Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

les cieux et la terre, afin que l’ami d’Allah contemple Sa royauté tout autour de lui.

« et des coupes posées » : c’est-à-dire des aiguières et divers récipients.

L’ibrîq (aiguière) est le récipient doté d’une anse et d’un bec verseur, tandis que le kūb (gobelet) est un vase dépourvu d’anse et de bec. Cette distinction a déjà été exposée dans la sourate « L’Ornement » (az-Zukhruf)(1) et ailleurs.

« des coussins (namâriq) » : autrement dit des oreillers, le singulier étant numruqa.

« rangés » signifie : l’un à côté de l’autre.

Le poète a dit :
Nous faisons passer la coupe entre nos convives fidèles,
Jusqu’à Abû Qâbûs, sur des coussins, parmi ces mêmes fidèles.

Un autre a chanté :
Vieux et jeunes gens, tous beaux de visage fidèles,
Reposent sur des lits alignés, entourés de coussins fidèles.

Dans le Sihâh il est précisé que numruq et numruqa désignent un petit coussin ; nimriqa (avec kasra) constitue également une variante rapportée par Ya‘qûb. Il arrive, selon Abû ‘Ubayd, que l’on appelle numruqa le tapis que l’on place sur la selle.

« et des tapis (zarâbiyy) étendus » : Abû ‘Ubaydah explique que les zarâbiyy sont des tapis ; Ibn ‘Abbâs précise qu’il s’agit de carpettes à poil fin, la forme singulière étant zarbiyyah, et tel est aussi l’avis d’al-Kalbî et d’al-Farrâ’.

Quant au terme « mabthûthah », Qatâdah le comprend comme « déployés ». D’autres ont dit : empilés les uns sur les autres (‘Ikrimah), ou nombreux (al-Farrâ’), ou encore dispersés dans les salons (al-Qutaybî). J’estime que cette dernière explication est la plus juste : ils sont nombreux et disséminés çà et là, comme dans la parole divine : « et Il y a disséminé en elle toute espèce d’êtres vivants »(2).

Abû Bakr al-Anbarî rapporte : « Ahmad ibn al-Husayn nous a raconté, disant : Husayn ibn ‘Arafah nous a rapporté, disant : ‘Ammâr ibn Muhammad nous a rapporté :

— Je priai derrière Mansûr ibn al-Mu‘tamir ; il récita : “T’est-il parvenu le récit de l’Enveloppante ?” et, à l’endroit : “et des tapis étendus”, il ajouta : “s’y prélassant, comblés de bien-être”. »

[Al-Ghâshiyah, 88 : 17]
« Ne considèrent-ils donc pas comment les chameaux ont été créés ? » (17)

Les exégètes disent : Après qu’Allah — Exalté soit-Il — eut évoqué le sort des habitants des deux demeures, les mécréants s’en étonnèrent, le démentirent et le nièrent. Allah leur rappela alors Son œuvre et Sa puissance, et qu’Il est capable de toute chose, Lui qui a créé les êtres vivants, le ciel et la terre. Il commença par mentionner les chameaux parce qu’ils abondent chez les Arabes, et qu’ils n’avaient jamais vu d’éléphants ; Il attira ainsi leur attention, le Très-Haut…

(1) Voir az-Zukhruf, 18.
(2) Al-Baqarah, 164.

