وَكَفَرَ يُعَذِّبُهُ اللَّهُ. (إِنَّ إِلَيْنا إِيابَهُمْ) أَيْ رُجُوعَهُمْ بَعْدَ الْمَوْتِ. يُقَالُ: آبَ يَئُوبُ، أَيْ رَجَعَ. قَالَ عَبِيدٌ: وَكُلُّ ذِي غَيْبَةٍ يَئُوبُ ... وَغَائِبُ الْمَوْتِ لَا يَئُوبُ وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ (إِيَّابَهُمْ) بِالتَّشْدِيدِ. قَالَ أَبُو حَاتِمٍ: لَا يَجُوزُ التَّشْدِيدُ، وَلَوْ جَازَ لَجَازَ مِثْلُهُ فِي الصِّيَامِ وَالْقِيَامِ. وَقِيلَ: هُمَا لُغَتَانِ بِمَعْنًى. الزَّمَخْشَرِيُّ: وَقَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ الْمَدَنِيُّ (إِيَّابَهُمْ) بِالتَّشْدِيدِ، وَوَجْهُهُ أَنْ يَكُونَ فِيعَالًا: مَصْدَرَ أَيَبَ، قِيلَ مِنَ الْإِيَابِ. أَوْ أَنْ يَكُونَ أَصْلُهُ إِوَّابًا فِعَّالًا مِنْ أَوَّبَ، ثُمَّ قِيلَ: إِيوَابًا كَدِيوَانٍ فِي دِوَّانٍ. ثُمَّ فعل ما فعل بأصل سيد ونحوه. [تفسير سورة الفجر] سُورَةُ " الْفَجْرِ" مَكِّيَّةٌ، وَهِيَ ثَلَاثُونَ آيَةً «١» بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ [سورة الفجر (٨٩) : الآيات ١ الى ٢] بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ وَالْفَجْرِ (١) وَلَيالٍ عَشْرٍ (٢) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالْفَجْرِ) أَقْسَمَ بِالْفَجْرِ. وَلَيالٍ عَشْرٍ. وَالشَّفْعِ وَالْوَتْرِ. وَاللَّيْلِ إِذا يَسْرِ أَقْسَامٌ خَمْسَةٌ. وَاخْتُلِفَ فِي الْفَجْرِ، فَقَالَ قَوْمٌ: الْفَجْرُ هُنَا: انْفِجَارُ الظُّلْمَةِ عَنِ النَّهَارِ مِنْ كُلِّ يَوْمٍ، قَالَهُ عَلِيٌّ وَابْنُ الزُّبَيْرِ وَابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا أَنَّهُ النَّهَارُ كُلُّهُ، وَعَبَّرَ عَنْهُ بِالْفَجْرِ لِأَنَّهُ أَوَّلُهُ. وَقَالَ ابْنُ مُحَيْصِنٍ عَنْ عَطِيَّةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ «٢» : يَعْنِي الْفَجْرَ يَوْمَ الْمُحَرَّمِ. وَمِثْلَهُ قَالَ قَتَادَةُ. قَالَ: هُوَ فَجْرُ أَوَّلِ يَوْمٍ مِنَ المحرم، منه تنفجر السنة.
(١). في بعض نسخ الأصل:" سبع وعشرون" وفي بعضها:" تسع وعشرون". [ ..... ] (٢). في بعض النسخ:" ابن مسعود".

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