السَّمَاءِ وَالْأَرْضِ، لِيَرَى وَلِيُّ اللَّهِ مُلْكَهُ حَوْلَهُ. (وَأَكْوابٌ مَوْضُوعَةٌ) أَيْ أَبَارِيقُ وَأَوَانٍ. وَالْإِبْرِيقُ: هُوَ ماله عُرْوَةٌ وَخُرْطُومٌ. وَالْكُوبُ: إِنَاءٌ لَيْسَ لَهُ عُرْوَةٌ وَلَا خُرْطُومٌ. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا فِي سُورَةِ" الزُّخْرُفِ «١» وَغَيْرِهَا. وَنَمارِقُ أَيْ وَسَائِدُ، الْوَاحِدَةُ نُمْرُقَةٌ. مَصْفُوفَةٌ أَيْ وَاحِدَةٌ إِلَى جَنْبِ الْأُخْرَى. قَالَ الشَّاعِرُ: وَإِنَّا لَنُجْرِيُ الْكَأْسَ بَيْنَ شُرُوبِنَا ... وَبَيْنَ أَبِي قَابُوسَ فَوْقَ النَّمَارِقِ وَقَالَ آخَرُ: كُهُولٌ وَشُبَّانٌ حِسَانٌ وُجُوهُهُمْ ... عَلَى سُرُرٍ مَصْفُوفَةٍ وَنَمَارِقَ وَفِي الصِّحَاحِ: النُّمْرُقُ وَالنُّمْرُقَةُ: وِسَادَةٌ صَغِيرَةٌ. وَكَذَلِكَ النِّمْرِقَةُ (بِالْكَسْرِ) لُغَةٌ حَكَاهَا يَعْقُوبُ. وَرُبَّمَا سَمَّوُا الطِّنْفِسَةَ الَّتِي فَوْقَ الرَّحْلِ نُمْرُقَةً، عَنْ أَبِي عُبَيْدٍ. (وَزَرابِيُّ مَبْثُوثَةٌ) : قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: الزَّرَابِيُّ: الْبُسُطُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: الزَّرَابِيُّ: الطَّنَافِسُ الَّتِي لَهَا خَمْلٌ رَقِيقٌ، وَاحِدَتُهَا: زَرْبِيَّةٌ، وَقَالَ الْكَلْبِيُّ وَالْفَرَّاءُ. وَالْمَبْثُوثَةُ: الْمَبْسُوطَةُ، قَالَ قَتَادَةُ. وَقِيلَ: بَعْضُهَا فَوْقَ بَعْضٍ، قَالَهُ عِكْرِمَةُ. وَقِيلَ كَثِيرَةٌ، قَالَهُ الْفَرَّاءُ. وَقِيلَ: مُتَفَرِّقَةٌ فِي الْمَجَالِسِ، قَالَهُ الْقُتَبِيُّ. قُلْتُ: هَذَا أَصْوَبُ، فَهِيَ كَثِيرَةٌ مُتَفَرِّقَةٌ. وَمِنْهُ وَبَثَّ فِيها مِنْ كُلِّ دَابَّةٍ «٢» [البقرة: ١٦٤] . وَقَالَ أَبُو بَكْرٍ الْأَنْبَارِيُّ: وَحَدَّثَنَا أَحْمَدُ بْنُ الْحُسَيْنِ، قَالَ حَدَّثَنَا حُسَيْنُ بْنُ عَرَفَةَ، قَالَ حَدَّثَنَا عَمَّارُ بْنُ مُحَمَّدٍ، قَالَ: صَلَّيْتُ خَلْفَ مَنْصُورِ بْنِ الْمُعْتَمِرِ، فَقَرَأَ: هَلْ أَتاكَ حَدِيثُ الْغاشِيَةِ، وَقَرَأَ فِيهَا: وَزَرابِيُّ مَبْثُوثَةٌ: مُتَّكِئِينَ فِيهَا ناعمين. [[سورة الغاشية (٨٨) : آية ١٧]] أَفَلا يَنْظُرُونَ إِلَى الْإِبِلِ كَيْفَ خُلِقَتْ (١٧) قَالَ الْمُفَسِّرُونَ: لَمَّا ذَكَرَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَمْرَ أَهْلِ الدَّارَيْنِ، تَعَجَّبَ الْكُفَّارُ مِنْ ذَلِكَ، فَكَذَّبُوا وَأَنْكَرُوا، فَذَكَّرَهُمُ اللَّهُ صَنْعَتَهُ وَقُدْرَتَهُ، وَأَنَّهُ قَادِرٌ على كل شي، كَمَا خَلَقَ الْحَيَوَانَاتِ وَالسَّمَاءَ وَالْأَرْضَ. ثُمَّ ذَكَرَ الْإِبِلَ أَوَّلًا، لِأَنَّهَا كَثِيرَةٌ فِي الْعَرَبِ، وَلَمْ يروا الفيلة، فنبههم جل
(١). راجع ج ١٦ ص (١١٣) (٢). آية ١٦٤ سورة البقرة.

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